ARGENSOLA, PP
(2) Zbid., pp. 58, 59.
(5) D. Juan de Alagon, chevalier de Saint-Jacques, D. Sancho de la Cavalleria et D. Gaspar de Gurrea. (ARGENSOLA, p. 39.)
élail très-discrète, très-sensée et douée de qualités naturelles excellentes (1), mais que depuis longtemps elle avait perdu la raison (2). [ls rapportèrent qu'ils l'avaient vue à Arcos et à Tordesillas vêtue d’une façon malséante à une personne royale et occupée de choses qui ne l’étaient pas moins (5); qu'ils avaient surtout remarqué en elle des mouvements des yeux, de la bouche et des mains qui ne leur laissaient pas de doute sur le dérangement de ses facultés mentales (4); pour surcroît de preuves, ils contèrent plusieurs actions ridicules qu’elle avait faites (3). Le justicia mayor, vu les pièces du procès, el faisant droit à la requête des députés d'Aragon, déclara l’archevêque don Alonso curateur et tuteur de la reine et de ses royaumes (6).
Ni les députés ni le justicia mayor n’entendaient, par celte déclaration , préjudicier à l'autorité qui appartenait au prince Charles : les premiers, après en avoir référé aux personnages les plus considérables et aux jurisconsultes qui connaissaient le mieux la constitution aragonaise, avaient jugé qu'il pouvait être donné en même temps deux curateurs à la reine (7). En effet, par une se-
(1) «.…. Era muy discreta, cuerda y de excelentes dones naturales... »
(Zbid.) (2) «.…. Pero que de muchos años hasta entôonces avia perdido e
juizio... » (/bid.)
Oo En trages indecentes à su real persona y ocupada en exercicios que tambien lo eran ..….. » (ARGENSOLA, p. 99.)
(CCE Y, sobre sodo, hazer con los ojos, con la boca y con las manos tan diversos visajes y mudanças, y tan à priesa, que no les dexava poner en duda aquel acidente..… « (/bid., p. 40.)
(D) Contaron, abueltas desto, algunas de sus acciones ridiculas.…...» (1bid.)
(6) Jbid.
(7) 1bid., p. 58.
conde décision, prononcée le 42 mars, le justicia mayor statua que le prince aurait la curatelle, la protection et l'administration de la personne de la reine, de ses royaumes, de ses droits et de ses biens, tant que durerait l'aliénation mentale de sa mère (1). Cette seconde décision fut précédée des mêmes formalités que la première : l’instance devant la cour du grand justicier fut introduite au nom de la députation du royaume, et de nouveaux témoins furent produits qui confirmèrent la déposition de ceux que la cour avait précédemment entendus sur l’insanité d'esprit de la reine (2).
En Navarre, le testament du roi catholique ne reçut son exécution qu’au mois de mai. Jean d’Albret avait envahi le pays ; il fallait, avant tout, pourvoir à la défense du territoire. Le colonel castillan Hernando de Villalva ayant mis en déroute, le 21 mars, les Béarnais et les Français réunis, cette victoire eut pour résultat la pacification du royaume. Don Antonio Manrique, duc de Näjera et comte de Treviñno, nommé par les gouverneurs de Castille vice-roi et capitaine général de Navarre, convoqua à Pampelune les trois états du royaume, qui, le
(De: Prouunciamus, damus, nominamus, diputamus et creamus in Curatorem, regitorem, defensorem, protectorem, administratorem persone potentissime domine nostre regine Joanne, regnorum Aragonum et ejus corone et predicti regni et suarum pertinentiarum, jurium , rerum el bonorum dicte serenissime regine domine nostre perlinentium, 2mpedimenlo et infirmitate mentis prefatis durantibus, excelentissimum potentissimumque dominum nostrum Karolum, etc. » (Testimonio de la curaduria del principe D. Carlos de los reinos y Estados de Aragon, etc. : Arch. de Simancas, Estado, Patronato real, Capitulaciones con Aragon y Navarra, leg. 2.)
