DISTRIBUTION DES GLANDES
ment mentionné l'existence de glandes acineuses dans la région pylorique.
Vers la fin du sphineter pylorique, les glandes en tube deviennent plus simples, sont partout égales en diamètre et complètement remplies d'épithéliurn cylindrique. Elles prennent alors le nom de cryptes de Lieberkùhn. C'est le commencement du tube intestinal.
D'après la description ci-dessus, on serait tenté de croire que chaque espèce de glandes est rigoureusement reléguée dans un département spécial du ventricule. 11 n'en est rien. La distribution des glandes n'est nullement régulière ; car non loin de la grande courbure on peut rencontrer des tubes entièrement remplis de cellules cy lindriques, et, par contre, il n'est pas rare de trouver vers le pylore des tubes à moitié garnis de cellules granuleuses. Klein déclare qu'il est ainsi impossible de conclure à l'existence de deux espèces de glandes, les unes composées uniquement de cellules granuleuses, les autres ne renfermant que de l'épithélium cylindrique.
Toutes les glandes de l'estomac ont une paroi ou membrane enveloppante très mince. Henle a remarqué dans cette paroi la présence de petites cellules étoilées, unies et granuleuses, après durcissement par le bichromate de potasse. Il émet aussi quelques hypothèses sur l'existence de cellules nerveuses. Cette membrane enveloppante est ondulée chez l'homme, elle présente des excavations profondes chez quelques animaux, le Chien par exemple.
Telles étaient les idées classiques qui avaient cours dans la la science avant les intéressantes recherches de Hcidenhain, de Rollett et d'Ebstein. Ces auteurs jetèrent sur la question une nouvelle clarté.
DESCRIPTION DE HEIDENHAIN 19
Heidenhain, clans un Mémoire publié en 1870 *, a surtout examiné l'estomac du Chien et l'a pris comme type. Il émet d'abord sur la sécrétion gastrique une idée qui provenait des anciens errements des physiologistes et qui ne peut plus être soutenue aujourd'hui : il admet la destruction des cellules au moment de la digestion et leur reproduction dans les intervalles interdigestifs.
Il décrit ensuite trois sortes de cellules :
1° Des cellules cylindriques et claires formant une couche épithéliale continue ; ce sont les cellules principales ou Hauptzellen (pl. I, fig. 2 G);
2° Des cellules granuleuses, grosses et arrondies, faisant saillie en dehors sur les côtés du tube glandulaire et appliquées sur la face externe de sa membrane pro pre, dans des diverticulums particuliers du tissu connectif, cellules qu'il a colorées au bleu d'aniline. Dans la pl. I (fig. 1, A et B), on voit ces éléments se détacher en plus foncé. Il leur donna le nom de cellules de revêtement ou Belegzellen (Voir aussi pl. I, fig. 2, B, et %. 3);
3° Enfin il a vu à la périphérie du canal et à sa partie supérieure, situés çà et là entre les cellules principales, de petits éléments qui se colorent en jaune sombre, à gros noyau et à petit anneau protoplasmique. Il crut d'abord que c'était le fait d'un artifice de préparation, une section d'une partie d'une cellule de revêtement ; mais la coloration plus intense, la présence constante du noyau et la possibilité de les isoler par dissociation, lui firent
1 R. Heidenhain in Breslau. Untersuchungen iiber den Bau dey Labdrùscn. (Arehiv ftmikri Anat. 1870.)
ÎO DESCRIPTION DE HEIDENHA1N
rejeter cette idée. Toutefois il prétend que l'on pourrait voir ici des éléments jeunes de cellules de revêtement, en voie de développement. Il faut bien retenir cependant que leur présence n'est nullement en rapport avec une phase déterminée d'activité physiologique ; car on les rencontre aussi bien chez l'animal à jeun que chez celui qui est en pleine digestion. Ces petits éléments sont tantôt groupés, tantôt isolés ; un grand nombre de canaux en sont totalement dépourvus. (V. pl. I, fig. 2 A et fig. 3.) M. Gadiat est le seul auteur qui fasse allusion à cette troisième espèce de cellules ; il pré teud même qu'elles correspondent aux demi-lunes, décrites par Gianuzzi dans les glandes salivaires.
Voici maintenant comment Heidenhain conçoit la distribution des cellules principales et des cellules de revêtement dans chaque glande. Il divise la glande en trois parties : orifice, col et corps.
V orifice est cratériforme, répondant à plusieurs canaux tapissés d'épithélium cylindrique caliciforme. A la partie inférieure de l'orifice, on rencontre des cellules colorées et des cellules cylindriques.
Le col renferme un grand nombre de cellules colorées ou de revêtement, situées en dehors et discontinues, et de plus un petit nombre de cellules principales.
Enfin le corps contient beaucoup de cellules claires et des cellules de revêtement, moins abondantes qu'au col.
Les cellules principales existent toujours dans toutes les parties de la glande. Ebstein1, dans un- travail sorti
1 \V. Ebstein, Beitrage jtur Lehi'e- vom Bau und den physiologischen Funktionen der sogenanntcn Magenschteimdrùsen (Aus dem physiol. Institut zu Breslau). Arch. f. mihr. Anat., 1870.