‹ Recherches sur l'anatomie générale comparée et la signification morphologique des glandes de la muqueuse intestinale et gastrique des animaux vertébrésChapitre 22 sur 71 · PLIS GLANDULEUX · texte numérisé non relu

PLIS GLANDULEUX

poissons Gypriuoïdes, ces plis longitudinaux se poursui vent sur la valvule spirale. L'épithélium qui tapisse leur fond est absolument identique à celui qui tapisse leurs crêtes, de telle sorte qu'il s'agit, d'une part de sillons destinés à multiplier la surface épithéliale à la fois secrétaire et absorbante, et d'autre part, il ne s'agit nullement d'une différenciation du fond du pli, au point de vue des éléments anatomiques qui entrent dans la composition de l'épithélium à ce niveau. Ces deux caractères généraux sont importants, car nous pouvons dès à présent poser en principe, quitte à justifier plus tard l'assertion, que le sillonnement longitudinal de la muqueuse intestinale des poissons Cyprinoïdes, constitue le premier stade de la formation des glandes de Lieberhùhn.

En effet, non seulement chez certains poissons, parmi lesquels il convient de citer la Perche (Perça fluvia ■ tilis, f. des Acanlhoptéri/giens), il existe des plis longitudinaux dans l'intestin, mais encore un système de plis transversaux , plus ou moins interrompus et transformant les sillons en autant de petites fossettes irrégulières. Chez les Cyprinoïdes eux-mêmes, la disposition que nous venons d'indiquer existe sur un point déterminé du tractus intestinal, nous voulons parler de la région élargie qui fait suite au cardia et qui constitue le premier vestige de l'estomac. C'est ici le lieu d'indiquer sommairement comment s'effectue la différenciation première de cet or gane. Chez certains Cyprinoïdes, et notamment chez la Carpe, l'estomac est marqué par une simple dilatation fusiforme, et l'on est obligé, pour reconnaître ses limites, d'avoir recours à un artifice. Bien qu'au point de vue morphologique, la cavité stomacale ne soit point dif-

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fèreneiée pour ainsi dire, elle commence a l'être foneliounellementj et en même temps que les rudiments do glande que nous allons décrire, apparaît la sécrétion acide caractéristique, dans la série, de la présence du suc gastrique. Avant donc d'étudier l'estomac chez ces animaux, il convient de promener un papier de tournesol ramené au bleu, à la surface du renflement fusiforme, en commençant l'opération par l'un de ses chefs et en la poursuivant pour la terminer par l'autre. Toute la zone acide correspond à l'estomac. L'opération que nous venons d'indiquer constitue la recherche de l'objet d'étude.

Des fragments de la région ainsi reconnus sont enlevés et durcis ultérieurement ; ou mieux, lorsque l'on a bien reconnu sur un animal les limites de l'estomac, l'on injecte dans ce dernier, sur un autre sujet et entre deux ligatures, de l'alcool à 30° de Cartier. L'estomac se gonfle, blanchit ( t au bout de quelques minutes, il est fixé dans sa forme. On l'enlève alors, on le place pendant 24 heures dans l'alcool à 36°, puis on achève le durcissement par la méthode ordinaire, c'est-à-dire par l'action successive de la gomme et de l'alcool. 11 devient dès loi s extrêmement facile de pratiquer des coupes méthodiques de la paroi stomacale. Ces coupes doivent être faites suivant deux directions : 1° perpendiculairement à la surface et dans divers sens ; 2.° parallèlement à cette dernière.

Les coupes normales à la surface sont reçues dans l'alcool ; on les porte, en opérant toujours sous l'alcool, sur la lame de verre porte-objet, puis lorsque l'alcool s'est à peu près complètement évaporé et que la préparation adhère faiblement à la lame de verre, on ajoute une goutte d'eau ou mieux d'alcool au tiers. Sans ces

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précautions, les éléments délicats qui entrent dans la constitution de la muqueuse stomacale seraient brusquement dissociés par Faction de l'eau. L'on ajoute ensuite, de préférence en la faisant pénétrer par capillarité sous la lamelle, une petite quantité de picrocarminate d'ammoniaque, et quand la coloration est opérée, l'on substitue lentement et toujours par capillarité de la glycérine picro- carminée *.

Les coupes perpendiculaires a la surface et à la direction générale des plis stomacaux permettent de constater les particularités suivantes. Les plis sectionnés forment des festons d'apparences diverses; au lieu d'être largement séparés, comme il arrive dans l'intestin, ils sont fréquemment rapprochés les uns des autres de telle sorte que toutes les réduplications se touchent à la partie profonde et s'écartent au voisinage de la crête des plis , de façons diverses et souvent assez bizarres. Lorsque les plis sont très rapprochés, les interlignes qui les séparent sont étroits, et, surtout à la base des plis, ces interlignes deviennent linéaires, de façon que le revêtement du pli qui précède n'est séparé du revêtement du pli qui suit, que par un espace minuscule ressemblant beaucoup à la lumière d'un tube glandulaire.

Lorsque l'on pratique des coupes parallèles à la surface de la muqueuse, on sectionne un grand nombre de plis. Gomme ces plis sont disposés eux-mêmes sur des ma -

1 La technique que noua venons d'indiquer ici, une fois pour toutes, est celle que l'on doit suivre dans l'examen de la plupart des glandes intestinales. Nous n'y reviendrons donc pas ultérieurement, nous contentant d'indiquer dans chaque cas particulier les modifications qu'il convient d'apporter à cette méthode générale.

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