‹ Recherches sur l'absorption et le rejet de l'eau par les grainesChapitre 36 sur 48 · C. Hanicot · texte numérisé non relu

C. Hanicot

Chez les différentes espèces et variétés de Haricots, la courbe est la même que celle du Lupin, avec cette seule différence que l'ascension de la courbe au début se fait plus lentement que dans le Lupin.

Mais le fait à noter ici c’est la très grande variabilité dans les résultats oblenus, quant à la hauteur de la courbe, variabilité qui est beaucoup plus grande que celle des autres graines que J'ai envisagées. Avec des graines aussi identiques que possible à la vue, on oblient des courbes d’élévation qui varient du simple au triple el même au quadruple. Si l’on se demande à quoi peuvent être dues des différences aussi considérables, on ne tarde pas à être amené à en chercher la cause dans le plissement des graines plongées dans l’eau. Cette idée préconçue nous a amené à des résultats intéressants. En effet, en mettant des Haricots dans l’eau, on voit que la zone qui se plisse est plus ou moins étendue suivant les individus considérés. Chez les uns, elle se réduit à une surface d’un millimètre carré, tandis que,

chez les autres, elle occupe tout le pourtour de la graine et, chez d’autres même, elle envahit {oute la surface. En cherchant à quoi sont dues ces différences, on voit que, chez les Haricots, le tégument adhère loujours sur une plus ou moins grande surface aux cotylédons : ce n’est que dans les zones où il n'y a pas adhérence que se produit le plissement. En regardant les graines sèches, il est impossible de savoir si ces différences existent et il est nécessaire pour s’en rendre compte, de plonger les graines dans l’eau. Dans notre grand appareil, il est impossible de tirer des conclusions certaines, car, sur les 5 à 10 graines que l’on emploie, les unes se plissent beaucoup, el les autres peu.

Aussi, pour analyser le phénomène de plus près, me suis-je servi d'un petit appareil analogue à celui de la figure 13, mais HAMQUE Hamon Maccec M Hi où le tube manométrique élait graphiques obtenus avec les hari-

11: cots A’ B' C’ (début de l'imbibipresque capillaire. On ne pour tion), où la zone plissée est couvait pas, bien entendu, employer verte de hachures. «y est une de flotleur, mais une règle divisée en millimètres indiquaient les déplacements de mercure. IL était ensuile facile de tracer la courbe du phénomène. Grâce à la finesse du tube manométrique, les déplacements de la colonne mercurielle étaient considérables. On pouvait par suite opérer avec wne seule graine et noter en même temps la manière dont celle-ci se plissait.

J'ai oblenu ainsi des résultats fort intéressants qui peuvent se résumer en ceci : La hauteur de la colonne de mer-cure soulevée, c'est-à-dire la dilatation, est d'autant plus grande que la surface plissée l'est plus. Je représente (fig. 22) trois de ces courbes obtenues, avec, à côté d’elles des schémas représentant, sur des Haricots, la zone qui s'était plissée.

Il est même arrivé des cas, mais ceux-là {out à fait exceplionnels, où il n’y a pas eu de dilatalion. Mais, c’est là une exception qui confirme la règle, puisque chaque fois que ce résultat a été obtenu, les graines ne s'étaient pas plissées : c'étaient des graines où le tégument était adhérent par loute sa surface à l'embryon.

D-#Por:

Les graines de Pois sont de très mauvais types pour éludier le gonflement, car elles ne se plissent que fort peu, et, d'autre part, le nombre des graines blessées est extrêmement considérable. Par un hasard singulier, mais qui

Fig. 23. — Pois gris de printemps. Quarante graines intactes. Eau ordinaire. (Graphique fendu suivant une génératrice du cylindre et étalé.) — xy est une horizontale décrite en six jours. — La courbe se lit en suivant l’ordre des lettres À, B, C, etc.

