‹ Recherches Sur L'Acétonurie Et Le Coma DiabétiqueChapitre 7 sur 12 · MAS · texte numérisé non relu

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kilogr. d'animal pour lesérum préalablement alcalinisé

jusqu’au degré normal ; or, il faut 12 cc. desérum d’uré-

mique pour amener la mort d’un kilogr. de matière vivante. Pour MM. Roque, Devic et Hugounencdq, l’hypertoxitité du sérum de diabétique est due, d’une part, à la diminution de son alcalinité, et, d'autre part, à la toxicité propre de l'acide qu'il contient. La quantité de sang prélevée par la saignée fut insuffisante pour permettre de déterminer exactement quel était cet acide ; on put voir seulement qu'il était lévogyre ainsi que l'acide B-oxybutyrique.

Plus récemment, en 1895, Klemperer, après avoir observé 21 cas de coma diabétique, a constaté dans les urines de ces malades la présence d'acide et d’une grande quantité d’ammoniaque, en même temps qu'une diminution considérable de l’alcalinité de leur sang. Mais il se refuse à admettre que l’intoxication acide puisse être regardée comme la cause des accidents comateux.

En définition, la question n'est pas encore résolue et aucune des théories en présence n’est parvenue à élucider complètement la pathogénie du coma diabétique.

Origine de l’acétone, de l’acide diacétique et de

l'acide 8-oxybutyrique dans l'organisme

Avant d'entrer dans la discussion des théories énoncées au chapitre précédent, il importe de bien établir le fait suivant : C’est que ces théories se relient étroitement entre elles, car les trois corps auxquels elles attribuent la production du coma diabétique, l’acide $-oxybutyrique, l'acide diacétique, et l’acétone, sont les divers anneaux

d’une seule et même chaîne dont l’acétone est le dernier

terme. Par conséquent, ces trois corps ont une même origine, soit qu’on les fasse dériver de la fermentation du glucose, soit qu'on admette, ce qui est plus vraisemblable, qu'ils tirent leur source de la décomposition des substances albuminoïdes.

Les premiers observateurs n'avaient envisagé que l’acétonurie des diabétiques, et il était tout naturel, étant donnée la coexistence du glucose et de l’acétone dans les urines de ces malades, de voir là une relation de cause à eflet, et de considérer l’acétone comme un produit d’une transformation anormale du sucre. La fermentation ordinaire du glucose ne donne naissance, en effet, qu’à de

tes

l'alcool et de l'acide carbonique ; il a donc fallu faire intervenir un autre facteur, un ferment spécial, un microorganisme capable de déterminer la production d’autres produits de fermentation. Nous avons vu que, pour Kaulich, ce microorganisme était la sarcina ventrieuli, la torula cerevisiæ, ou bien encore une espèce particulière de cyptogames, et la fermentation du sucre, donnant - naissance à de l’acétone, aurait lieu, d’après Kaulich, suivant cette équation.

.C2H°0"*=—CH"O?+ CHILIOH2C0?L2HO

= Acétone acide acétique

Kaulich n’a confirmé son hypothèse par aucune expérience.

Pour Balthazar Foster, l’acétone provient d’une fermentation alcoolique et acétique du sucre, l'acide acétique se transformant secondairement en acide carbonique et en acétone. |

Cette théorie de la fermentation du sucre donnant lieu à la production de l’acétone a été reprise par M. de Gennes dans sa thèse, en 1884. S'appuyant par l'observation d’un enfant diabétique, auquel on faisait prendre 4 à 5 grammes de levure de bière par jour, et qui succomba après quatre jours de ce traitement en ayant présenté des accidents cérébraux, M. de Gennes suppose que « le ferment de la levure à accompli la transforma- « tion du sucre en alcool, puis en acide acétique et en « acétone, laquelle à causé les’ accidents terminaux ». En admettant l'hypothèse de M. de Gennes pour ce cas particulier, on ne saurait la généraliser à tous les cas de coma diabétique, éar tous ces malades n’ont pas été

LABUSSIÈRE , £

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traités préalablement par la levure de bière: Dailleurs, Kussmaul aemployé deux fois le même traitement ; une fois par voie stomacale, et la seconde fois, par injection intra-veineuse, de levure de bière dans une veine souscutanée du bras. Ces deux genres de médication n’ont été suivis d'aucun accident.

M. de Gennes s’est attaché à la recherche du microorganisme déterminant dans la majorité des cas, la production de l’acétone après une fermentation particulière du glucose. Les expériences de M. Talamon, entreprises dans ce but, ont donné des résultats négatifs ; à plusieurs reprises, du bouillon de Liébig et du jus d'orange additionné d’eau furent ensemencés dans des ballons Pasteur avec du sang de diabétique acétonurique ; on ne put obtenir de culture du microorganisme spécial, grâce auquel l’acétone serait un produit de la transformation du glucose.

M. Romme trouve l'hypothèse de M. de Gennes très soutenable, car rien, selon lui, (ne s’oppose à admettre « l'existence d’un microrganisme qui, dans certains « états morbides, tels que fièvre et diabète, trouve dans « l'organisme affaibli ou tout simplement modifié, un

{ terrain favorable à son développement et produise en se développant, de l’acétone. »

Or, l’acétonurie physiologique, niée par M. Romme et pleinement démontrée aujourd’hui, ainsique l’acétonurie expérimentale, prouvent qu'il n’est nullement besoin de rechercher un ferment spécial à certains états de maladie, auquel serait dûe la formation de l’acétone après une fermentation anormale du glucose, puisque l’acétone

se forme égalément dans l'organisme normal, et non pas seulement chez certains malades.

M. Hugounencq (1887) a voulu expliquer comment l’acétone, l'acide diacétique et l'acide B-oxybutyrique, pouvaient se produire aux dépens du sucre. D'après lui, dans la chimie ordinaire in vitro, il existe un moyen assez simple d'aller du glucose à l’acétone en passant par - l'acide B-oxybutyrique et l'acide acétylacétique ou diacétique. ET

La fermentation du glucose aurait lieu comme à l'ordinaire, en donnant naissance à de l'alcool et de l'acide carbonique.

C'H"0°— 2C0* + 2CH°OH L'alcool se transforme alors en aldéhyde, par oxvdation: C'HSOH +0 — H°0 + CH:

Aldéhyde

Puis, l’aldéhyde subit une. condensation particulière, unissant en une seule deux de ses molécules, pour former de l’aldol.

/2C2H'0 —CHO: CH? CHOH. CH Aldol.

L'oxydation de l'aldol fournit l’acide 6-oxybutyrique identique à celui de l'urine, au pouvoir rotatoire près : CHO.CH: CHOH. CH* + O — CO'H. CH?CH, OH. CH É Acide G-oxybutyrique

Cet acide B-oxybutyrique, à la fois acide et alcool, donne de l'acide acétylacétique ou diacétique par oxydation : ;

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