‹ Recherches sur l'absorption et le rejet de l'eau par les grainesChapitre 37 sur 48 · SYNTHÈSE DES RÉSULTATS OBTENUS · texte numérisé non relu

SYNTHÈSE DES RÉSULTATS OBTENUS

Avant de faire la synthèse des résultats obtenus dans l'étude des variations de volume relatives des graines plongées dans l’eau, il est nécessaire de faire une remarque.

En plongeant des graines dans l’eau, on se met dans des conditions qui ne se trouvent pas réalisées dans la nature. Il y a donc lieu de se demander si les phénomènes que nous avons examinés sont bien naturels ou si ce sont de simples « curiosités ».

Pour le savoir nous avons mesuré le volume et le poids de quelques graines et nous les avons mises dans de la terre humide. Au bout d’un certain temps nous les avons retirées de la terre et nous avons mesuré de nouveau leur volume et leur poids.

Nous avons ainsi conslalé des phénomènes exactement semblables à ceux obtenus plus haut, c’est-à-dire une dila{ation, puis une contraction chez le Lupin, une simple contraction chez le Maïs.

Le paradoxe du gonflement des graines est donc un phénomène qui se passe dans la nature.

Si nous envisageons maintenant d'une manière générale les résultats obtenus, nous obtenons quatre lois qui ne souffrent aucune exception, à la condition de n'envisager que des graines absolument saines :

1° Chez toutes les graines à téqument dur, il y à contraction du volume total des graines et de l'eau absorbée (Ex. : Ricin).

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2° Chez toutes les graines où le téqument est adhérent à lalbumen ou à l'embryon, il y a contraction (Ex. : Maïs).

3° Chez toutes les graines enfermées dans un akène, 1 y a contraction (Ex. : Soleil).

4° Chez loutes les graines qui possèdent un téqument mince et qui se plissent, ü y a d'abord une dilatation, puis une contraction (1) (Ex. : Lupin).

Or, même en n’envisageant que ces qualre conclusions, nous sommes amenés naturellement à voir une concordance remarquable entre la nature du tégument et les changements de volume :

1° 21 y a toujours chez les graines, plus ou moins tard, suivant les graines, une contraction.

2° Cette contraction est précédée d'une dilatation seulement dans le cas où le téqument est mince el n'adhère pas à l'amande, c'est-dire chez les graines où le téqument se plisse.

CAUSES DE LA CONTRACTION. — La contraction est le phénomène le plus général de gonflement des graines. L'explication de la contraction ne souffre aucune difficulté : e//e est produite par la contraction qui accompagne la combinaison chimique des matières de réserve avec l'eau.

On constate en effet une pareille contraction en prenant pour point de départ les matières de réserve elles-mêmes, amidon, gomme, caséine, aleurone, etc.

Les mélanges d’eau et des matières de réserve montrent une augmentation de chaleur, comme celles des graines plongées dans l’eau.

Nous avons vu (Pois. Exp. 9) que la contraclion se produit d'autant plus vite que l'embryon est brisé en fragments plus petits, c'est-à-dire d'autant plus que la combinaison a des raisons de se faire plus rapidement.

Elle a seule raison de se produire avec des graines à tégu-

(4) Nous laissons de côté la dilatation qui se produit quelquefois au bout de plusieurs jours et qui est due à des phénomènes complexes, dus à l’action de l’eau suries matières de réserve et qui exigerait, pour être étudiée avec soin, un mémoire spécial.

ment dur, où l’eau pénètre lentement par le hile et se combine avec les matières de réserve. De même pour les caryopses. |

La contraction résulte donc le plus souvent de Ja combinaison de l’eau et des matières de réserve.

Elle est aussi quelquefois due en outre à la dissolution des gaz des téguments lacuneux par l'eau qui y pénètre : c’est ce qui à lieu par exemple pour la Courge et la plupart des akènes.

CAUSES DE LA DILATATION. — Si l'explication de la con- {raclion ne souffre aucune difficulté, il n’en est pas de même de la dilatation. A cet égard cependant nos expériences nous paraissent concluantes.

Comme nous l'avons dit plus haut, il y à un rapport étroit, indispensable, entre la dilatation et le plissement : c’est là, selon nous, qu'est le nœud de la question.

Envisageons en effet ce qui se passe dans une graine, à tégument mince el non adhérent, plongée dans l’eau. Celle-ci, comme plusieurs auteurs l'ont démontré, ne s'introduit pas seulement par le hile, mais par toute la surface du tégument. Aussi qu'arrive-t-1l ?

Le tégument s'imbibe rapidement et augmente immédiatement de volume. Par suite, il se plisse et s'éloigne de l’'amande qui ne peut le suivre dans ce mouvement. Il en résulte, comme nous l'avons vu dans le chapitre 1°, des vides au-dessous des plissements, vides où les gaz contenus entre le tégument et l’amande se trouvent raréfiés : c'est à ce fait qu'est due l'augmentation de volume de la graine.

Pour combler les vides ainsi produits, une partie des gaz de l'amande, soumis à une tension négalive, se dégagent et viennent les combler en partie, d’où une nouvelle cause d'augmentation de volume.

Quand le plissement est à son maximum ou même un peu avant, l’eau passe directement des points du légument qui touchent à l’amande, à celle-ci ; là, il se produit une combinaison, une contraction : la courbe d’inseription

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descend et dès lors la contraction ne fait qu'augmenter.

Cette théorie s'accorde en fous points avec les faits que nous avons mis en lumière.

Si, en effet, le tégument est blessé, l’eau se combine directement avec les matières de réserve et le tégument ne se plisse pas : il y a contraction (Pois. Exp. /). C’est à ce fait qu'il faut attribuer les erreurs de certains auteurs qui prenaient des graines telles quelles dans un paquet et les metlaient ainsi dans un appareil quelconque : certaines d’entre elles présentaient bien une dilatation, mais celles qui avaient le tégument blessé présentaient une contraction qui non seulement neutralisait la dilatation, mais la dépassait même en valeur; de sorte qu'au total, ils {trouvaient une contraction, alors que normalement, ils auraient dû trouver une dilalation.

Le rapport entre la dilatation et le plissement est bien montré par notre expérience, faite avec des Haricots et qui prouve que la dilatation est d'autant plus considérable que la surface du plissement est plus large.

Ainsi envisagé, le phénomène de plissement est purement physique. Et, en effet, nous avons constaté (Lupin. Exp. e), qu'il n’était nullement troublé en se servant de graines vivantes, mortes ou endormies.

D'ailleurs, il est facile d'empêcher la dilatation en empêchant le plissement, ainsi quele montre l'expérience (Lupin). Dans celle-ci, nous avons transformé une graine de Lupin à graine à Légument dur, où l’eau ne peut pénétrer que par un point, un micropyle artificiel. Aussi qu'est-il arrivé ? Nous n'avons pas eu de dilatalion, mais une simple contraction, comme dans les graines à tégument naturellement dur. La dilatation peut d’ailleurs (expérience /, Lupin) être simplement diminuée, par un durcissement artificiel moins grand du tégument.

Mais ce n’est pas tout. On peut ajouter d’autres faits non moins probanis à ceux que nous avons déjà exposés, ainsi qu'on va le voir dans les chapitres suivants,

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