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à écran, l’écran est une lame d’aluminium. La boîte contenant la substance radioactive est formée de deux lames parallèles entre lesquelles 15 centigrammes de sel de baryum radifère, actif à 500.000, sont tassés sous la forme d’une couche plane de six à sept dixièmes de millimètre d'épaisseur ; une lame porte une articulation mobile à l'extrémité d’une tige métallique munie d’un manche de bois ; elle peut prendre par rapport à l’axe de cette tige toutes les positions possibles ; grâce à cette disposition, on peut facilement introduire la boite métallique dans une cavité, dans la cavité buccale par exemple, et l'appliquer exactement par sa face d'aluminium soit sur la base de la langue, soit sur la voûte palatine, après qu’on lui a donné le degré d’inclinaison convenable sur la tige qui la porte.
Appareil à sel collé, — Le support à radium proprement dit est analogue à celui décrit par M. Béclère. Une plaquette carrée en métal est montée sur une tige de longueur variable et une articulation placée sous la plaquette permet d'orienter celle-ci dans toutes les directions. Le radium à l'état de sulfate est fixé sur le carré de métal au moyen d’un vernis spécial dont l’absorption pour le rayonnement est très faible. Ce vernis résiste à l’eau bouillante, aux variations de tempéralure jusqu'à 190 degrés et aux antiseptiques couramment employés en thérapeutique. Le radium étendu est réparti sur une grande
surface et sous une faible épaisseur. Un centigramme
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de radium peut couvrir par exemple une surface de 1 centimètre carré.
La faible absorption de l’écran protecteur et la répartition spéciale du sel de radium permettent d'augmenter le coefficient d'utilisation du produit dans le rapport de 1 à 5.
Autres appareils. — Ces appareils reposant sur l’utilisation des sels collés sont en principe constitués par des boîtes métalliques, dont le couvercle vissé sur la boîte elle-même porte le sel collé.
Pour les cavités on emploie des tubes de verre contenant les sels de radium, le tube de verre soudé au chalumeau est maintenu dans un porte-tube permettant Je rayonnement du radium de tous les côtés et percé de trous à cet usage.
D’autres appareils présentent la particularité de contenir dans des récipients plats et circulaires les sels de radium, cette conformation est utile pour l’application sur le haut de la langue ou sur le palais.
D’autres appareils sont utilisés pour le traitement de la blennorragie ou desaffections de l’œsophage et de l’estomac et sont constitués par des sondes destinées à être introduites dans ces cavités.
L’extrémité de la sonde est munie d’un dispositif spécial qui permet les applications dans ces différents organes,
Appareil producteur d'émanation. — Pour la production d'émanation, on a recours à l'appareil suivant : le sel de radium en solution est placé dans un petit tube horizontal fermé aux deux extrémités,
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Deux tubulures fixées à angle droit au réservoir permettent d’y faire circuler un courant d’air. Cette disposition présente, sur les autres dispositifs, l’avantage d'étendre sur une grande surface la soluüon réduite à un volume minime. Au repos les deux tubulures sont fermées par des pinces à vis agissant sur un caoutchouc à vide, l'émanation s’accumule alors au-dessus de la solution. L'appareil se prête aussi bien aux prises d'émanationintermittente qu'aux aspirations continues. Sur les propriétés des émanations radioactives on a préparé certaines substances telles que solutions d'émanations radioactives et des pommades radioactives dont nous avons fait quelques essais.
Pour nos applications personnelles nous avons eu recours aux appareils à écran, les appareils à sels collés n'étant pas encore à notre disposition, notre boîte le plus souvent employée était en ébonite à lamelle de mica, contenant tantôt 10, tantôt 5o milligrammes de bromure de radium pur.
Préparation de la pommade radioactive. — Pour la préparation de vaseline radioactive on emploie l’'émanation de solution de bromure de radium accumulée depuis deux à sixjours. La quantité de sel de radium employée par M. Rehns était de 0,15 à 0,25, la vaseline liquéfiée est introduite dans un tube à robinet : on faitle vide, on fait entrer l’émanation, el on étale la vaseline sur toute la surface intérieure du tube. La radioactivité parait être instantanée ; la vaseline sous l'influence de l’émanation devient
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particulièrement lumineuse, incomparablement plus que toute autre graisse ou liquide. Cette luminosité disparaît après plusieurs jours. Les pommades devenues lumineuses par ce procédé sont capables de décharger l’électroscope à feuilles d’or.
Action physiologique du radium.
Action du radium sur la peau normale. — Le radium peut rendre la peau phosphorescente, il agit aussi plus profondément et peut produire un érythème intense, puis une ulcération toujours longue à guérir. M. Gisel présenta sur la peau du bras une légère rougeur à la suite d’une application de deux heures d’un échantillon de bromure de baryum radifère. Trois semaines plus tard la peau tomba. M. Curie reproduisit les mêmes expériences, il présenta également un érythème, le vinglième jourilse forma des croûtes et une plaie. La guérison n’était pas terminée cinquante-deux jours après l’application. M. Becquerel présenta également deux ulcérations qui mirent un temps relativement considérable à guérir.
