SOS CM CT
Joseph IT mourut le 20 février, et l’archiduchesse s'empressa de faire usage de la lettre qu’elle tenait du nouveau souverain. Tandis que la restauration de Léopold IT se préparait dans les Pays-Bas, ce prince était élu empereur d'Allemagne à Francfort. Christine et Albert assistèrent à son couronnement. Dans l’entrevue, qu'ils eurent, à Asschaffenbourg, avec Léopold IT, Christine, privée d'enfants, manifesta l’intention d'adopter l’archidue Charles, troisième fils de l’empereur. Ce jeune prince, qui devait être plus tard un des plus illustres défenseurs de l’Autriche, avait alors dix-neuf ans. L'empereur accueillit la demande de sa sœur, et voulut de plus que l’archiduc accompagnät sa tante dans les Pays-Bas comme futur gouverneur.
Le 15 juillet 1791, Albert et Christine firent leur rentrée à Bruxelles. Le 30, l’empereur Léopold écrivait à sa SŒUr :
«…. J'ai vu avec satisfaction que Îles inaugurations se » sont faites heureusement et convenablement, et que » tout, quant au gros et à l’essentiel, prend un bon pli » et s’achemine au bien et à la tranquillité. Les états de » Brabant et d'Hainaut auront besoin encore quelque
lemps qu'on y ait l'œil ainsi que les ci-dévant membres, non moins que les chefs du parti démocratique français, dont il faudra tâcher d’étouffer tout principe dans les commencements, protégeant plutôt le clergé en toutes les occasions contre eux. Le grand nombre des Français, surtout sans aveu, qui sont chez vous, méritent aussi la plus grande attention ainsi que les,émissaires qu'on pourrait découvrir de la propagande chez vous... »
Citons également une lettre, qui témoignait des senti-
ments affectueux voués à l’archiduchesse par sa sœur, l’infortunée Marie-Antoinette. Cette lettre, datée du 29 mai 1791, racontait les souffrances de la famille royale de France depuis le retour de Varennes. « Pardon, chère
sœur, disait Marie-Antoinette, de vous entretenir de choses aussi tristes pendant que mon cœur ne devrait être
ému que de tendresse et de reconnaissance des marques
de votre amilié. Notre santé se soutient bonne encore ; on dit que la semaine prochaine on nous laissera faire des courses de quelques jours à Saint-Cloud en revenant souvent ici. Cela est bien nécessaire; au moins pourrons-nous respirer un air plus pur et plus frais et pourrons-nous nous promener un peu. Îl y aura au moins du calme pour les yeux et pour les oreilles, ear ici ce sont tous les jours des scènes nouvelles d’horreurs qui se passent sous nos yeux... »
L'archiduchesse était à coup sûr moins égoiste que son
frère Maximilien d'Autriche, électeur de Cologne. La gouvernante générale des Pays-Bas s'étant informée près de lui du triste sort de la reine de France, il répondit : l'État n'a pas de sœur.
Quelques mois s’'écoulent, et Léopold IF, à peine âgé de
quarante-cinq ans, est enlevé à Vienne par un mal soudain (1° mars 1792). La douleur de Christine fut profonde, car elle avait voué une sincère affection à son frère Léopold. Des pressentiments sinistres l’agitaient. Et, en effet, le règne du jeune François I allait s'ouvrir sous de tristes auspices. Bientôt la guerre éclate entre la France et PAutriche : le 6 novembre, les Impériaux, commandés par le duc de Saxe-Teschen, sont battus à Jemmapes, et, le 9, Christine est de nouveau obligée de quitter Bruxelles, qu’elle ne reverra plus.
Elle se retire d’abord à Munster, puis à Vienne. Elle passe l’année suivante à Dresde. En 1794, pendant que son mari commande en chef sur le Rhin, elle est à Heidelberg. Elle revient enfin se fixer à Vienne. Sachant que la guerre l’avait presque ruinée, François IL avait mis un hôtel à sa disposition et lui payait une pension de 385,000 florins. En 1798, déjà atteinte du mal qui devait l’enlever, elle fut transportée dans le palais du prince de Kaunitz, au faubourg de Mariahilf, résidence charmante, d’où lon dominait un vaste et splendide horizon. Ce fut là que Christine, archiduchesse d’Autriche, s’éteignit paisiblement le 24 juin.
