PLIS DE L'ŒSOPHAGE DE LA VIPÈRE
façon de petites feuilles planiformes, entre lesquelles existent de minimes espaces (Pl. II, fig. G). Si l'intestin ou l'estomac est rempli d'un liquide, chaque petit système flabelliforme nage librement dans ce dernier et n'est relié à la sous-muqueuse que par les extrémités effilées de ses cellules composantes, réunies en pédicule au niveau du point d'attache ; de cette façon , la surface d'absorption et de sécrétion se trouve énormément multi pliée. Nous avons insisté ici sur cette disposition, non seulement parce qu'elle est curieuse en elle-même, mais encore surtout, parce qu'elle constitue un mode de multiplication des surfaces épithéliales qui, à' notre connaissance, n'avait pas été signalé jusqu'ici.
L'œsophage de la Vipère commune nous présente une disposition de plis épithéliaux plus compliqués encore. Si l'on examine des coupes transversales delà partie moyenne de l'œsophage, on aperçoit une disposition dentelée très riche. Le derme muqueux pousse de longues pointes répondant à de grands plis longitudinaux. Chacun de ces prolongements muqueux est lui-même muni de prolongements secondaires parfois légèrement ramifiés. Les sommets de deux prolongements voisins se rapprochent du côté de là lumière œsophagienne pour ne laisser entre eux qu'un espace étroit. Les coupes transversales offrent ainsi l'aspect d'acini composés. Des cellules épithéliales caliciformes tapissent toute la surface des plis œsophagiens et une épaisse couche de mucus remplit tous les espaces. (Pl. V, fig. 22) . Il s'agit donc ici, non de glandes véritables, mais d'un système de plis rédupliqués analogues à ceux qui seraient produits par une étoffe que l'on voudrait introduire dans une boîte trop petite et que l'on serait obligé,
,42 ENDOTHÊLIUM SOUS-F<PITHÉLIAL
. à cet effet, de chiffonner longitudinalement. (Pl. V, fig. 22.)
Les travées connectives qui soutiennent les plis de la muqueuse et qui forment la charpente des petites fossettes glandulaires que nous avons décrites chez les poissons, sont formées par du tissu connectif soutenant des vaisseaux. Ces derniers décrivent des réseaux autour de la cavité glanduleuse. C'est ici le lieu de se demander s'il existe au-dessous du revêtement épithélial et séparant ce dernier du derme muqueux, des éléments analogues à ceux que M. Debove a signalés sous le nom d'endothélium sous-épithélial. L'examen le plus superficiel permet de constater au niveau des fossettes glanduliformes de l'intestin et de l'estomac des Cyprinoïdes qu'il n'existe aucune disposition analogue à celle indiquée par M. Debove dans les glandes tubuleuses de certains animaux. L'épithélium cylindrique n'est séparé du derme muqueux que par une couche de petites cellules rondes constituant une rangée analogue à la couche profonde juxta papillaire des cellules du corps de Malpighi. L'imprégnation d'argent suivie d'un lavage au pinceau soigneusement effectué, permet de constater de plus, directement, qu'il n'existe pas sous l'épithélium de dessin endothélial analogue à celui décrit par M. Debove dans l'intestin delà Grenouille. La notion de l'endothélium sous-épithélial manque donc tout au moins de généralité, et d'un autre côté, l'opinion qui voudrait faire de cet endothélium la paroi propre des glandes tubuleuses, n'est pas applicable à la constitution des glandes cependant très simples que nous venons d'examiner et dont l'épithélium, facilement caduc, se prête cependant très bien à l'observation des cou-