H. — ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMELLE
Les organes génitaux de la femelle sont, d'après Treviranus [iSSa], formés de deux larges vaisseaux qui se réunissent vers Torifice sexuel, ce dernier s' ouvrant sur la poitrine. Heller [i858] a reconnu un ovaire, deux conduits ovariques, un utérus et une gaine utérine chitineuse. L'ovaire est situé en avant de r « anus » et s'étend au-dessus du « cloaque ». Des deux côtés de l'ovaire sortent deux conduits tortueux, qui se dirigent en avant, se recourbent en arc, et viennent aboutir dans l'utérus. De chaque côté de l'utérus se trouvent deux petites glandes annexes à contenu brunâtre.
Pagenstegher [i 861-1862] soit chez \e»IxodeSy soit chez les Argas, reconnaît la même disposition et confirme les observations de Heller.
Les observations, assez justes, de ces auteurs sont cependant encore incomplètes et nécessitaient de nouvelles recherches.
Gomme pour les organes génitaux du mâle, aucun travail n'a été publié depuis ceux de Pagenstegher sur cette question.
Les organes génitaux de la femelle s'ouvrent sur la face ventrale dans une position analogue à celle de l'ouverture des organes génitaux du mâle, mais un peu plus en avant du corps. L'ouverture femelle fait une très légère saillie à la surface des téguments, et n'est protégée par aucun organe spécial (fig. 84). A l'ouverture fait suite une gaine chitineuse, qui, en
coupe transversale, paraît très fortement plissée (fig. 85) et dont Tensemble a une forme ovale, allongée transversalement.
De cette gaine chitineuse ou utérus partent deux conduits, les oviductes, repliés plusieurs fois sur eux-mêmes et aboutissant à la base de Tovaire.
L'enveloppe des oviductes est constituée par une tunique élastique à cellules non délimitées entre elles, et à très gros
Fio. 84. — Coupe sagittale de Touverture génitale femelle de Hyalomma syriacum^ o ouverture génitale (gr. 235).
Fio. 85, — Coupe frontale dans l'ouverture génitale femelle de Ixodes hexagonus, montrant les replis chitineux de la paroi fgr. 400).
Fio. 86. — Paroi de Toviducte d'/a?odes hexagonuSy n noyaux (gr. 665).
noyaux ; ceux-ci occupent une place considérable dans l'épaisseur de cette tunique (fig. 86).
Après Taccouplement, les oviductes sont remplis par les spermatozoïdes : très souvent, ils forment de gros amas ovoïdes (pi. III, fig. i4) qui distendent les conduits. Ceux-ci, en se dilatant, présentent un aspect noduleux comme Pavait remarqué Pagenstegher. Chez les Hy arachnides^ ces élargissements de l'oviducte ont reçu le nom de receptaculum seminis; je ne crois pas que chez les Ixodidx on doive leur attribuer une dénomination spéciale, car, d'une part, leur position et leur nombre est très variable, et, d'autre part, l'oviducte n'est pas modifié en ces régions.
La fécondation se fait dans les ovidactes comme cela a lieu très vraisemblablement chez les Prostigmates.
Au point où les oviductes débouchent dans Tutérus on trouve, situées de part et d'autre de Touverture génitale, deux petites glandes annexes. Ces glandes sont formées de deux tubes courts à épithélium cylindrique ; les cellules présentent à leur base un gros noyau (fig. 87). Je n'ai pas trouvé dans ces glandes de sécrétion spéciale à des époques éloignées de la ponte ; mais, peu avant le dépôt des œufs, ces glandes renferment un liquide brunâtre qui se déverse sur les œufs et sert à les protéger contre la dessiccation.
L'ovaire arrivé à son complet développement chez Tadulte a, comme chez la nymphe, l'aspect général d'un V ou d^un fer à cheval, et il s'étend sous forme de deux longues cornes jusqu'à la base du cerveau. Postérieurement, ces deux cornes se réunissent en une large masse centrale située au-dessus de la vessie urinaire. Les éléments les plus jeunes de l'ovaire, comme ceux du testicule, se trouvent à l'extrémité antérieure de la glande. Les ovogonies se divisent activement ; leurs noyaux sont souvent disposés à la périphérie des compartiments de l'ovaire. Peu après, ces cellules augmentent de volume et leurs noyaux deviennent de
plus en plus nets (pi. IV, fig. 23).
Les filaments de chromatine, très visibles dans les noyaux des cellules jeunes, disparaissent rapidement, et ceux-ci prennent un aspect homogène à mesure que les ovogonies se transforment en ovocytes.
Les ovules comprimés les uns contre les autres sont plus ou moins polygonaux (fig. 88) par suite de la compression qui s'exerce entre eux» Leur nucléole^
Fig. 87. — - Glande génitale annexe femelle de Jxodes fiexagonus , n noyaux (gr. 665).
Fio. 88. — Coupe dans l'ovaire de- Ixodes hexagonns adulte, n noyaux, k nucléole (gr. 3oo).
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est bien distinct, mais c'est surtout après la fécondation qu'il deviendra très visible.
Il m'a semblé que toutes les cellules de Tovaire évoluaient en ovules ; je n'ai pas trouvé de cellules vitellogènes dans les gaines ovariques.
Au moment de la ponte, on trouve quelquefois, cheminant dans les oviductes, des œufs fécondés avec un noyau et un nucléole très net. Les œufs ont pris alors leur forme générale ovoïde ; une fois pondus, ils mesurent, suivant les espèces, de 5oo à 700 [/. de longueur sur 35o à 45(T/x de largeur.
L'œuf, très riche en vitellus, est enveloppé d'un chorion mince, homogène et sans aucune ornementation extérieure.
Résumé. — A. Les organes génitaux du mâle sont constitués par une paire de volumineux testicules ; les canaux déférents, fortement extensibles, acquièrent un développement considérable au moment de Taccpuplement. Il existe deux formes de spermatozoïdes : les uns représentés par une sorte de bâtonnet cylindrique avec un long noyau filiforme; les autres constitués par un long filament terminé par une cupule d'où s'échappe du protoplasma diffluent. Ces deux formes de spermatozoïdes sont animées de lents mouvements d'oscillation latérale.
D'importantes glandes annexes, formant trois groupes à structure histologique différente, débouchent dans Torifice génital à côté des conduits déférents.
Ces glandes annexes comprennent :
i*^ Une paire de glandes soudées suivant la ligne médiane : glande médio-dorsale ;
*2P Une paire de glandes situées contre la face ventrale : glandes ventrales ;
3° Une paire de longues glandes s'étendant en arrière des précédentes : glandes postérieures.
L'ouverture génitale mâle est fermée par une plaquette de chitine rigide, servant d'organe d'accouplement.
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B. Les organes génitaux de la femelle comprennent une paire d'ovaires, soudés postérieurement, et se prolongeant en avant par deux cornes latérales.
Les oviductes, longs et contournés sur eux-mêmes, débouchent dans un vagin chitineux et plissé, après avoir reçu la sécrétion de deux petites glandes annexes, situées de part et d'autre de Tutérus.
L'ouverture génitale s'ouvre librement à l'extérieur.
On trouve, après Taccouplement, dans les oviductes, de gros amas globuleux de spermatozoïdes ; c'est là qu'a lieu la fécondation des œufs.
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