Le lendemain on remit au duc Albert une lettre cachetée dont la suscription était : Pour mon adoré époux, à lui remettre le lendemain de ma mort. Cette lettre touchante prouvail que les sages conseils de Marie-Thérèse avaient porté leurs fruits. « Hélas! disait Christine, si J'ai pu un » moment vous déplaire ou vous offenser, pardonnez-le » moi; mon cœur ni ma volonté sûrement n’y ont pas eu » de part, car pas même en pensée J’ai cessé un moment » de m'occuper de vous ; et Dieu et mon cher Albert se- » ront mes dernières pensées et auront mes derniers » VŒUX. »
Le duc de Saxe-Teschen, qui survécut à Marie-Chrisune Jusqu'en 1822, voulut honorer la mémoire de cette femme si dévouée. Il lui fit ériger par Canova, dans l’église des Augustins, à Vienne, un mausolée destiné à perpétuer sa reconnaissance et ses regrets.
Puisque nous avons commencé cette étude en citant les Mémoires du prince de Ligne, répétons ce que cet observateur si fin pensait de Christine : « L’archiduchesse, disait-il, est vive et pourtant ne revient pas aisément; elle gâte par là de grandes qualités qu’elle tient de sa mère. » Quant au duc de Saxe-Teschen, il le dépeignait en ces termes : « Le duc est bon, a beaucoup de connaissances militaires... (Mais) ses mémoires valent mieux que sa mémoire, qui, hors de là, est souvent en défaut. Au grand atr, à cheval, au milieu de beaucoup de monde, on dirait que tout ce qu'il sait et voit à merveille dans son cabinet disparait. » C'est ainsi, selon le prince, qu'il perdit la bataille de Jermapes.
CLASSE DES BEAUX-ARTS
Séance du 5 février 1870.
M. C.-A. FRaïkiIN, directeur.
M. An. QuETELET, secrétaire perpétuel.
Sont présents : MM. L. Alvin, N. De Keyser,F.-TI. Fétis: L. Gallait, G. Geefs, Madou, A. Van Hasselt, Joseph Geefs, F. De Braekeleer, Ed. Fétis, Edmond De Busscher, J. Portaels, Alphonse Balat, le chevalier Léon de Burbure, Joseph Franck, Gustave De Man, Ad. Siret, J. Leclercq, membres.
M. Ed. Mailly, correspondant de la classe des sciences, assiste à la séance.
CORRESPONDANCE
M. L. Gallait, élu, dans la séance du 6 janvier dernier, directeur de la classe pour 1871 , remercie ses confrères du sympathique témoignage d'estime qu'ils lui ont donné par cette élection.
— M. Joseph Keller exprime, parécrit,ses remerciments au sujet de son élection d'assocté de la section de gravure.
(148 ) — M. le Ministre de l’intérieur adresse, pour la bibliothèque de l'Académie, un exemplaire du Recueil d’orne-
ments et de sujets pour les armes de luxe, gravé et publié par M. C. Claesen. | |
— L'Académie des beaux-arts de Saint-Ferdinand , à Madrid, transmet ses dernières publications.
— La société sténographique du Tyrol offre le Compendium de sténographie latine qu’elle vient de publier. Remerciments pour ces différents dons.
ÉLECTIONS
Conformément à la décision prise dans la dernière séance , le bureau de la classe , auquel s’est adjoint , d’après le règlement d’ordre intérieur, la section de peinture, s’est réuni avant la séance pour dresser la liste des candidats aux deux places de membre titulaire vacantes par le décès de MM. Leys et Navez. |
Le résultat des délibérations de cette réunion est accepté par la classe et la liste imprimée des candidatures sera communiquée aux membres.