TECHNIQUE DU « TEST D INCUBATION » OU INDICE DE PUTRESCIRILITÉ
Les réactifs nécessaires pour employer celte métliode d'analyse sont :
r Solution de permanganate de potasse contenant 0*%395 de permanganate par litre (1 ce. de cette solution correspond à O""»',! d'oxygène) ;
2** Solution d'acide sulfurique pur au cinquième en volume ;
o" Solution d'iodure de potassium à 10 pour 100;
4" Empois d'amidon à 2 grammes par litre :
5** Solution titrée d'hyposulfîte de soude. On dissout 7 grammes de ce sel dans un litre d'eau. Cette solution doit être préparée de façon que i centimètre cube corresponde à 2 centimètres cubes de la solution de permanganate. Pour cela on mélange 50 centimètres cubes d'eau distillée, 10 centimètres cubes d'acide sulfurique diluée au 1/5 et 50 centimètres cubes de la solution de permanganate. On ajoute alors goutte à goutte la solution d'iodure de potassium jusqu'à ce que le mélange ait la coloration jaune brun clair de Fiode. Au moyen d'une burette graduée on verse la solution d'hyposulfîte jusqu'à coloration jaune pâle. On ajoute quelques gouttes de l'empois d'amidon et on continue à faire couler la solution d'hyposulfîte jusqu'à décoloration. Si la solution est exacte on aura employé 25 centimètres cubes d'hyposulfîte. Si l'on n'obtient pas ce résultat, on ajuste la solution par une dilution convenable.
Cette solution est très altérable ; aussi doit-on en préparer peu à l'avance et, en tout cas, la titrer chaque fois avant d'en faire usage.
Technique de la méthode. — On mesure dans un matras 50 centimètres cubes de l'eau à analyser, préalablement bien décantée ou filtrée sur papier; on ajoute 5 centimètres cubes d'acide sulfurique au 1/5, puis 20 centimètres cubes ou davan-
iage de solution do permanganate. On abandonne le matras pendant quatre heures à la température du laboratoire. Au bout de ce temps on ajoute la solution d'iodure et on titre à rhyposulfite. En tenant compte du volume d'eau employé (50 ce.) 1 centimètre cube de la solution d'hyposulfite correspond à 4 milligrammes d'oxygène.
Il est nécessaire qu'il y ait toujours un excès de permanganate pendant les quatre heures et qu'après ce délai le mélange soit encore nettement coloré en rouge.
Le titrage par la solution d'hyposulfîte doit être effectué aussitôt après l'addition de la solution d'iodure, pour éviter les erreurs que produirait la mise en liberté d'une partie de l'iode par Tacide sulfurique en solution.
L'analyse faite une première fois sur l'échantillon d'eau après son prélèvement, est répétée sur le même échantillon après qu'il a été conservé en flacon bouché à l'émeri pendant sept jours à Tétuve à 30 degrés. Si l'eau est convenablement épurée, la quantité d'oxygène empruntée au permanganate avant et après incubation est sensiblement la même. Il y a lieu de remarquer toutefois que certaines eaux épurées, non putrescibles mais riches en nitrates et contenant encore des matières organiques, peuvent absorber plus d'oxygène après qu'avant incubation, par suite de la décomposition des nitrates en nitrites. On doit donc toujours s'assurer si l'eau ne contient pas après incubation des quantités importantes de nitrites.
Méthode de Honjean. — Ed. Uonjean a proposé récemment (*) une méthode analogue à celle que nous venons d'exposer. Elle repose sur la détermination des principes réducteurs (c'est-àdire le plus souvent les matières organiques putrescibles) au moyen d'une solution d'iode.
En présence de certaines matières organiques telles que les matières albuminoïdes, les peptones, les graisses, les huiles, les tannins, etc., l'iode forme des combinaisons soit par juxta-
(*) Revue jtratiqiie d'Hyuî'^ne muniriitale^ BuUeUn technique, octobre 1908.
position, soit par substitution, dans lesquelles il est impossible de déceler directement sa présence. Ces matières organiques fixent ainsi des quantités d'iode variables avec la nature môme de la substance et avec la température. C'est ainsi que les matières albuminoîdes fixent plus d*iode que les matières gélatineuses et que les quantités d'iode fixé sur les matières albuminoïdes .sont plus élevées à chaud qu'à froid.
D'autre part, Tiode, en sa qualité d'oxydant, réagit en présence de l'eau sur les produits réduits, tels que l'hydrogène sulfuré, l'acide sulfureux, les sulfites, les sulfures et sulfhydrates, l'ammoniaque, les aminés, etc., en fixant l'hydrogène.
On voit d'après Ténumération des propriétés de l'iode, énumération que nous empruntons à Ed. Bonjean, que son action est identique à celle du permanganate de potasse.
Pour déterminer la quantité d'iode absorbé, on emploie les .solutions suivantes :
a) Solution d'iode dans Tiodure de potassium renfermant 0*'',747 d'iode par litre (1 centimètre cube correspond à O'"*"",! d'H'S);
b) Solution d'hyposulfite de soude correspondant à la solution d'iode ;
c) Solution d'amidon.
On fait réagir à froid 10 centimètres cubes de la solution titrée d'iode sur 100 centimètres cubes d'eau, puis, après 10 minutes de contact, on évalue la quantité d'iode fixée au moyen de l'hyposulfite et de l'amidon.
Nous avons comparé les résultats obtenus par l'emploi de ces deux méthodes sur l'effluent des lits bactériens de la Madeleine. Nous avons déterminé l'oxygène absorbé en quatre heures, puis l'oxygène absorbé en 5 minutes avant et après incubation et enfin l'iode absorbé en 10 minutes avant et après incubation. Nous avons évalué l'iode absorbé en hydrogène sulfuré, car vu le titre de la solution d'essai, celte méthode d'évaluation doit être, supposons-nous, celle adoptée par Ed, Bonjean. Les résultats sont donnés, comme habituellement, en milligrammes par litre.