‹ Recherches sur l'absorption et le rejet de l'eau par les grainesChapitre 13 sur 48 · SUR L'EAU LIBRE DANS LES GRAINES GONFLÉES · texte numérisé non relu

SUR L'EAU LIBRE DANS LES GRAINES GONFLÉES

De quelle façon se répartit l’eau qui a pénétré dans une graine? On admet généralement qu’elle se partage entre le tégument et l’amande, proportionnellement au volume et au pouvoir absorbant de ces deux parties. Cela est vrai en effet pour un certain nombre de semences, telles que le Maïs, le Blé, l’Avoine, l'Orge, où le tégument, l’albumen et l'embryon forment un tout compact, lant à l’état sec qu’à l'état humide. Mais ce serail une grave erreur de croire qu'il en est toujours ainsi. Il suffit en effet d'ouvrir une graine de Haricot gonflée pour voir qu'entre les deux cotylédons, de même qu'entre ceux-ci et le tégument, il y a une certaine quantité d’eau libre. |

Voici quelques expériences qui montrent l'importance de ce liquide sur lequel les auteurs n’ont pas attiré l’attention et qui, si on n’était prévenu, pourrait induire en erreur dans les recherches ultérieures de physiologie :

a) Sept graines de Haricot de Soissons blancs à rames pèsent 55°,115. Quarante-neuf heures après leur immersion, elles pèsent 105,285.

On sépare les téguments des amandes et on essuie les

uns et les autres avec beaucoup de soin, à l’aide de papier Joseph. On pèse de nouveau el l’on trouve :

DRM eee can ue phaees sen dieu S8r,045 RÉBUMENIS 440: 2 hide rares dues e 1#7,020

La quantité d’eau libre pesait donc 0#,620. Elle repré- I ? 4 A sente 8 de l’eau lotale absorbée. Il est à remarquer que

ce chiffre n’est pas tout à fait exact, car l’eau en question lient en dissolution une certaine quantité, très faible d’ailleurs, de matières provenant des substances de réserve.

b) Deux autres expériences failes dans les mêmes condilions ont donné les mêmes résullats.

c) Six graines de Haricol de Soissons pèsent 48,560. Vingt-deux heures après leur immersion dans l’eau, c’est-àdire à un moment où elles ne sont pas saturées, elles pèsent 88,750. En séparant les parties constilutives on trouve

Embryons.......... PR ER CRE EL 7,455 JE SEEN, EM M QT SEE TA FRERE TRE OR ARC REA 0,905

Il reste donc 06,390 pour l'eau libre. Elle représente 1 à 10 l'eau {olale absorbée. Cetle proportion est notable-

ment inférieure à celle des graines saturées. d) Trois autres expériences failes dans les mêmes conditions que la précédente, ont donné tantôt un peu moins

(x) tantôt un peu plus (% el 5) pour la proportion d’eau libre.

e) Sept Haricots de Soissons pèsent 68,02. Soixantecinq heures après leur immersion, à un moment où elles ont dépassé leur point de saturation, ces graines pèsent :

CAMOAMIIÉRS 5. tre moe à 0 o no à aude 12,325 de uno à à » « 4 DRE 10,35 PRO ER 2 mme so » o sie ll 1,245

AA NE SR M M date à oo ve date 0,730

| Il | :

Celte eau libre représente 5 de l’eau lotale absorbée.

Cette proportion est également inférieure à celle des graines salurées.

re He t'y l /)Troisexpériences analogue sont donné —, el = pour BI CON ePE la proportion de l’eau libre.

De ces expériences, il résulte que, les graines de haricots arrivées au point de saluralion, il y a une cerlaine quantité

d’eau libre qui représente environ 3 de l’eau totale ab-

sorbée.

Celte proportion est plus faible dans les graines non saturées que dans les graines saturées.

