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CHAPITRE II

Accumulation de la force de la pile voltaïque, à l'aide de couples secondaires à lames de plomb.

Dispositions diverses de ces couples. — Leur formation ou préparation électro-chimique. — Leurs effets. — Conservation de leur charge. — Résidus. — Rendement.

36. — Dès qu'on eut reconnu que les courants secondaires étaient une cause importante d'affaiblissement des piles voltaïques, on s'appliqua à combattre la production de ces courants au sein des piles elles-mêmes, et ils furent très heureusement neutralisés dans les premières piles à deux liquides et à courant constant, dues, comme on le sait, à Becquerel (^).

Nous plaçant à un autre point de vue, nous avons cherché à recueillir, au contraire, les courants secondaires et à les mettre à profit pour accumuler la force de la pile voltaïque.

(1) Annales de Chimie et de Physique, 2*= série, t. XLT, p. 24. 1829.

Nous avions trouvé, comme on Ta vu dans les recherches précédentes (20), que la force électro-motrice secondaire d'un voltamètre à lames de plomb dans l'eau acidulée par l'acide sulfurique était plus énergique et plus persistante que celle de tous les autres métaux, et qu'elle dépassait de moitié celle de l'élément voltaïque le plus énergique connu, celui de Grove ou de Bunsen.

Avec une telle force électro-motrice, il ne s'agissait plus, pour constituer un élément secondaire d'une grande intensité, que de lui donner une 1res faible résistance ou d'accroître le plus possible sa surface. Cela devenait d'autant plus facile que les deux lames nécessaires pour le former devaient être de même nature et d'un métal extrêmement flexible et malléable comme le plomb.

37. — Couple secondaire à lames de plomb en spirale. — C'est ainsi que nous fumes conduit à construire, en 1860 {^), un élément secondaire de grande intensité , en employant une disposition analogue à celle qu'Offer- ^^ shaus et Hare avaient employée pour ^ la pile voltaïque proprement dite , ^ ^^s^â^fc-?^^^ c'est-à-dire en enroulant en spirale f^'§'- ^•

deux longues et larges lames de plomb, séparées l'une de l'autre par une toile grossière, et les plongeant ensuite

;i) Comptes rendus, i. L, p. 640. Mars 1860.

dans un bocal plein d'eau acidulée au j^ par l'acide sulfurique.

La figure 7 montre la disposition d'un couple secondaire de cette nature.

Fig. 8.

38. — Batterie secondaire de grande surface. — La ligure 8 représente une batterie secondaire de neuf couples dont la surface totale était de 10 mètres carrés, et dont nous montrâmes les premiers effets à l'Académie des sciences, dans la séance du 26 mars 1860. En faisant traverser cet appareil par le courant de cinq petits couples de Bunsen, on obtenait, après quelques minutes d'action, une étincelle très vive et douée d'un grand pouvoir calo-

rifique, quand on amenait un instant, au contact, les deux rhéophores de la batterie dont les couples étaient réunis, soit en trois éléments de surface triple, soit en un seul élément ayant toute la surface de la batterie, comme le montre la figure 8.

39. — Couples secondaires à lames de plomb parallèles. — Mais la disposition des couples secondaires, sous la forme qui vient d'être décrite, présentait l'inconvénient d'introduire une résistance additionnelle, par la présence de la toile destinée à séparer les électrodes. De plus, cette toile s'altérant à la longue dans l'eau acidulée, les lames de plomb pouvaient venir au contact l'une de l'autre et mettre 'ainsi les couples hors d'état de fonctionner.

Pour remédier à ces inconvénients, nous avons employé une autre disposition (^), consistant en deux séries de lames de plomb parallèles, dont les prolongements de rang pair, réunis d'un côté, et ceux de rang impair, réunis d'un autre côté, étaient mis en communication avec les deux pôles d'une pile primaire.

Ces lames, très rapprochées les unes des autres et séparées, dans leur milieu, par des baguettes isolantes, étaient disposées verticalement dans un vase en gutta-percha, de forme rectangulaire, et muni de rainures intérieures pour maintenir les lames de plomb parallèles.

Dans la figure 9, représentant le plan de cette disposi-

(1) Comptes rendus, t. LXVI, p. 1235. Annales de Chimie et de Physique, i" série, t. XV, p. 10. 1868.

tion, les lettres ah c, d b' c' indiquent les deux séries de lames de plomb.

^^g La ligure 10 montre l'appareil complet. Les prolongements des lames, réunis en K et K', viennent ressortir à la partie supérieure du vase en gutta-percha et peuvent être mis en relation avec les pôles de la pile primaire par les fils P P'. Le vase étant rempli d'eau acidulée au — par l'acide sulfurique, un couvercle est soudé aux bords supérieurs du vase. On ménage seulement une petite ouverture pour donner une ^'o- 9- issue aux gaz provenant de l'électrolyse pendant le passage du courant primaire.

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