(2) ARGENSOLA, p. 40. — Testimonio de la curaduria , etc.
(720:) 22 mai, jurèrent entre ses mains qu'ils recevaient et prepaient pour leur roi et naturel seigneur le roi Charles, promettant de lui être fidèles et bons sujets, de lui obéir et de le servir bien et loyalement , ainsi que de bons et fidèles sujets y étaient tenus : le duc leur avait , au préalable, fait serment, au nom du roi et de la reine sa mère, d'observer leurs fueros, lois, coutumes et libertés (1). Charles, comme on le verra plus loin, avait pris le titre de roi quelque temps auparavant.
DE
Tandis que ces changements s’opéraient dans le gouvernement de la monarchie espagnole, que se passait-il à Tordesillas ?
Dès la veille du jour où y parvint la nouvelle de la mort du roi catholique, une certaine agitation s’était manifestée parmi les habitants aussi bien qu'entre les officiers de la maison de la reine Jeanne; le corrégidor et le conseil de la ville, qu'accompagnait Île grand écuyer de la reine, don Diego de Castilla, s'étaient transportés au palais; 1ls avaient fait jurer, par tous ceux qui y exercçaient quelque fonction, qu'ils s’acquitteraient fidèlement de leurs devoirs, et ne laisseraient entrer dans le palais nulle personne, quelle qu'elle fût. Plusieurs des officiers et des dames de la reine ne voulurent prêter ce serment qu’en exceptant de ceux à qui ils refuseraient l'entrée le prince Charles, le cardinal
(1) GariBay, liv. XXX ,t. [IE , pp. 590-591. — ARGENSOLA, pp. 137, 144, 145, 164. — Acte de prestation réciproque des serments du duc de Nàjera et des trois états de Navarre, aux Archives de Simancas, Patronato real, Pleitos homenages, leg. 6.
Ximenes, le président ou tout autre membre du conseil de Castille qui se présenterait (1). Au moment où l’on sut, d’une manière certaine, que Ferdinand n'existait plus, le capitaine des hallebardiers de la reine, Pedro de Corrales, suivi de tous ses gens armés, monta l'escalier du palais, en intention de pénétrer jusqu’à la chambre où sa souveraine se tenait et d’en faire sortir les monteros (2) par qui elle était gardée ; mais ceux-ci lui ayant résisté, il retourna sur ses pas (3). Le document qui nous fournit ces détails, restés ignorés des historiéns espagnols, ne nous dit pas dans quel but avaient lieu ces mouvements, ni par qui ils étaient excités : ce que nous rapporterons tout à l'heure donne lieu de supposer qu’ils étaient dirigés surtout contre l’autorité du gouverneur de la maison royale, mosen Ferrer.
Les grands et les ministres qui se trouvaient auprès du roi catholique à Madrigalejo , aussitôt après la mort de ce monarque , avaient écrit à mosen Ferrer, pour qu'on la tint cachée à la reine; cet ordre, lui et les dames prineipales du palais l’avaient ponctuellement observé (4). Mais
(1) {nstruccion de doña Maria de Ulloa de lo que se habia de decir al cardenal Jimenez de Cisneros acerca de lo ocurrido en Tordesillas : luego que se supo la muerte del rey catolico. (Archives de Simancas, Estado, leg. 3, fol. 113.)
Maria de Ulloa, comtesse douairière de Salinas, avait élé appelée par Jeanne, après la mort du roi son mari, pour remplir auprès d’elle la charge de camarera mayor.
(2) Nous répéterons ici ce que nous avons dit ailleurs : les monteros étaient des serviteurs de la maison royale dont l'office consistait à veiller, la nuit, dans les pièces attenantes à celles où dormaient le roi, la reine et les infants, pour la garde de leurs personnes. ( Voy. Don Carlos et Philippe IT, 2e édition, p. 365.)
(5) Instruccion de doña Maria de Ulloa , etc.
