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que secondairement, à la suite de l’inflammation intense et de l’ulcération de la peau.
Il était intéressant de chercher également l’action
intime des radiations sur les tissus.
Anatomie pathologique. — Action
des radiations sur la peau.
En 1898 Kaposi, à la Société médicale de Vienne, faisait la communication suivante : Il s'agissait de l'action des rayons de Rœntgen dont l'influence peut être mise en parallèle avec celle des radiations des substances radioactives : & Les rayons de Rœntgen agissent sur la tension vasculaire par vaso-dilatation ; la circulation est ainsi rendue plus active. En plusils peuvent produire de l'infiltration inflammatoire des éléments cellulaires et des tissus néoformés qui subissent ainsi une altération dans leur composition moléculaire ou une dégénérescence graisseuse et peuvent être résorbées. »
Neisser signale une action spéciale sur les vaisseaux, il s'exprime ainsi : « Dans ce qu'on appelle la radio-dermite, on peut voir que la vieille opinion de l'irritation inflammatoire est fausse, et que Weigert avait raison quand il soutenait qu'il s'agit toujours, dans tous les processus, d'une lésion primi- Uve des vaisseaux que suit simplement comme réaction l’inflammation. Ce que nous voyons dans les nécroses dues aux rayons X dépend très probablement de ces légères altérations primitives. »
Oudin et Barthélemy un peu plus tard expérimentant sur des cobayes, après des irradiations intenses, constatèrent : « Histologiquement les poils qui tombent sont transformés en poils à bulbe plein, sans atrophie très notable de leur portion bulbaire.
La peau alopécique offre des lésions énormes de l’épiderme et des follicules pileux ; le derme et les voies circulatoires ne semblent pas notamment affectés.
L'épaississement de l’épiderme dans toutes ses couches, l'augmentation colossale del’éléidine (kératohyaline) ainsi que l’atrophie extraordinairement marquée des follicules peuvent être envisagés comme résultant d’un processus de réaction contre un irritant d’une intensité peu commune et pour ainsi dire sans analogue. Cet irritant paraît exalter la vitalité des éléments épidermiques les moins différenciés ou tout au moins différenciés dans le sens de la protection directe, sans produire aucune nécrose même partielle de ses éléments. Les éléments différenciées dans le sens des formations annexielles « glandes, poils, ongles » entrent au contraire en régression et s’atrophient sans qu’on puisse saisir le mécanisme intime de cette atrophie (nécrose, troubles vasculai-
res, oblitération).
Expérience de Scholtz.
Première expérience.— Une portion de la peau du dos d'un jeune porc est exposée une heure à
20 centimètres d’une ampoule de Rœntgen. On fait la biopsie vingt-quatre heures après.
Examen macroscopique. — La peau ne présente aucune modification.
Examen microscopique. — Le derme et l'épiderme ne présentent aucune modification.
Deuxième expérience. — Le temps de pose est identique, on fait l’excision de la peau sept jours après.
Examen macroscopique.— Les poils sont devenus
fragiles et commencent à tomber ; à part cela, rien de net.
… Examen microscopique. — On constate une dissociation de la couche cornée, La couche granuleuse n’est plus qu'indiquée ; elle a disparu par place. La couche des cellules à piquants est amincie. Les cellules elles-mêmes sont tuméfiées, à contours peu nets, leur volume est augmenté même dans la couche à palissade. Le protoplasma se colore fortement, mais d’une façon diffuse par l'hématoxyline. Le noyau est faiblement coloré, la chromatine est divisée en petits amas et débris. Les noyaux sont tuméfiés, dentelés, évacuolisés. On trouve des vacuoles dans le proloplasma, surtout au voisinage des noyaux et des cellules dont le noyau est divisé deux à trois fois par division directe et rien que des débuts de figures de kayokinèse. Près de la surface, les contours de cellules sont à peine visibles, et leur protoplasma est presque fusionné en une masse homogène.
Les noyaux ne sont en partie qu’indiqués schéma-
tiquement, les follicules pileux subissent des modifications identiques qui suffisent à expliquer la fragilité et la chute des cheveux. Le derme est un peu distendu par de l'œdème, les cellules des glandes sudoripares sont en légère dégénérescence ; elles prolifèrent en partie et tombent dans le canal excréteur de la glande. Les vaisseaux un peu volumineux présentent des lésions dégénératives analogues de leur tunique moyenne et surtout de leur tunique interne. Les cellules de la tunique interne sont gonflées, elles proéminent dans la lumière du vaisseau, prolifèrent dans certains endroits, se désagrègent et sont sur le point de se mêler au courant sanguin.
Dans une troisième expérience après exposition d'une durée de neuf jours, chaque séance durant un quart d'heure, l'examen macroscopique ne démontrant que la chute commençante des poils, une peau légèrement atrophique et érythémateuse, l’examen histologique ne démontra que des modifications analogues aux précédentes mais plus accentuées, caractérisées par la présence de cellules migratrices dans le corps de Malpighi et par une dilatation des petits vaisseaux du corps papillaire.
Dans une cinquième expérience conduite de la même façon, mais l’excision ayant été faite huit jours après la dernière séance, l'examen macroscopique dénota un peu de suintement, une nécrose superficielle et un fin enduit fibrino-purulent de toute la région, L'apparence de la lésion était celle d'une brûlure du deuxième degré après ablation de la
phlyctène. L'examen histologique montra l'absence du réseau de Malpighi et de la couche cornée remplacés tous deux par les leucocytes polynucléaires des globules de pus désagrégés, des débris de noyaux et un grand nombre de bacilles et de cocci colorés par le Gram. L’eschare des radiodermites se trouve donc formée de restes de leucocytes, de débris nucléaires et cellulaires et de bactéries. Les fibres conjonctives sont pour la plupart imbibées de sérosité et très gonflées.
