TABLEAU. VIT
mm,
Gélatine. | Caséine.|Albumine.| Gomme, |[Amidon.
Nombre d'or (d’après Zsiémonpy)|0,005-0,01! 0,01
Concentration réduisant la vitesse de photooxydation de 50 0/0 . 0,05
PR
Il semble que les actions protectrices contre la photooxyda-.
tion et contre la précipitabilité soient dues au même mécanisme : les colloïdes stables enrobent vraisemblablement le
granule qu'ils protègent, sans doute à cause de leur adhésivité. -:
Dans le cas de la précipitabilité, on conçoit que la couche ainsi formée empêche les électrolytes de venir au contact des granules. En ce qui concerne la décoloration par la lumière, on est amené à penser que c'est l'oxygène, nécessaire à la destruction du pigment, qui est arrêté par la couche superficielle.
17. Action de l’oxygène sur la décoloration de la chlorophylle. — On sait depuis longtemps que la décoloration de la chlorophylle exposée à la lumière est due à une oxydation. GErLAND (1871) et de nombreux auteurs, après lui, ont vu que plus le solvant peut absorber d'oxygène, plus la destruction de la chlorophylle est rapide. Princsuemm (1881) a mis en évidence le même phénomène dans les cellules des plantes, en montrant que dans une : atmosphère de CO? la décoloration ne se produit plus.
Nous avons vérifié cette influence de l'oxygène. On op un tube à essai d'une solution acétonique concentrée de chlorophylle et on la renverse sur du mercure. On expose à la lumière et on constate, même si on a pris soin d'éviter les moindres bulles d’air, une destruction plus où moins importante du pigment. La réaction s'arrête bientôt, lorsque l’oxygène dissout dans l’acétone est épuisé. Si on fait pénétrer alors, sous le mercure, une trace de chlorophylle dans la solution, celle-ci redevient verte et peut être exposée plusieurs semaines au soleil sans présenter d’altération.
Nous avons exposé à la Jumière, comparativement, des préparations colloïdales de chlorophylle, les unes dans un tube fermé à la lampe, les autres dans un tube fermé après avoir été vidé à la trompe : le tube vide d’air après quatre mois d’ exposition était inaltéré, le tube témoin était décoloré le deuxième jour.
Il n'est donc pas douteux que l'oxygène estnécessaire pour la
décoloration de la chlorophylle ; peut être, comme l'ont soutenu F. L. Usner et J. H. Priesrzey (1911), par suite de la formation
de peroxyde d'hydrogène en présence d’eau. Il restait à prouver.
PP are
que la protection par les colloïdes tels que la gélatine n’était pas due à une autre cause que l'arrêt, en quelque sorte mécanique, de l'oxygène. Pour le montrer nous avons préparé des pellicules de collodion sur lesquelles de la chlorophylle colloidale était adsorbée. Ces pellicules étaient obtentes en versant dans un manchon de collodion une solution colloïdale de chlorophylle. Après lavage on découpait le manchon en fragments qui étaient exposés les uns dans une cuve à faces parallèles remplie d'eau, les autres dans une cuve identique contenant une solution de gélatine à 2 0/0. Pour éviter les erreurs provenant de la perte par diffusion, on plaçait devant la cuve d’eau une autre cuve de gélatine.
Les fragments plongé és dans la gélatine se comportaient VIsà-vis de ceux qui étaient-dans l’eau distillée comme les solutions colloïdales de chlorophylle gélatinée vis-à-vis des solutions pures : après 20 heures d'exposition la décoloration dans l’eau était de 50 0/0; dans le même temps la décoloration dans la gélatine était si minime que l'absorption dela pellicule, au spectrophotomètre, ne présentait encore aucune variation appréciable.
18. Protection de la chlorophylle contre les acides. — Ces mêmes colloïdés qui protègent la chlorophylle contre l'action de la lumière exercent également une action protec- trice vis-à-vis des acides. Wizzsrærrer et Srozr (1918) avaient déjà constaté que la gélatine ajoutée à une solution colloïdale de chlorophylle confère à cette solution une certaine stabilité visà-vis du gaz carbonique. On sait que les acides déplacent le magnésium, en particulier en présence de CO?il se forme de la phæophytine et du carbonate de magnésium
CHPONMg + CO? + H°0 — Mg00® + CH'OFNE.
Cette réaction est précédée par la formation d’un composé d’addition de CO? avec la chlorophylle. Or Wizcsrærrer et Srozr avaient montré que l’action protectrice de la gélatine reposait sur l’empêchement de la formation de ce produit d'addition. À la suite des expériences précédentes il était naturel de penser que la gélatine ne devait pas être le seul colloïde capable d'empêcher le déplacement du magnésium et que d’autre part
il devait en être de même quel que soit l'acide. C’est ce que Les expériences suivantes ont vérifié.
Une quantité fixe d’acide est ajoutée à une solution: colloïdale contenant une proportion croissante de gélatine ou de : gommé arabique. La concentration en ions H indiquée est la valeur calculée d’après la quantité d'acide ajoutée. La teneur en phæophytine est dosée colorimétriquement au bout d’un temps donné, variant de 1 à 2 heures suivant les expériences.