Expérience de M. Danisz. — M. Danisz, sur de jeunes souris, constala qu'en appliquant sur leur derme le tube de radium ces animaux ne tardaient pas à présenter des phénomènes paralytiques et succombaient dans un délai plus ou moins long. En opérant sur des animaux plus robustes il fallut, pour obtenir
les mêmes résultats, commencer par dénuder le
crane. M. Danisz, sur des cobayes et sur des lapins, après une exposition de vingt-quatre heures d'un composé de chlorure de baryum et de radium dans lequel il y a environ 10 0/o de radium pur et dont l’activité est environ de 500.000, constata chez ces animaux une destruction complète de l’épiderme et du derme. M. Danisz a pu constater en outre que la peau des cobayes est beaucoup plus sensible que celle des lapins. Une intervention qui produit chez le coba;e une plaie assez étendue ne fait au contraire qu'exciter la croissance des poils chez le lapin. Les rayons du radium peuvent donc exercer aussi dans certaines conditions une action excitante.
Expérience de Werner. — D'autres expériences ont été faites par Richard Werner sur des lapins. Cet auteur exposait les oreilles, la peau du dos et la peau du ventre, aux radiations de capsule contenant 0,010 de bromure de radium. Il remarque que l’action physiologique du radium ne varie pas suivant l'intensité et la durée de l'irradiation mais d’une façon irrégulière, discontinue et suivant des lois complexes. Les différents éléments d'appréciation de celte action physiologique (durée de la période de latence), «degré de mortilicalion des tissus, rougeur, gonflement, vésiculations, nécroses, temps nécessité par la guérison ou la cicatrisation, extension de l’action », ne varient pas tous, dans le même sens, quand on fait varier l'intensité de la radiation.
Plus les poils sontabondants, moins il y a de glandes, plus le tissu conjonctif est riche, plus le tissu
cellulaire sous-cutané est abondant en graisse plus la résistance au radium est considérable. L’épaisseur du stratum corneum estun facteur moins important. D'autre part la richesse en capillaires et en lymphatiques augmente la réceptivité; de même la tension de la peau etson défaut d’élasticité.
Avec des radiations faites à petites doses, mais souvent répétées, on obtient un épaississement de l’épiderme, avec desquamation, mais sans nécrose. Cet épaississement n’augmente pas indéfiniment et la peau acquiert bientôt une sorte d'immunisation.
Les tissus jeunes ou en voie de cicatrisalion sont particulièrement sensibles.
La sensibilité de la peau à l’action du radium peut être augmentée par les moyens suivants : réfrigération par les pulvérisations d’éther, de chlorure, d'éthyle, action de l’eau entre 49 et 51° ; tamponnements à l’huile de croton, stase veineuse, anémie locale, traumatisme. Tous ces moyens agissent probablement en délerminant de la prolifération cellulaire, et peut-être aussi par la leucocytose qu'ils provoquent. L'augmentation d'action consiste en une rapidité plus grande et une destruction plus étendue et plus complète des tissus. En prolongeant l'emploi de ces moyens, on arrive à déterminer une adaptation des tissus et à diminuer ainsi leur sensibilité au radium. Cette adaptation correspond à une
transformation histologique, grossissement des fibril- -
les protoplasmiques de l’épithélium, multiplication de la substance intermédiaire du tissu conjonctif.
Les plaies causées par le radium sont difficilement infectables par les microbes (streptocoques, staphylocoques) ; mais l’action du radium ne désinfecte pas les plaies déjà infectées.
Dans le même ordre d'idées, nous pouvons citer les expériences faites avec un autre agent physique, d'action identique à celle du radium : il s’agit des expériences de Scholtz en soumettant des lapins aux rayons X. Il constata, quatre semaines après une exposilion journalière de trente minutes et qui fut répétée pendant huit jours: la chute des poils; la peau des deux faces de l'oreille était soulevée en bulles et nécrosée superficiellement ; en même temps la peau du dos était glabre, rouge et desquamée. Le cartilage ne fut pas altéré. Les rayons X agissent sur la peau du lapin comme sur la peau humaine. Chez le porc, dont le revêtement cutané présente à peu près la même structure histologique que la peau humaine, les résultats furent presque identiques : la chute des poils commença après dix jours d’irradiation, se continua sur la face interne, et gagna la partie correspondante du cou, puis survinrent des phlyctènes sur la face interne de l'oreille, du suintement et une ulcération de la surface cutanée.
Le cartilage ne fut pas nécrosé et les oreilles reprirent leur forme normale après guérison. Et Scholtz conclut : les rayons de Rœntigen agissent sur la peau tandis que les tissus profonds (muscles, cartilages, os) sont peu influencés et ne se nécrosent
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