ÉTUDE DES GLANDES TUB U L I FOR MES DITES DE LIEBERKUHN
Certains animaux, même assez élevés dans la série, tels que, par exemple, la Gistude d'Europe, ne possèdent pas plus de glandes tubuliformes vraies que certains Cyprinoïdes. Chez cet animal, en effet, le duodénum ne renferme que des plis dont la surface et le fond sont identiques au point de vue de l'épithélium. La Cistude possède donc une disposition glanduleuse même moins avancée que la Carpe, chez laquelle le fond des fossettes glanduleuses prend une disposition nette en doigt de gant qu'une imprégnation grossière au nitrate d'argent rend manifeste sur la muqueuse étalée. Mais chez les animaux supérieurs, on observe dans l'intestin de véritables glandes tubuleuses s'enfonçant dans la muqueuse et constituées de la manière suivante. Ces glandes sont absolument cylindriques, l'épithélium qui les tapisse est un épithélium à plateau strié, entre les éléments duquel s'intercalent des cellules à mucus plus ou moins nombreuses, suivant que l'on examine la glande à des hauteurs différentes. Nous prendrons pour exemple les glandes de Lieberkûhn du côlon flottant des solipèdes. Chez l'Ane, si l'on pratique des coupes perpendiculaires à la surface
1 Dehovc, Mémoire sur la coucha cndothe'liale sous-epithcliale des membranes muqueuses. (Archives de physiologie, 1871, p. 19.)
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du côlon flottant, on voit au voisinage de leur ouverture, les glandes de Lieberkiihn présenter un épithélium surtout composé de cellules à plateau renfermant dans leur intervalle un petit nombre de cellules à mucus intercalaires. Dans la région moyenne, les cellules à mucus augmentent considérablement de nombre et deviennent proémi nentes; enfin, clans la région tout à fait profonde, celles qui forment le fond du cul-de-sac, les cellules à mucus deviennent de nouveau très rares et l'épithélium à plateau strié est au contraire prédominant. Cette répartition des éléments de l'épithélium dans la glande n'a du reste rien de typique; elle varie suivant les régions. C'est ainsi que, chez le même animal, le cul-de-sac des glandes duodénales est riche en cellules muqueuses, tandis que la région moyenne et supérieure de la glande en est presque dépourvue. Quoi qu'il en soit, on voit la glande de Lieberkiihn possédant un revêtement épithélial qui n'est autre que celui de la surface, séquestré pour ainsi dire et mis à part, pour former un petit tube sécréteur ; mais, tandis que chez les animaux inférieurs, tels que les poissons Cyprinoïdes, l'épithélium reste identique à la surface de la muqueuse et dans les fossettes glanduliformes de cetU1 dernière, c'est-à-dire, tandis qu'il est seulement dispose sous la forme d'une ébauche de glande, dans la glande de Lieberkiihn vraie, il se modifie légèrement, puisque cer • taines régions de cette glande deviennent plus riches que les autres en éléments sécréteurs, c'est-à-dire en cellules à mucus.
Les glandes de Lieberkiihn versent donc par leur orifice un produit de sécrétion qui, chezlesanimauxinférieurs, n'est pas autre chose qu'un mucus identique à celui de la
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surface. Le maximum de différenciation répond pour ces glandes à ce que nous avons observé chez les solipèdes : ici le mucus est peu différencié, il est vrai, mais cependant le groupement des éléments épithéliaux étant un peu différent dans la glande et au niveau de la surface, la formule que nous avons donnée pour caractériser morphologiquement la glande de Lieberkùhn subsiste dans sa généralité.