Les cellules du tissu conjonctif sont dégénérées ; leur protoplasma est tuméfié, se colore d’une.façon diffuse, le noyau prend mal les colorants. Les vaisseaux un peu volumineux présentent la dégénérescence des cellules de leur tunique interne et moyenne. Les cellules de leur tunique interne prolifèrent, se détachent et produisent la vacuolisation des parois décrite par Gassmann. Les petits vaisseaux sont très dilatés, remplis de sang et entourés de leucocytes. Les glandes sudoripares présentent des altérations dégénératives de leurs cellules. Les follicules pileux et les glandes sébacées sont complètement dégénérés et détruits. Scholtz a aussi étudié la réparation des tissus sur la peau humaine : «L’infiltration du chorion, dit-il, disparaît, les cellules conjonctives deviennent normales et le corps papillaire, Ià où il était détruit, se reforme en couches horizontales, beaucoup plus fin et plus plein. L’épiderme se régénère d’abord à la périphérie recouvre le corps papillaire et envoie des prolongements interpapillaires. La peau est
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enfin complètement réparée, il ne manque que des follicules pilo-sébacées. » Scholtz conclut ainsi premièrement : «Les rayons de Rœntgen influencent les éléments cellulaires de la peau, ceux-ci sont atteints les premiers et subissent une dégénérescence lente : tandis que les tissus conjonctifs ne sont altérés qu’à un faible degré et secondairement à la suite de la dégénérescence des cellules. :
2° La dégénérescence atteint d’abord et surtout les cellules de l’épiderme ;
3° Les phénomènes de dégénérescence sont de nature variable et s'étendent aussi bien au noyau qu’au corps cellulaire ;
4° Dès que la dégénérescence des éléments cellulaire a atteint certain degré les phénomènes de réaction inflammatoire se produisent. Ils se manifestent par dilatation des vaisseaux, par l’imbibition séreuse des tissus, par une forte migration leucocytaire arrivant à constituer des infiltrations considérables ;
5° Les lésions des grands et des petits vaisseaux jouent probablement un grand rôle dans lévolution de l’ulcère et dans sa réparation extrêmement lente.»
Tel est exposé le plus brièvement possible l'état de la question concernant les phénomènes intimes de l’action des radiations dans la profondeur des tissus. Critiquableen ce sens qu'ils’agit seulement des radiations de Rœntgen avec lesquelles l'épilation peut être facilement obtenue, ainsi que le relatent les auteurs, les radiations de substance radioactive pro-
duisant difficilement l'épilation. Il ne faut pas prendre non plus trop à la lettre l’assimilation thérapeutique des rayons de Rœntgen aux radiations des substances actives.
M. Scholtz, déjà cité, rend ainsi compte des effets physiologiques :
I. — « Les effets physiologiques des rayons au radium égalent ceux des rayons Rœntgen.
Ils s’en distinguent en ce que :
1° Les rayons du radium exercent une plus forte action sur les vaisseaux ;
2° Ils ont une action plus profonde ;
3 Ils ont une remarquable action bactéricide.
IT. — Au point de vue thérapeutique, l’action des rayons du radium correspond exactement à celle des rayons X.
L'action des rayons du radium dépasse celle des rayons X dans les cas suivants :
1° Les rayons du radium agissent de façon plus intense et plus eflicace sur les néoplasmes malins de la peau, principalement les carcinomes ;
2° Ils agissent mieux sur les télangiectasies et les petits angiomes. »
Cetautre paragraphe qu’on pourrait appeler la physiologie pathologique de l’action des radiations sur la peau n’est encore qu'à l’état d'hypothèse. L'explication des phénomènes consécutifs à l'exposition des tissus aux radiations est encore difficile.
Physiologie pathologique. — K nous faut citer les suppositions de Gasmann qui croit à une altération
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vasculaire primitive provoquant la nécrose des tissus. Une explication admettant que la cellule vivante est tuée par coagulation de son albumine est soutenue par un autre auteur. M. Oudin attribue les accidents cutanés à une dégénérescence secondaire des nerfs trophiques de la région traitée. Les expériences entreprises à ce sujet par M. Bertin-Sans et Rodetsur des cobayes ont démontré des lésions de méningo-myélite.
M. Sala, de Pavie, a présenté au Congrès de Berne de 1902 des résultats tout à fait contradictoires avec ceux obtenus par MM. Bertin-Sans et Rodet. L'examen histologique des animaux sacrifiés n’a pas montré d’altération de la moelle ni des nerfs périphériques.
M. Leduc, de Nantes, a expliqué par une action chimique les réactions produites par les rayons X ; et cette dernière explication se trouve être d'accord avec les communications antérieures de Kienbock sur le même sujet. Ce dernier auteur conclut : (Nous devons voir dans la dermatite de Rœntgen une réaction des cellules des tissus, jusque dans la profondeur de la peau, avec trouble de nutrition, de cause chimique, produite par les rayons absorbés. » Les tendances actuelles consistent à rapprocher les rayons de Rœntgen des rayons ultra-violets et il n’y aurait rien d'étonnant à ce que les réactions qu’ils produisent fussent identiques. |
Accidents produits par les radiations. — Ges aceidents sont comparables à ceux causés par les