‹ Recherches sur l'action du courant électrique sur certains métalloïdes et quelques-uns de leurs composés en dissolution dans l'eauChapitre 6 sur 12 · ACIDE SULFUREUX. ACIDE SULFHYDRIQUE. ACIDE SULFURIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE SULFUREUX. ACIDE SULFHYDRIQUE. ACIDE SULFURIQUE

I. La solution d’acide sulfureux était concentrée, et comme on l’avait préparée au moment de la décomposer, elle ne renfermait pas d’acide sulfurique.

La liqueur se colore d’abord en jaune, par du soufre qui se dépose au pôle négatif et se redissout ensuite ; il n’y a pas d’hydrogène dégagé dans le commencement, mais la quantité d’oxygène est assez forte. L’hydrogène paraît bientôt au pôle négatif, et au bout de quelques heures il s’en produit des proportions considérables. La réaction continue dans ce sens jusqu’à ce qu’il ne soit plus que le double de l’oxygène.

Voici les résultats d’une des expériences :

On a commencé à 8“ 30'. — L’oxygène dégage seul; au pôle de l’hydrogène se produit une espèce de vernis jaune qui se dissout dans la liqueur en lui donnant la couleur de l’eau iodée.

A 9“ l’hydrogène se dégage en quantité moindre que l’oxygène.

A 9" 45'il y a, pour 100 d’hydrogène, 88 d’oxygène.

La liqueur est remplie de soufre émulsionné ; à l’odeur d’acide sulfureux se joint celle de l’acide sulfhydrique. Le liquide filtré précipite parles sels de baryte.

A 1“ 30' l’odeur de l’acide sulfhydrique a remplacé celle de l’acide sulfureux.

La conductibilité de la liqueur devient plus forte.

A 2“ 30' on recueille 100 d’hydrogène et 44 d’oxygène.

A 6“ 50' le liquide est très-bon conducteur, le soufre n’est plus émulsionné mais déposé au fond du vase en filaments, et la liqueur ne contenant plus autre chose que de l’acide sulfurique fournit sensiblement deux volumes d’hydrogène et un volume d’oxygène.

Par conséquent l’acide sulfureux est décomposé en soufre et en oxygène, comme le montre le dépôt du premier et le dégagement du second ; une faible partie du soufre s’unit directement à l’oxygène pour former de l’acide sulfurique, une autre se dépose et une troisième s’unit à l’hydrogène pour former de l’acide sulfhydrique qui à son tour se change en acide sulfurique.

II. La décomposition de l’acide sulfhydrique vient à l’appui de la dernière partie de cette explication.

En effet, il a présenté les résultats suivants :

A 8 h , moment où commence l’expérience, il se dégage 100 d’hydrogène,

38 d’oxygène. *

A ll h on rfecueille 100 d’hydrogène et 35 d’oxygène.

A 3" ii se produit 100 d’hydrogène et 25 d’oxygène.

La réaction continue dans ce sens, tant qu’il reste de l’acide sulfhydrique dans la liqueur.

La dissolution d’acide sulfureux ancienne se conduit comme la solution pure, c’est-à-dire fournit d’abord de l’acide sulfhydrique, et donne comme résultat final de l’acide sulfurique.

Les sulfites alcalins se changent en sulfates sans production intermédiaire de sulfure et de soufre libre.

Les hyposulfites alcalins fournissent un dépôt de soufre, et par conséquent se changent en sulfites, qui, à leur tour, produisent des sulfates.

Les sulfures se conduisent comme l’acide sulfhydrique et donnent les sulfates correspondants.

III. On a cru d’abord que l’eau aiguisée d’acide sulfurique fournissait rigoureusement, sous l’influence d’un courant électrique, deux volumes d’hydrogène et un volume d’oxygène. Grâce aux recherches intéressantes de M.Meidinger et de M. Leblanc, on sait aujourd’hui qu’il se forme du bioxyde d’hydrogène dans ces conditions, quand la température n’est pas trop élevée, et que si l’on refroidit convenablement le liquide, la proportion d’oxygène dégagée est notablement inférieure à celle que la théorie indique.

J’ai eu moi-même plusieurs fois occasion de vérifier ce fait en préparant îe cours de la Sorbonne. Je me contentais d’abord, pour réaliser la synthèse de l’eau, de mesurer les deux gaz recueillis séparément; mais comme j’obtenais toujours un léger résidu, je pensai arriver à l’exactitude complète par remploi du gaz de la pile. Je l’essayai, mais j’obtins un résidu plus considérable encore, et dus en revenir à la mesure directe.

Malgré ces faits, que chacun peut remarquer très-aisément, on est souvent encore dans l’habitude de considérer le gaz de la pile comme brûlant sans résidu gazeux quand on le prépare avec de l’eau rendue conductrice par l’acide sulfurique et qu’on agit à la température ambiante, parce qu’on suppose que la chaleur qui accompagne cette action décompose l’eau oxygénée au fur et à mesure de sa production. Il n’en est rien, et c’est pour cela que je n’ai pas cru inutile de citer les nombres obtenus dans ces conditions d’opération normales.

L’expérience a marché trois jours consécutifs et a donné des résultats à peu près constants.

I" jour 8 h

0 == 52 au lieu de 53,2

0 = 51 au lieu de 52,5

0 = 55 au lieu de 56

2« jour 8 h

0 = 54 au lieu de 56,5

0 = 52.5 au lieu de 55

0 = 55 au lieu de 57,75

3* jour 8 h H = 119.5

O == 57 au lieu de 59,75

2 h II — 117

O == 56 au lieu de 58,5

O == 55 au lieu de 57

Il manque donc environ 2 divisions d’oxygène sur 170 divisions du mélange total, c’est-à-dire que lorsqu’on brûle dans l’eudiotnètre 170 cent. c. de gaz de la pile, il y a un résidu gazeux de 2 cent, c, pour Cette cause d’erreur Seulement. Si l’on joint à cela le dégagement gazeux qui provient de l’air de l'eau, on comprendra qu’on puisse obtenir un résidu considérable quand on dispose de cette façon l’expérience de la synthèse de l’eau.

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