s'explique cependant si l’on remarque que, dans les laboratoires, on a presque toujours des Pois à sa disposition, c’est à ces graines que beaucoup d'auteurs se sont adressés pour éludier le phénomène qui nous intéresse. Hales avait déjà noté que lorsqu'on met de l’eau et des Pois dans un récipient complètement plein, tantôt l’eau déborde, tantôt ne déborde pas. M. Leclerc du Sablon note des variations tout aussi considérables. Quant à M.Delmer il donne des chiffres qui ne paraissent guère plus concluants.

a) Or, en recommençant souvent des expériences, on arrive. à obtenir que les graines se gonflent toutes en même temps. On oblient ainsi, avec des Pois gris de printemps, la courbe de la figure 23 qui représente la courbe normale de gonflement. La courbe a été obtenue avec 40 graines el

de l’eau ordinaire. On voit qu'après la première phase du gonflement, la courbe présente deux élévalions et deux abaissements successifs avant de passer de nouveau au-dessous de l'horizontale et cette fois d'y rester.

b) En mettant des graines dans de l’eau chloroformée,

Fig. 24. — Pois gris de printemps. Trente graines intactes. Eau chloroformée. (Graphique fendu suivant une génératrice du cylindre et étalé.) —xy est une horizontale décrite en cinq jours. — La courbe se lit en suivant les lettres ANR (Crete.

on obtient la courbe de la figure 24. Comme on le voit, les deux élévalions et abaissements que nous venons de signaler ont disparu : ce sont des phénomènes physiologiques dont nous n'avons pas à nous occuper. La courbe des phénomènes physiques est donc la même que celle du Lupin.

c) Quand sur 40 graines, 2 ou 3 sont blessées, la courbe de dilatalion diminue.

d) Quand 4 ou 5 graines, sur Fig. 25. — Courbe montrant le f / début de la contraction avec 40 sont blessées, la courbe de 3 gramines de Pois, coupées en dilatation est à peine visible. Con quAiRe (ben Euit

> : {c), en onze (d), et pulvérisées e) Quand il y ren plus de s gral- (e). — æy est une horizontale. — bl I dil : di Ces courbes ont été obtenues sénes essées , à ialation dis- parément. Sur le dessin on les paraît complètement ; il n’y a PR nénesie eue partir Mn plus qu'une contraction.

f) On voit par ces trois expériences combien l'intégrité du tégument est importante. En nous servant de l'appareil décrit à propos des Haricots, avec un tube encore plus fin, nous avons pu opérer avec une seule graine. Nous Ù P 5 ANN. SC. NAT. BOT. 11, 13

avons vu ainsi qu'il

y avait toujours dilatalion avec une

graine indemne el toujours contraction avec une graine

s À, B,C, etc.

(Graphique fendu suivant une génératrice du cylindre

E Six caryopses intacts. Eau ordinaire.

et étalé.) — xy est une horizontale décrite en sept jours. — La courbe se lit en suivant les lettre

— Maïs.

Fig. 96.

al

est plus rapide si les

blessée.

g) Les courbes de la figure 25 sont fort intéressantes. Elles représentent le début de la contraction avec des graines coupées en 2(«), en # (D) en 8 (c), en 11 (d) et pulvérisées (e).

On voit que la contraction est d’autant plus rapide que l’état de division de la graine est plus fort, c’est-à-dire que l’eau est plus vite en contact avec les matières de réserve.

EColzar

Très légère dilatation, puis contraction.

F. Lentille.

Légère dilatation, puis contraclion.

La dilatalion est fort difficile à constater en raison des blessures que présentent presque tous les téguments.

G. Maïs.

Avec le Maïs (fig. 26), on n'obtient jamais trace de dilatation. La contraction commence aussitôt après l'immersion. Elle se produit sans différences importantes avec de l’eau ordinaire et de l’eau chloroformée. Elle graines sont blessées.

H. Blé, Orge, Soleil, Lin, Courge, Ricin.

Avec les caryopses de Blé et d'Orge, les graines à téguments durs de Ricin et de Courge, les graines à téguments gélifiables de Lin, les akènes de Soleil, il y a loujours contraction, jamais de dilatation.

Page 1