EXPOSÉ DE LA METHODE
Nous allons suivre, dans l'exposé que nous nous proposons de faire, une méthode un peu différente de celles qu'on emploie ordinairement pour la solution de questions analogues.
Si, au lieu de définir l'anatomie générale, Vanatomie comparée limitée à un seul organisme (comme l'a fait M. Ranvier), nous la poursuivons dans une série d'organismes différents, si, de la comparaison des formes ob servées, nous déduisons la loi générale qui préside à la complication d'un tissu ou d'un organe donné, considéré dans la série, nous faisons l'anatomie générale comparée de V objet en question.
Cette méthode permet, on le conçoit, de passer des formes très simples à d'autres qui le sont moins, puis à celles qui se présentent . avec le maximum de complexité.
A chaque pas, du reste, les histologistes ont recours à l'anatomie générale comparée. Quand ils choisissent un objet d'étude pour examiner certains détails de structure, et que par exemple, ils prennent le poumon de la Grenouille pour servir de type delà disposition du revêl < ■] i k ■! 1 1 < ' 1 1 do thél ial des alvéoles pulmonaires, ils cessent de limiter leur étude à un seul organisme et recourent à L'anatomie comparée.
Pour toutes les questions de morphologie générale, il
2i EXPOSE DE TA METHODE
parait évident que la méthode que nous nous proposons de suivre est la seule qui nous fournira, dans nombre de cas , des renseignements précieux. Elle seule nous permettra de procéder du simple au composé, d'étudier chaque élément d'un tissu dans sa forme la moins com pliquée, si l'objet d'étude est bien choisi. En effet, les différents termes de la série animale nous offrent, aussi bien dans la complication 'graduelle de leurs tissus que dans celle de leurs formes extérieures, une succession de types variés qui se rangent en véritable série. Certains tissus et les éléments de certains organes se montrent, en effet, chez un animal donné, dans un état de simplicité pour ainsi dire idéal, puis ils se compliquent chez d'autres êtres à mesure que les besoins d'adaptation à de nouvelles fonctions plus complexes nécessitent la transformation et la complication des éléments anatomiqu<s. Cetle différenciation organique se faisant le plus ordinairement par des modifications d'éléments préexistants , c'est-à-dire en suivant la loi d'économie, il en résulte qu'en procédant d'abord à l'étude d'un organe simple, on en conçoit immédiatement la signification morphologique fondamentale. Les connexions entre l'élément encore peu différencié et celui qui l'est au plus haut degré deviennent alors saisissables.
Ceci peut se montrer par quelques exemples simples. Considérons la constitution d'un élément cellulaire contractile, en prenant d'abord pour objet d'étude la fibre musculaire lisse de certains mollusques, les poulpes par exemple : nous reconnaissons immédiatement que chaque cellule contractile est formée d'une masse de protoplasma, contenant un noyau ; à la périphérie de ce pro-