(4) ARGENSOLA , p. 19.
il était difficile qu'un événement aussi considérable et dont tout le monde s’entretenait ne parvint pas aux oreilles de Jeanne. Ceux qui le lui apprirent le firent d’ailleurs dans une bonne intention et persuadés que l’impression qu'il produirait sur elle ne pourrait rendre son état mental pire qu'il n’était : ils se figurèrent qu’à cette nouvelle elle donnerait un peu plus de soins à sa personne, qu’elle se vétirait et se chausserail ({), ce dont elle avait perdu l'habitude, car elle se dirait qu’elle allait recevoir bien des visites : déjà un régidor de Valladolid s'était présenté au palais au nom de l’ayuntamiento de cette ville (2). Jeanne demanda au père gardien fray Juan de Avila, son confesseur et instituteur de l’infante doña Catalina, sa fille, s’il était vrai que le roi son seigneur eût cessé de vivre; sur la réponse affirmative du moine, elle désira savoir quels étaient les grands qui avaient assisté au décès de son père, et si le cardinal Ximenes s’y était trouvé. Elle parut contrariée, quand fray Juan lui dit que le cardinal était chez lui en ce moment-là : mais , lorsqu'il ajouta qu’on l’avait immédiatement appelé, parce que le roi, dans son testament, lui avait confié le gouvernement des royaumes de Castille, et qu'il était auprès de l'infant, elle en témoigna une grande satisfaction, disant que c'était très-bien, car le cardinal était une fort bonne personne (3). Ce langage causa quelque surprise : on était géné-
(1) « La cabsa por que se dixo à la reyna la muerte de su padre, fué por dos cosas. La primera…. La otra con pensamiento que, pensando Su Alteza que la venia todo el mundo à veer, se alimpiaria é bestiria 6 calçaria, con pensamiento que no podia estar peor dé lo que stava.….. (Instruccion de doña Maria de Ulloa, etc.)
(2) Instruccion de doña Maria de Ulloa, etc.
(5) « …. Mas, quando le dixo que avian ydo 4 Ilamar 4 Su Señoria Réverendissima é que estaba junto con el señor infante, porque el rey,
ralement dans l'opinion qu’elle n’aimait pas le cardinal (4).
Mosen Ferrer n’était bien vu ni des officiers de la maison de la reine, ni des habitants de Tordesillas ; 1l s'était aliéné les esprits par une sévérité excessive ; on lui reprochait, de plus, de n’avoir rien fait pour la guérison de la maladie mentale de sa souveraine, ni pour la distraire de la mélancolie dans laquelle elle était plongée (2). Don Diego de Castilla et le capitaine Pedro de Corrales, avec l'appui des principaux de la ville, voulurent profiter des premiers moments de troubles pour l’en expulser. Leur dessein échoua par l'opposition qu’ils rencontrèrent de la part du majordome et des monteros : mais 1ls exigèrent qu'il n’entrât plus au palais et ne sortit de sa demeure que pour aller à la messe; ils substituèrent leur autorité à la sienne, défendant aux monteros et aux femmes de la reine de lui parler; ne permettant l'entrée ou la sortie du palais qu’à ceux à qui 1] leur convenait de l’accorder; agissant enfin comme s'ils étaient les maîtres (5). Par leur ordre, ou tout
nuestro señor, le abia encomendado la governacion destos reynos 6 la pacificacion dellos y el servicio de Su Alteza é del principe, nuestro señor, su bijo, mostré mucho plazer de ello, y dixole que hera muy bien, porque Su Señoria Reverendissima hera muy buena persona …. » (/bid.)
(1) Jbid.
