‹ Recherches sur l'Action thérapeutique du RadiumChapitre 8 sur 26 · EVE · texte numérisé non relu

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rayons X. Cependant, en l'absence de cas d’aceidents publiés, nous serons très brefs sur ce chapitre. On attribue aux rayons Rœntgen l’alopécie, la chute des cheveux et des poils des diverses parties du corps. Cet accident semble ne pas pouvoir se produire avec le radium; du moins nous n’avons pu le produire volontairement (Voir plus loin l’observation clinique). Quant à l'érythème, nous l'avons observé facilement, ainsi que des accidents plus sérieux, l’ulcération superficielle et même l’eschare, les plaies causées par le radium auraient tendance à ne pas se cicatriser facilement. |

Nous avons observé après emploi du radium la pigmentalion au pourtour du point d'application, avec leucodermie au centre. Mais il s'agissait de sujets très bruns, se pigmentant facilement, et chez un individu blond l'emploi du radium n’a pas provoqué de pigmentation. D'autre part, cette pigmentation n’est pas définitive, elle disparaît plus ou moins rapidement.

On doit craindre, avec le radium comme avec les rayons Roœntgen, la radiodermite. Salmon et Rehns, après chaque application de substance radioactive, font en quelque sorte un traitement préventif de l’'inflammation locale; ils appliquent des compresses stérilisées, de la pommade antiseptique (vaseline au calomel).

On a décrit des accidents tardifs survenus un certain temps après l'emploi des rayons Rœntgen. Il existerait un danger analogue après emploi maladroit du radium.

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Mécanisme de l'action normale des radiations. — La réaction sur un tissu est proportionnelle à la quantité de radiation absorbée. Kienbock, après étude de l’action des rayons X sur la peau, conclut que «le degré de réaction dépend essentiellement de la quantité de rayons qui frappe là peau». Les modifications subies par la région éclairée sont proportionnelles à la quantité de rayons absorbés. M. Danlos a démontré cette loi pour les substances radioactives, les effets doivent être dosés suivant le but à atteindre, les rayons X à dose légère stimulent la repousse dans la pelade ; une quantité plus considérable produit l'épilation (ces effets peuvent être comparés à ceux obtenus par les substances radioactives).

Tissus malades. —- La peau malade réagit plus que la peau saine. Kienbock écrit : & Une radiodermite aiguë survient plus vite au niveau d’un foyer de folliculite aiguë ou de lupus que sur la peau saine. » D’après Holtzknecht, & la réaction est d'autant plus intense que la peau est plus enflammée. » Ilest évident que tout tissu malade enflammé ne se comporte pas de la même façon, qu'un tissu sain vis-à-vis des radiations. Enfin il semble que les radiations aient une action élective sur certains tissus morbides. Pusey a trouvé dans une tumeur néoplasique exposée aux radiations des éléments cancéreux modifiés, alors que les tissus sains environnants étaient presque entièrement respectés.

Cumulation. — Certains médicaments s’accumu-

lent dans l’organisme. Les tissus réagissent propor-

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tionnellement à la quantité de rayons qu’ils ont absorbés, mais il faut tenir compte dusexe du malade, de son âge, del'état de sa plaie, de la région traitée de la nature et du degré de la lésion, et aussi d'une différence de sensibilité individuelle. M. Belot, auquel nous empruntons ces renseignements, conseille aussi de faire sur une même région une série de séances actives, lorsqu'il est nécessaire d’agir vigoureusement, puis des séries de séances de moins en moins longues, pour Cviter les réactions nuisibles.

Action sur les microbes, les toxines, les organismes inférieurs. — Cette action est de beaucoup la plus importante au point de vue thérapeutique. Drowness et Blount, dans leurs recherches commencées en 1857, avaient conclu que la lumière jouit d’un pouvoir bactéricide notable, mais inégalement réparti entre les diverses portions du spectre. C’est surtout aux rayons ultra-violets qu'est réservée cette action nocive sur les bactéries.