Elle parait aussi plus faible dans les graines qui sont déjà salurées depuis un certain temps, mais, dans ces dernières, on ne peut rien dire de cerlain, car le poids des matières solides des graines n’est sensiblement plus le même à l’état sec et à l’état humide.

g) Sept graines de Lupin blanc pèsent 55,035. Quaranteneuf heures après leur immersion (saturalion) dans l’eau, elles pèsent 68,830. Or, les embryons isolés pèsent 55,548 et les téguments 18,165. La quantité d’eau libre pesait donc 05,117. Elle représente = de l’eau totale absorbée; elle est donc moins grande que dans le cas du Haricot, mais elle est loin d’être négligeable.

h) Dans quatre autres expériences, la proportion d'eau

î) Quatre graines de Fève des marais pèsent 76°,63. Soixante-cinq heures après leur immersion dans l’eau, on trouve les nombres suivants :

libre a été trouvée égale à

GrAINeS LONHÉES 27... 0. OORREPTRNT. 14,680 EMbrVONS. AR ERRENES.. . RRReRE ET. 11,460 AÉEUMENTE CLR Lt, EMEA € 2,960

Eau libre...... NT PES à NS MT 0,260

I , Celte eau représente ds de l’eau totale absorbée; elle

est donc moins grande que dans le cas du Haricot et plus grande que dans le cas du Lupin blanc.

j) Deux autres expériences faites dans les mêmes conditions que la précédente ont donné = el = pour la proportion d’eau libre. Comme on le voit, de même que le pouvoir absorbant de la graine, la quantité d’eau libre varie dans la même espèce de graine.

Ajoutons que les pesées ont d’ailleurs été faites, dans toutes les expériences précédentes, avec une grande rapidité et entre deux verres de montre pour éviter les causes d'erreurs provenant de l’évaporation.

Les expériences que nous avons relatées jusqu'ici étaient faites avec des graines saines et avec de l’eau pure. Mais le phénomène est-il de même avec des graines endormies par le chloroforme? Il est facile de voir qu'il n’en est pas ainsi. [1 suffit pour cela de plonger des Fèves dans de l’eau chloroformée pour voir qu’au bout de quatre jours, les semences sont extrêmement gonflées, avec un légument aux formes arrondies et tendu comme la baudruche d’un ballon. En perçant ce tégument, l’eau intérieure jaillit au loin avec force. Voici d’ailleurs les chiffres obtenus avec quatre Fèves pesant 78,690, immergées pendant soixantecinq heures:

Gpaines:.20nflÉedidasdaéne. ed ed as: 18,820 RU OT CRE OR CT EC 4,020 Lis CPR ET D CPE CE CPR 11,410 BAC GRR PRE Le RSR RSR 3,390 e Il ; Cette dernière représente - de l’eau totale absorbée, y

chiffre considérablement plus élevé que celui obtenu avec des graines indemnes.

Des expériences relatées dans ce chapitre, on peut tirer les conclusions suivantes :

150 HENRI COUPIX.

1° Dans un certain nombre de graines gonflées, il y a de l'eau libre qua n'appartient ni au léqument, ni à l'embryon, el qui joue un rôle de réserve pour le développement ultérieur de la plantule.

2° Celle eau libre, dans les graines salurées, représente une quantité différente suivant les espices, qui, dans les graines mises en expériences, à él trouvée, par rapport à l’eau totale

l [ absorbée, de — pour le Haricot, = pour le Lupin blanc, 8 32

Î — pour la Fève.

3° La proportion de cette eau libre, rapportée au poids total de l'eau absorbée par la semence, est marimum au moment de la saturation; elle est moindre chez les graines non saturées el chez celles qui sont déjà saturées depuis un cerain lemps.

4° Celle proportion est beaucoup plus considérable chez les graines endormies par les anesthésiques que chez les graines

vivantes, puisque, chez la Fêve, elle est de 3 AUeC les semences

endormies, tandis qu'elle n'est que de gz ec des semences

saines.

Nous avons montré au début de ce travail que l’eau ne pouvail s’épancher seule à l’intérieur du tégument. L'eau rencontrée librement dans les graines gonflées ne peut donc venir que du fait de l'embryon, produisant une attraction osmotique au travers du légument, lorsqu'il arrive au contact avec lui.

Page 1