DES PRINCIPES
Il est également à propos d'avertir que par principes on n'entend nullement ici les idées de droit et de devoir qui entrent communément dans le» notions
de la morale. Ces notions ne tiennent pas assez de place dans la pratique de la vie poui' qu'on en tienne compte dans un ouvrage qui reflète avec cru dite quoique non sans grâce, du moins on l'espère, la société contemporaine.
Nous entendons par principes, la chaîne des idées bonnes ou mauvaises de chaque homme en particulier sur l'ensemble des choses de la vie sociale. Il est suffisamment démontré que ce ne sont pas les idées justes qui ont le plus d'empire sur les hommes, mais seulement leur caractère apparent ou réel de nou-
jveauté, leurs formes plus ou moins passionnées et
1 leurs liaisons brillantes.
Sans un très-grand fond d'idées générales on n'a pas de niveau intelle(^tuel et il ne faut pas prétendre à la moindre prépondérance, influence ou force directrice. 11 sera d'ailleurs iiuli(|né en son lieu que l'on peut être pourvu de beaucoup d'idées générales et n'en être pas moins d'une suffisante nullité.
I Dans le nombre assez restreint de ceux cpii ont parcouru un cercle d'idées un peu étendu, qui sont en état de toucher supportahUMiient à une question d'art ou de politicjue, la plupart se sont attachés à leurs opinions par un pur effet du hasard. On paraît ignorer dans le monde ce caractère presque toujours fortuit des manières (1(^ voir et notamment des opinions politiques. Un souvenir de collège, une impression de la mi Ile, une lecture d'enfance ou d'adolescent; l'influence dune maîtresse, le ressenti-
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ment d'une injure, voilà ce qui décide communément des opinions politiques de la plupart des hommes qui croient renfermer une idée personnelle dans leur tête. Aussi n'y a-t-il pas la moindre importance à i ajouter à la plupart des opinions qui s'affirment par ' la parole ou par la plume. Ce sont, presque toujours, ; de mauvaises copies d'une édition originale dont le ; sens est effacé; et puis encore celui qui parle ne tra- ! duit pas même sa pensée. Derrière le fonctionnaire ; il y a un traitement, derrière le journaliste un finan- ; cier , derrière le publiciste un secrétaire , derrière i le pamphlétaire la faim. /*<^ iav^c^ >>vx j-lU^ /l ^ t. :^i.^k