(2) FLÉCHIER, Histoire du cardinal de Ximenes, Amsterdam, 1695, t. II, p. 591.
rer Don Diego à requerido à monteros é à mugeres que no hablen à la reyna nile digan palabra, y con esto ninguna persona ha osado livianamente ni de otra manera dezir à la reyna cosa ninguna.... Asymismo no dexan entrar à nadie en palacio syno que entren é salgan por su mano, é haziendo cadal dia 4 las mugeres é à los monteros mill requerimientos para que no hablen 4 Su Alteza ni le hagan nada, syno que la dexen : asy que de lo uno é de lo otro està todo el mundo espantado de ver quien los hizo parte, é que se quieren hazer dueños de la reyna don Diego é el capitan con favor de la villa... » ({nstruccion de doñ1 Maria de Ulloa, etc.)
au moins de leur consentement , un prêtre fut appelé pour exorciser la reine. Ce prêtre avait promis monts et merveilles; il fit ses conjurations pendant plusieurs jours dans un cabinet attenant à la chambre de Jeanne, et d’où il pouvait la voir sans qu’elle le vit et sans qu’elle se doutàt de sa présence. Comme on reconnut que son prétendu pouvoir sur le démon ne produisait aucun effet, on le congédia (1).
Un des premiers actes de Ximenes, quand il eut pris en main les rênes du gouvernement, fut de recommander que tout demeurât paisible à Tordesillas jusqu'à ce qu'il y vint (2). Averti des faits que nous venons de rapporter, il y envoya Rodrigo Sanchez de Mercado, évêque de Maillorque (3), avec la mission de rétablir l’ordre dans la maison de la reine, et d’enjoindre à tous les officiers du palais de remplir les fonctions qui leur avaient été attribuées respectivement, de façon que rien ne füt changé à ce qui avait été établi à cet égard par le feu roi (4). Quelque
(1) « En lo del hechizero que vino 4 curar à Su Alteza.... Quando este clérigo entraba à la reyna, yba con él don Diego y hechaba fuera del retrete de Su Alteza 4 las mugeres que estaban alli, que son las que tienen la guarda, é asimismo de los corredores, y quedävase él en el retrete mirando de alli 4 la reyna, y hazia sus conjuros. Los monteros nunca le dexaron entrar solo; entraban dos dellos con él. Su Alteza nunca le viô ni supo nada... Él se fué, y quedan sus consortes harto desesperados.…. » (Jbid.)
Ce Como han visto que Su Señoria Reverendissima ha enbiado à mandar que esté todo quieto hasta en tanto que él acà viene.... » (/nstr uccion de doña Maria de Ulloa, etc.)
(5) Il était castillan, docteur en droit, et avait été conseiller du roi Ferdinand. (VILLANUEvA, Viage literario & las iglesias de España, t. XXI, p. 98.)
(4) Lettre de Ferrer à Ximenes du 6 mars 1516, dans BERGENROTH, p. 141.
temps après , il modifia d’une manière sensible la situation de mosen Ferrer, en ordonnant qu’il ne se mêlât plus de ce qui concernait la santé et le régime de vie de la reme; il voulait que ce soin füt réservé désormais au docteur Soto, son médecin, aux femmes qui étaient attachées à sa personne et à fray Juan de Avila, d'accord avec l’évêque de Maillorque (1).
Ferrer fut vivement blessé de cette mesure. Il s’en plaignit au cardinal et se disculpa en même temps des imputations dirigées contre lui : « Comment — lui éerivit-il — » Votre Seigneurie Illustrissime, qui connaît si bien la » condition et l’infirmité de la reine, notre dame, peut- » elle croire ou penser que, par ma faute, on ait négligé » de faire ce qu’exigeaient la santé de Son Altesse et son » service’... Son Altesse ayant succédé à la couronne » d'Aragon, pays de ma naissance, qui pouvait se pro- » mettre de son rétablissement plus d'avantages que moi, » après la manière dont je l’ai servie et les continuels rap- » ports que j'ai eus avec elle? Mais est-ce ma faute, si > Dieu la fit de telle nature qu’on ne sache obtenir d'elle » plus que ce que Sa Divine Majesté permet? Et jamais » le roi son père ne put obtenir davantage, jusqu’au point » que, pour lui conserver la vie, il dut ne pas insister sur » ce qu'il avait ordonné, car elle voulait se laisser mourir » de faim plutôt que d'y obéir (2)... » Ferrer disait ensuite qu'il ne s'attendait pas qu’on lui fit subir un tel affront en ses vieux Jours (3). Déjà il avait offert sa démission; il demandait itérativement que le cardinal lui accordât son
(1) BERGENROTH, p. 145.