Cette considération fut le point de départ de la méthode de Finsen. Les travaux d’Ashkinass et de Caspari ont permis de retrouver dans les radiations complexes du radium les mêmes différences d’action sur les bactéries. Les recherches ont porté sur le micrococcus prodigiosus, que ses cultures très rouges et d’odeur forte permeltent d'observer avec une grande facilité. La préparation employée consistait en 1 gramme de sel de radium. Ce sel était étalé sur une surface circulaire, dans une capsule de laiton fermée par une lame d’aluminium, Le micrococcus

= 49 — était uniformément réparti dans un milieu à l’agar, qui était ensuite versé et coagulé dans une boite de Petri. L'action du radium fut ensuite recherchée par une méthode analogue à celle de Buchner, qui consiste à coller sur les parois de la boîte de Petri des lettres opaques en papier, permettant de constater que le développement bactérien, entravé dans les points exposés à la lumière, se fait normalement dans les zones protégées par les lettres, où il reproduit dans la culture la forme même de ces caractères. Dans d’autres expériences, avec des temps d'exposition de deux à quatre heures, les cultures exposées aux rayons de Becquerel furent complètement arrétées, tandis que des cultures témoins préparées en même temps et soustraites à ces rayons se développaient très normalement. Sans rien changer du dispositif, il suflit de replacer sur le radium là mince lame d’aluminium, pour qu'on n'obtienne plus le même arrêt de développement. L'arrêt de développement, l’action bactéricide revenant tout entière à l'influence des seuls rayons absorbables. D'autres expériences complétèrent la démonstration du fait que l'action nocive sur les bactéries est due aux seuls rayons absorbables. Caspari, introduisant des bacilles de la tuberculose dans la chambre antérieure de l'œil du cobaye, et injectant par-dessus des substances radioactives, n’a pas constaté d'infection: Hoffmann a confirmé les expériences de Caspari. Le staphylocoque fut tué après exposition de vingtquatre heures à la température de la chambre. Pour

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arriver à la destruction de la bactéridie charbonneuse il a fallu une exposition de soizante-douze heures.

Werner a montré que l’on ne peut arrêter, grâce au radium, le développement d’une infection dans une plaie déjà infectée, mais que d'autre part les tissus préalablement modifiés par l’action du radium sont très résistants à toute infection. Nous voyons que le Finsen ne donne pas de résultats analogues dans des cas identiques. Cetle propriété du radium est identique à celle des rayons de Rœntgen. D’après Werner, il existerait une action directe sur les agents infectieux. Cet auteur a cherché si l’action sur les agents infectieux ne pouvait être indirecte, par influence préalable sur les cellules de l'organisme. L'action du radium in vitro sur les agents infectieux, staphylocoque et streptocoque, dépend de l'intensité et de la durée de la radiation et n'est nullement influencée par le milieu de culture. Werner a constaté qu'il était facile d'empêcher le développement des cullures au moyen de l’action du radium. Les cultures exposées aux rayons du radium sont privées de leurs propriétés infectieuses. La dose mortelle des cultures traitées par le radium est de deux à trois fois plus forte que celle des cultures atténuées par la chaleur (expériences sur les lapins). Cependant le sérum de lapin, préparé par laction de cultures atténuées par le radium, présente des propriétés nettement antitoxiques : Ce qui serait intéressant à

noter pour la préparation des sérums thérapeuliques.

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Au microscope, on ne constate pas de changement morphologique sur les microbes traités par le radium. Quand on introduit des agents pathogènes sur des plaies sanglantes et qu’ensuite on soumet ces plaies à une radiation énergique, celle-ci ne produit aucun résultat. Werner n’a constaté aucun effet du radium sur les plaies en voie de cicatrisation spontanée. Il semble donc impossible de désinfecter directement des plaies par le radium. D'autre part c’est un fait con2u qu'il est impossible d'infecter par des microorganismes des plaies causées par le radium. En résumé les cellules de lorganisme altérées par le radium sont douées d’une grande résistance à l’action des microbes. Enfin Jagn a démontré que sous l’influence du radium le sérum lyphique soumis deux ou trois jours aux radiations perd complètement le pouvoir agglutinant. Une exposition moins prolongée ne fait qu'affaiblir le pouvoir agglutinant.

