CHAPITRE VI
nique. On conçoit qu’indépendamment du degré d’intelligence, les nécessités de la locomotion et de l’innervation puissent déterminer un volume de l’encéphale considérable.
On arrive ainsi à facilement comprendre que l’encéphale de l’éléphant soit absolument plus gros que celui de l'homme , sans que pour cela la loi du rapport entre le développement de l’intelligence et le développement de l’encéphale cesse d’être vraie.
Il faudrait , pour rester dans les termes d’une comparaison rigoureuse , ne prendre de l’encéphale que les parties exclusivement affectées à l’intelligence. Là seulement on déviait trouver un rapport absolu. Cette épreuve n’a pas été faite d’une manière complète , et peut-être n’estelle pas encore possible. On a pensé pourtant que ce rapport absolu peut être constaté, si l’on considère isolément, dans l’encéphale , le volume des hémisphères cérébraux, et surtout le nombre et la profondeur des circonvolutions. Je reviendrai plus loin sur cette opinion.
Quant aux faits connus sur le poids de l’encéphale et sur la proportion de ce poids à la masse du corps, dans diverses espèces animales et dans l’homme , ils ne sont pas , à mon avis, aussi stériles en inductions qu’on l’a avancé.
Interprétés d’une manière complète , ils me paraissent concluants en faveur de la loi physiologique dont l’existence est ici discutée.
En effet , ces faits établissent que , pour le poids absolu de 1’ encéphale , l’homme est supérieur à l’immense majorité des animaux , et ne le cède qu’à un petit nombre d’espèces dans lesquelles le corps atteint un poids et un volume considérables, au dauphin , qui pèse 380 livres; à l’éléphant, qui en pèse 1500.