CHOIX DES GRAINES A EMPLOYER
Nous venons d'indiquer comment on peut recueillir les graphiques des changements de volume. Tous les détails que nous avons donnés sont indispensables pour arriver à des résultats satisfaisants. Mais ce n’est pas seulement sur l’appareil que doit se porter l'attention, mais encore et surtout sur les graines.
En effet, avec l'appareil décrit, en le mettant toujours dans les mêmes condilions, et en se servant d’une même espèce de graine, il arrive souvent qu'on aboutit à des résultats tout à fait différents les uns des autres. Nous avons élucidé les raisons de ces varialions et nous avons fini par fixer les conditions de l'expérience.
Pour étudier en effet les changements normaux de volume qui se manifestent pendant le gonflement, il convient de faire parmi les graines que l’on récolte dans la nature ou que l'on trouve dans le commerce un choix méticuleux : on ne doit prendre que les graines qui sont absolument exemptes de toute blessure. Il faut à cet effet examiner la surface du tégument à l’aide d’une loupe et faire bien attention à ce qu'il ne présente aucune fissure. C’est là, bien qu'il y paraisse au premier abord, une opération très délicate et de la plus haute importance pour avoir des résultats toujours identiques à eux-mêmes : en effet, la contraction due à la présence d’une seule graine blessée peut parfois être plus importante que la dilatation due à dix graines intactes; on
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comprend que, dans ces conditions, le résultat final soit profondément altéré.
En général, on opère sur une dizaine de graines de manière qu'elles ne soient disposées que sur une seule couche à la surface du mercure : de cette façon, en regardant au lravers du verre, on peut surveiller le gonflement et voir s’il se fait d'une façon normale. Les graines blessées se gonflent, en effet, considérablement plus vite que les graines intactes ; il arrive souvent que, parmi les semences que l’on a mises dans l’eau, croyant qu'elles étaient intactes, une ou deux d’entre elles présentent une petite fissure ; on reconnaît leur présence à leur gonflement rapide et à leur plaie dont les bords s’entr'ouvrent petit à petit. Quand cet accident survient, il faut arrêter l'expérience et en recommencer une autre, avec de nouvelles graines. Avec des Lentilles ou des Pois, j'ai souvent été obligé de recommencer l'expérience plus de trente fois, avant d’oblenir un résultat satisfaisant.
Avant de mettre les graines dans le réservoir, on les comple et on les pèse. On les prend alors avec les doigts humides et on les frolte de manière à imprégner bien d'eau la surface. Sans cetle précaution, les graines entraînent avec elles des bulles d’air qui, plus tard, se dissout en parlie ou vient se rassembler au-dessous du bouchon et créer une couche élastique dont la compressibilité altère les mouvements du flotteur. Si, par hasard, quelque bulle est entraînée, on la détache en agilant fortement l’eau avec un agitateur.
Mais, nous le répétons, ex ce qui concerne l'étude des variations de volume total des graines et de l'eau qu'elles contiennent, la condition nécessaire, pour obtenir des résultats toujours identiques, consiste à ne prendre que des graines indemnes de toute blessure et qui se gonflent en même temps et de lu même facon.