Danysz confirma les recherches d’Ashkinass et de Caspari, obtint l'arrêt de développement de tous les microbes soumis à expérience, et dans certaines conditions même la mort de certains d'entre eux. MM. Paccinotti et Porcelli ont étudié en Italie Pinfluence des rayons de Becquerel sur les cultures ; dans les tubes exposés aux rayons de l’uranium les microbes étaient déformés et ne se coloraient plus régulièrement ; les colonies cessaient de s'étendre. Scholtz a obtenu des résultats contraires en expérimentant à l’aide des rayons X. Ces expériences portèrent sur des bacilles cholériques et pyocyaniques,

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à résistance faible contre les agents bactéricides. Freund, Giesel et Welkhof, expérimentantsur le pouvoir bactéricide des substances radio-actives, n’ont obtenu aucun résultat. Les cultures se développent comme si elles n'avaient été soumises à aucune influence. Scholtz, sur le cobaye, avec des expositions de différentes parties du corps de l’animal aux rayons X, conclut : « Je n’ai pu observer dans les conditions thérapeutiques aucune influence appréciable sur la tuberculose expérimentale sous-cutanée. » M. Sabourand a pris des cheveux teigneux épilés par la radiothérapie et les a cultivés : les cultures ont poussé aussi bien que si les cheveux malades avaient été arrachés avec une pince.

Chez les organismes inférieurs M. Davilewski a vu les mouvements des paramécies jeunes diminuer et même cesser complètement sous l'influence du radium. De mêmeles œufs jeunes sont influencés, les œuf âgés ne le sont pas.

M. Rehns a essaye l'action du radium (rayonnement d’une part, émanation de l’autre) sur le virus rabique fixe. On usait de l’'émulsion ordinaire, celle qui sert pour le traitement pastorien, filtrée sur papier afin d'éviter l’objection relative à la présence des grumeaux de substance nerveuse. Quelques gouttes de la matière virulente élaient disposées dans des tubes de verre très minces au-dessus de la surface radiante. Dans ces conditions, même avec des quanütés de substance très petites, les tubes conservés à

la glacière possèdent commeles témoins, même après

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une irradiation intense, toute leur virulence, L'agent de la rage est au contraire sensible à l’'émanation du radium. Un centimètre cube d'émulsion filtrée sur papier introduit dans une petite ampoule de verre où l’on a fait le vide, est mis en communication avec une autre ampoule contenant 30 milligrammes de bromure de radium dissous dans quelques centimètres cubes d’eau. L’inoculation intra-cranienne au lapin montre que le virus a perdu toute virulence. L’émanaüon produite au fur et à mesure dans cet appareil était suffisante pour rendre en quelques heures le virus ou tout autre liquide nettement luminescent. Elle détruisait quelques centimètres cubes de la soluüon de venin au millième, ainsi que l’a signalé M. Phisalix. Elle inactivait également en peu de temps le sérum antivenimeux de Calmette, comme fait aussi le rayonnement. M. Goldberg a trouvé également que les toxines de larage et de la morve s’atténuent considérablement sous l'influence du radium.

Tizzoni et Bongiovani ont expérimenté le radium dans le traitement de la rage.

Le virus rabique in vitro traité par les émanations du radium se transforme rapidement en un vaccin très actif, les animaux auxquels on injecte dans l'œil une goutte de virus fixe exposé au radium se montrent vaccinés contre l’inoculation de virus de chien tuant les animaux témoins.

Chez les animaux déjà infectés, les séances de radiothérapie ne sont eflicaces qu'à condition d’être commencées dix heures après l’inoculation. En usant

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d’un échantillon de radium plus actif et en augmentant la durée des séances d’application, cure intensive qui n’a jamais donné d’accidents, les animaux traités dans ces conditions quarante-huit, quatrevingt-seize heures après l’inoculation, ont tous été sauvés, la mort des témoins survenant en six Jours. Ce résultat a été obtenu chez des animaux qui présentaient déjà de l'élévation thermique, de l’amaigrissement ou une parésie des membres inférieurs. Chez le lapin inoculé avec du virus fixe, on sait que la maladie une fois déclarée évolue rapidement vers la mort.

Chez un animal traité les phénomènes parétiques disparurent d'heure en heure, alors que l'animal témoin présentait des phénomènes parétiques qui ne firent que s’accentuer. Ce sont là des résultats qui ne peuvent être atteints ni par la sérothérapie, ni par la vaccination.