(2) {bid., p.142.
(3) 1bid., p. 145.
2e SÉRIE, TOME XXIX. 47
(7%) congé, ou, s’il le voulait maintenir dans le poste auquel le feu roi l'avait appelé, que ce füt en lui conservant l'autorité qu'il y avait toujours exercée : ses longs et loyaux services et ses cheveux blancs lui paraissaient mériter cette justice (1). Ximenes n’aimait pas les Aragonais (2); il n'avait aucun molif de ménager mosen Ferrer, qui s'était fait détester de tout le monde à Tordesillas (3) ; il le remplaça, le 5 avril 1516, par Hernan Duque de Estrada. C'était un gentilhomme de Talavera; il avait été maître d'hôtel (maestresala) de Ferdinand; les rois catholiques l'avaient envoyé en Angleterre pour négocier le mariage de l’infante déña Catalina, leur fille, avec le prince de Galles; il avait rempli d’autres missions encore, dans lesquelles il avait fait preuve de beaucoup de prudence et d'esprit de conduite. H prit possession de sa charge le 95 avril. Ferrer, comme on l’a vu (4), n’était qualifié que de cerero mayor (littéralement officier chargé du service des bougies), quoique en réalité il eût le gouvernement du palais; la qualification de gouverneur fut donnée à Hernan Duque (5). Le cardinal avait, depuis peu, fait partir pour Bruxelles le comte Hernando de Andrada, afin qu’il entretint Charles et ses ministres de plusieurs affaires majeures, et notam-
(1; BERGENROTH, p. 145.
(2) ARGENSOLA , p. 64.
(5) «……. Està Lan malquisto con todos, por averlos muy mal tratado en su tiempo, que es imposible syno que le maten.... » ({nstruccion de dona Maria de Ulloa, etc.)
(4) Dans le chapitre précédent.
(>) Arch. de Simancas : Cuentas de la casa de lareyna doña Juana, et Estado, leg. 4. — ARGENSOLA, p.64. — FLÉCHIER, Histoire de Ximenes, t. Il, p. 595. — Cartas del cardenal don fray Francisco Jimenes de Cisneros drigidas à don Diego Lopez de Ayala, 1867, in-8°, p. 144.
ment de la situation de la reine Jeanne. L’instruction d'Andrada n’est pas connue; elle manque aux archives de Simancas; par là on ne comprend qu'imparfaitement la réponse de Charles à Ximenes contenue dans sa lettre du 30 avril 1516 : « La garde de la reine, dit-il, pour la di- » versité des opinions, est très-nécessaire. Le comte pense qu'il serait à propos que j'envoyasse quelqu'un de ce pays à Tordesillas. Son avis me paraît sage : mais, comme je n’ai pas fait encore mon choix, je vous prie et charge particulièrement, en attendant que je le fasse, de donner des ordres pour que la reine soit très-bien traitée et gardée de manière que, si quelques-uns voulaient aller à l'encontre de ma bonne intention, ils ne le pussent : en cela je vous recommande le plus grand soin. Et comme à personne il n'appartient , autant qu'à moi, de veiller à l’honneur, au contentement et à la consolation de la reine, ma dame, ceux qui voudraient s’en entremettre ne pourraient avoir que des intentions suspectes (1). » |
Nous avons la réplique de Ximenes à cette lettre; elle est du mois de septembre suivant. On y lit que, depuis qu'Hernan Duque a été placé à la tête de la maison de la reine, Lout y est paisible, bien réglé, et qu’il n’y a plus personne au palais de Tordesillas à qui il passe par la tête de remuer. Le cardinal supplie l'héritier des rois catholiques de n’apporter aucun changement à cet état des choses jusqu’à sa venue en Espagne. II l’assure qu’en ce qui concerne la santé de la reine et son service, il a pris des dispositions qui ne laissent rien à désirer (2).