CONJECTURES DÉLICATES QUI NE SERONT PAS COMPRISES
On doit répéter quç c'est une loi providentielle et faite à l'avantage du plus grand nombre que les inclinations des femmes ne dépendent d'aucun des dons de l'esprit et de la figure ; que l'on voie ce qui pourrait en arriver à divers points de vue si comme le désireraient quelques victimes de l'amour, les femmes se portaient avec une préférence décidée vers les hommes de choix, si la nature les avait douées d'un discernement excessif à cet égard. Ce serait effrayant j^onr quelques-uns et désolant pour le plus grand noujbre. On j)eut |)lacer là des considérations économiques et anthropologiques assez importantes. Les femmes obéissent sans le savoir à une loi d'en haut^ à une loi sage qui a voulu réparer par leurs mains l'inégalité des conditions, des talents et des
COJVSIDÉBATION d'lNE MORALITÉ DOUTEUSE. 31 T
avantages extérieurs. C'est ainsi qu'un auteur avisé peut, comme on le fait ici, rattacher les raisons de la galanterie aux principes supérieurs de la science. Les femmes étant des êtres moraux essentiellement irréguliers, les sources de leur sensibilité s'ouvrent ou €6 ferment selon des lois mystérieuses dont la physiologie donnerait peut-être le secret. C'est une étude à tenter ; mais sans sortir quant à présent des bornes de la physiologie morale, il appert suffisamment que l'irrégularité de leur âme, de leur imagination et de leurs sens explique pour une part les caprices de leursinclinalions. Qui nous garantit que pour être aimé d'une femme, il ne suffit pas d'être en vue d'elle précisément à l'heure où leur âme est disposée à recevoir et à retenir une impression, à l'heure où descend quelqu'un des démons familiers du logis? Qui peut dire le rôle que joue dans l'amour le moment de la rupture d'une des vésicules deGraaff...*