M. Phisalix a constaté que l’émanation du radium fait perdre complèlement les propriétés toxiques du venin de serpent, alors que le venin de certains batraciens, en particulier ceux de la salamandre terrestre et du crapaud, ne sont nullement affaiblis par le radium. Enlin les radiations agissent également sur les ferments, l'invertine, l’'émulsine, la trypsine, soumises à l’action des radiations, perdent progressivement leur activité, et après plusieurs jours d’exposition deviennent complètement inactives, ainsi qu'il résulte des recherches de MM. Henri et Meyer. De même les hématies, soumises à l’action du radium,

perdent leur résistance, abandonnent de l'hémoglobine et des sels à des solutions de sel ou de sucre qui laissent intacts les globules normaux. L’oxyhémoglobine est transformée en méthémoglobine et lentement précipitée. Enfin pour terminer citons les intéressantes expériences de M. Bohn qui, en exposant aux rayons du radium des œufs d’oursin ou de jeunes têtards de grenouilles, a obtenu des évolutions anormales aboutissant à la formation d'embryons: monstrueux. Le professeur Perthes a constaté également que des œufs d’ascaris mégalocéphale, exposés au rayonnement, subissent une évolution plus lente que les œufs témoins et présentent de l'irrégularité de développement ; les cellules, au lieu de constituer un embryon normal, sont groupées dans l'œuf en amas informes. L'exposition des œufs à une quantité moindre de rayonnement aboutit à la formation d’embryons normaux dans une partie de leur corps, monstrueux dans le reste.

Action sur les divers organes.— Action sur l'œil. — Le radium détermine de la fluorescence des milieux oculaires. Il ne faudrait pas en conclure que: le cristallin joue ici le rôle d’absorbant comme pour les rayons ultra-violets. Peut-être y a-t-il des rayons déterminant la fluorescence, tandis que d’autres, traversant facilement les milieux, exercent directement une action nuisible sur la rétine. Le radium a éveillé un moment l'espoir qu'il allait être utilisé comme moyen de diagnostic (Javal) et dans l’ensei-

gnement aux aveugles (London). Malheureusement

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l’aveugle, dont l'appareil percepteur de la lumière est détruit, ne perçoit pas davantage par le radium que par les rayons lumineux. Le pourpre rétinien ne pâlit pas et la migration du pigment rétinien n’a pu être relevée.

Sur la peau, l'action est analogue à celle des rayons X : production d’'érythèmes après latence de quinze jours, érythèmes pouvant aboutir à la nécrose et à l’ulcération.

Halkin a constaté ehez l’homme, le lapin, le porc, une dégénérescence à une profondeur moyenne des cellules endothéliales des vaisseaux. |

Après la peau, c’est le {issu nerveux qui est le plus sensible. La musculature et les membranes séreuses sont moins intéressées. Il ne s’agit pas seulement d’un simple processus dégénératif (figures de division nucléaire, cellules épithéliales binucléées). On a vu dans les vaisseaux le facteur principal de la régression des éléments. cellulaires (effets thérapeutiques sur les tumeurs) ; or, les modifications épithéliales sont sous la dépendance directe des radiations et non des troubles vasculaires.

L'effet du radium sur les cellules ganglionnaires de la rétine n’est point spécifique : vacuolisation du protoplasma, chromatolyse, destruction nucléaire et cellulaire, comme on les détermine dans les amauroses expérimentales par la quinine, l’extrait de fougère mâle, après la section du nerf optique, et dans les altérations post mortem. Ces modifications rétiniennes ne sont pas l'effet des lésions vasculaires.

On peut établir que les vaisseaux sont normaux et les voir dans le domaine vasculaire de la rétine. La dégénérescence du nerf optique est une dégénérescence secondaire ascendante, consécutive à une lésion primordiale des cellules rétiniennes.

On trouve d’ailleurs des fibres optiques normales, les cellules nerveuses rétiniennes sont donc atteintes dans une mesure inégale, L'emploi du radium en thérapeutique oculaire présentera les mêmes indications que l'emploi des rayons X. Le carcinome palpébral sera surtout tributaire de l’action du radium, ce dernier étant plus actif que les rayons X dans les télanglectasies.

Comme les expériences de Schwartz l'ont montré, les radiations ont une action d’autant plus énergique que les cellules sont plus riches en lécithine; c’est ce qui explique que les cellules nerveuses de la rétine soient particulièrement influencées, de même que les autres éléments cellulaires riches en lécithine (spermatozoïdes), et que les tissus en voie d’accroissement, qui contiennent en abondance de la lécithine (cellules épithéliales, cellules néoplasiques).

