‹ Recherches sur l'acétonurieChapitre 4 sur 33 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

Dès 1828, Von Stark avait observé que l’haleine des diabétiques qi meurent dans le coma possède une odeur caractéristisue, mais ce fait était passé à peu près inaperçu et il faut arriver à Petters pour voir étudier de plus près ce phénomène:

Cet auteur rapporta en 1857 l'observation d’une femme de 50 ans. diabétique, qui fut prise d'accidents comateux, en même temps que l’on percut dans son haleine et ses urines une odeur rappelant celle du chloroforme. Dans les urines, le sang et les viscères de cette malade, morte dans le coma, Petters montra, par la distillation, la présence de l'acétone.

En 1860, Kaulisch fit paraître un important travail sur l’acétonurie, dans lequel il avance un certain nombre d’hypothèses ingénieuses dont la plupart ne sont malheureusement appuyées que sur des faits incertains et une expérimentation insuffisante Le premier, il fait provenir l’acétone d’une fermentation

se produisant dans l’économie aux dépens du sucre, sous l'influence de la sarcina ventriculi.

Kussmaul, en 1874, reprend l'étude de l’acéto= nurie et dans un travail étendu s’efforce de montrer que la présence de l’acétone dans le sang est la cause du coma diabetique.

Il est bon de faire remarquer ici que tout l'intérêt de l’acétonurie s’est concentré autour du coma diabétique et que c’est à rechercher ses relations avec cette redoutable complication que se sont attachés les auteurs que nous allons citer.

Les idées de Kussmaul eurent pendant plusieurs années de nombreux partisans parmi lesquels on peut citer Lécorché, Bourneville et Teinturier, de Gennes, Penzoldt, Balthazar Forster, Kien, et cela jusqu'à l’apparition du mémoire de Frerichs. Dans ce travail, Frerichs nie le rôle pathogène de l’acétoné, montre par des expérienées sur les animaux et sur l'homme que ce Corps n’est pas toxique, fait ressortir que l’acétonurie n’est pas constante dans le coma diabétique et qu'on la trouve dans un certain nombre d’autres affections. Il n'admet pas non plus l’action pathogénique de l’acide acétylacétique ei de son éther.

Les recherches de Jaksch, que nous aurons plusieurs fois l'occasion de citer au cours de ce travail, ont paru de 1882 à 1885 dans différentes publications et ont été réunies en un volume (1). Pour cet auteur, la

(1) Ueber Acelonurie und Diaceturie von R. von Jaksch. Berlin, 1885, Ilirschwald. ‘

présence de l’acétone dans !2s urines est un phénomène normal. Il lattribue à la décomposition des matières albuminoïdes, sans préciser davantage le mécanisme de cette décomposition. Il note l’augmentation de l’excrétion de l’acétone dans certains états pathologiques et décrit une acétonurie fébrile, carcinomateuse, etc.

Il reconnait que l'acide acétylacétique accompagne l'acétone et il donne de cette présence simultanée une interprétation sur laquelle nous reviendrons ultérieurement.

Von Jaksch qui a rapporté les résultats de l'examen des urines de 130 malades, s'est borné, il est vrai à des recherches qualitatives, pour lesquelles il s’est servi du réactif de Lieben.

Aussi un certain nombre d'auteurs, parmilesquels nous citerons Romme, ont rejeté ses conclusions relativement à l’acétonurie normale, arguant de ce fait que le réactif de Lieben n’est pas caractéristique de l’acétone et que l'alcool en particulier donne lieu à la même réaction. Nous verrons, lorsque nous ferons l'étude de ce réactif quelle est la valeur qu'il faut attribuer à cette objection.

Dans son travail paru en 1885, Penzoldt étudie dans une première partie les moyens propres à caractériser l’acétone urinaire ; il rejette Pemyploi du réactif de Lieben et propose d’utiäser une solution alcoolique d’orthonitrobenzaldéhyde qui dans les

LE

solutions d’acétone donne un précipité de bleu d'indigo,

Nous verrons plus loin. que ce procédé ne donne des résultats qu'avec des liqueurs d’acétone de titre assez élevé. Ainsi s'expliquent les résultats de Penzoldt qui nie l’acétonurie physiologique affirmée par Jaksch ét soutient que l’acétonurie est inconstante dans le diabète, les fièvres graves, etc.

La deuxième partie de son travail est consacrée à l'étude des rapports de l’acétonurie et du coma diabétique. Après des expériences sur les animaux, chez lesquels il obtint par inhalation de l’acétone des phénomènes d'intoxication rappelant le coma diabétique, il se rallie pleinement à l'opinion de Kussmaul.

De Gennes en 1884, s'attache à montrer le rôle pathogène de l’acétone et veut voir dans la fermentation du glucose, sous l'influence d’un ferment particulier, l'origine de l’acétone urinaire. Il analyse longuement les recherches de Talamon consacrées à la découverte de ce micro organisme spécial, lesquelles recherches sont d’ailleurs restées sans résultats. .. De 1883 à 1885 des travaux importants sont publiés par Tappeiner, Albertoni et Pisenti, Rupstein, dans lesquels ces auteurs étudient surtout le mode de produetion de l’acétone dans l'organisme, laissant de côté Son action pathogène, la question leur paraissant jugée par la négative,

En France c’est à l'opinion opposée que l’on

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