Action sur les glandes. — liate.— Les recherches de Heineke ont révélé des faits intéressants consistant dans une action profonde et délétère des rayons de Rœntgen sur les organes internes des petits animaux: des souris blanches et de jeunes cobayes, après avoir subi pendant une série d'heures des irradiations intenses, meurent dans un délai de sept à quatorze jours. À l’autopsie la rate est extrême-

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ment petite, de coloration sombre jusqu'au brun noir. À l’examen microscopique, il constata une augmentation excessive du pigment de la rate, une disparition des follicules de Malpighi, une raréfaction étendue des éléments cellulaires de la pulpe splénique.

La première lésion en date est la destruction des follicules. En irradiant simultanément un grand nombre d'animaux de même volume, qu'il sacrifiait ensuite, Heineke a découvert un fait très important; les modifications cellulaires qui conduisent à la disparition des follicules de la rate commencent quelques heures seulement après le début de l’irradiation, atteignant leur summum entre la huitième et la douzième heure et sont après vingt-quatre heures essentiellement achevées ; elles consistent dans la mort des lymphocytes des follicules et dans la division de leurs noyaux, dont les débris deviennent la proie des phagocytes et disparaissent rapidement. Des processus de destruction tout à fait analogues sont observés simultanément dans tous les groupes de ganglions lymphatiques du corps, dans les follicules du canal intestinal et chez les jeunes animaux dans le thymus. Ils n'apparaissent dans la moelle osseuse qu'un peu plus tardivement, chezle chien également.

Heineke à démontré plus tard que dans la rate et les organes lymphoïdes on obtient les mêmes lésions histologiques avec le radium qu'avec les rayons X.

Suite de l'action des radiations. — Action sur les glandes de l'appareil reproducteur. — À ce pro-

pos nous devons citer les opinions émises par Allen Schonberg et Frieben: les rayons X auraient sur les organes reproducteurs une influence spéciale. Les cobayes mâles, exposés aux rayons X pendant plusieurs séances, étaient accouplés avec des femelles qui n’avaient subi aucun traitement. Les couples étaient gardés en cage pendant quinze jours à cinq mois. Aucune femelle ne devint grosse, aucune ne mit bas. Les animaux mâles soumis aux rayons X n'avaient présenté aucun trouble dans leur état général et avaient conservé leur appétit sexuel, ainsi que la faculté de copulation. Des animaux témoins conservèrent leur pouvoir fécondant chez tous les animaux mâles soumis aux irradiations. À l’autopsie les testicules avaient subi une atrophie de la moitié ou des deux tiers deleur volume. Au microscope on ne trouva ni spermoblaste ni spermatogenèse. En somme, nécrospermie se changeant en azoospermie avec atrophie tesliculaire finale. L'action azospermie a également été constatée par Heineke chez l’homme. Cet auteur cite le cas d’un pauvre homme phtisique, père de famille, et qui accepta une stérilisation destinée à protéger sa famille de la faim et de la tuberculose.

Chez ce patient soumis à trente irradiations, d’un total de 365 minutes, la ponction testiculaire révéla six mois après le traitemént l'absence totale de spermatozoïdes. Un deuxième malade atteint de prurit anal fut traité avec son consentement quant aux

conséquences génilales probables par 199 minutes

d'irradiations espacées pendant quinze jours, six mois après, l'examen microscopique du sperme révéla l’infécondité bien que l’appétit sexuel fût normal. Conclusion: La Rœntgénisation du testicule humain le stérilise à dose moindre encore que dans les cas expérimentaux. Les résultats obtenus chez le cobaye par Schonberg se trouvent confirmés par Seldin qui a remplacé le rayonnement du tube de Crookes par le rayonnement du radium.

Action sur le système nerveux. — Rodet et Bertin ont constaté outre les lésions cutanées, des paralysies et des crampes survenant sur de petits animaux. Ils ont trouvé à l’examen des altérations de méningomyélites sur toutes les régions de la moelle qui répondaient aux régions cutanées intéressées. Ils ont constaté de l’épaississement et des adhérences des méninges, de la congestion médullaire et de l’hyperplasie cellulaire et même des petits foyers hémorragiques.

Cette méningomyélite n’était pas d’origine septique, puisque l'examen bactériologique du sang, du liquide céphalo-rachidien et de la moelle a donné des résultats négatifs. M. Danysz a constaté que lorsqu'on glisse dans la peau d’une souris âgée d'un mois un tube de verre contenant environ 1 centigramme de sel de radium à 500.000 de façon à le placer exactement le long de la colonne vertébrale et d’une partie de crâne, on provoque déjà au bout de trois heures des phénomènes de paralysie.

Au bout de sept à huit heures, la petite souris est

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