‹ Recherches sur l'epuration biologique et chimique des eaux d'egout effectuées à l'Institut Pasteur et Lille et à la station experimentale de la MadeleineChapitre 159 sur 173 · II. — Appareil Mackev-Akerovd · texte numérisé non relu

II. — Appareil Mackev-Akerovd

Cet appareil, breveté par W. Me D. Mackey^ a été expérimenté avec succès dans une teinturerie où on emploie principalement les couleurs d'aniline acides ou neutres, avec les myrobolans et un sel de fer. Comme autres produits chimiques contenus dans les eaux, on trouve le bichromate de potasse et l'acide sulfurique et aussi quelquefois un chlorure décolorant. Les essais ont porté sur 150 mètres cubes par jour en moyenne.

Toutes les eaux résiduaires sont reçues dans une fosse

ÉPURATION DES EAUX RÉSIDUAIliES INDUSTRIELLES. 195

d'une capacité de près de 6 mètres cubes, un peu trop petite pour les grands afflux d'eaux, mais la place était limitée. De cette fosse les eaux sont élevées par une pompe dans un grand réservoir de mélange en bois d'une capacité de 47"°', 7 porté sur des piliers de maçonnerie à une hauteur de 0 mètres.

Dans un petit bassin en bois B (flg. 18) placé au-dessus du réservoir de mélange, on met de la chaux qui est délayée avec une partie de Teau résiduaire et maintenue en mouvement par une roue actionnée par la chute de l'eau à traiter. La

Fig. 18. — Appareil Mackey Akeroyd.

A. — Arrivée des eaux. K. — Filtre pour les eaux décantées.

K. — Bac a réactif. F. — Vanne d'évacuation des boues.

C. — itéservoir de mélange. G. — Canalisation d'évacuaUou des boucb.

l). — Chaudière de décantation. II. — Filtre à boucs.

quantité de chaux nécessaire pour obtenir une bonne préciprtation varie considérablement d'un jour à l'autre, car l'eau résiduaire est quelquefois très acide, puis neutre et même alcaline ; mais habituellement on en emploie 550 grammes par mètre cube.

L'eau résiduaire mélangée au lait de chaux se déverse audessous du niveau de l'eau dans le réservoir de mélange G. Elle s'écoule par une ouverture pratiquée dans le fond à la partie la plus éloignée de l'entrée, en a. L'utilité de ce réservoir est de mélanger autant que possible les eaux résiduaires de composition différente pour avoir un liquide moyen et de laisser agir la chaux.

De ce réservoir les eaux entrent dans le fond d'une sorte de chaudière cylindrique D, placée au-dessous et inclinée sous

un angle de 12 degrés avec le sol. On a soin de maintenir le liquide dans la chaudière à une pression constante. Cette chaudière a 7'",40 de longueur et S^jSS de diamètre avec une capacité de 35 mètres cubes. L'orifice de sortie est au point le plus haut c, quoique au-dessous du fond du réservoir de mélange, de sorte que la chaudière est toujours remplie d'eau, qui, pendant le fonctionnement, entre constamment par le fond F, et sort par le haut c.

L'idée nouvelle qui a permis l'obtention du brevet est que le liquide qui traverse la chaudière abandonne les matières en suspension qui s'accumulent dans les parties basses et forment amsi un obstacle, un crible, lequel retient les matières en suspension du liquide qui arrive de nouveau et ainsi leur dépôt en est facilité. De plus, le tuyau d'amenée des eaux est dirigée vers le haut, ce qui communique un remous au liquide et aide probablement au dépôt des matières solides. La boue qui s'accumule dans les parties basses de la chaudière est évacuée par F dans une canalisation spéciale, environ une fois par semaine ; mais il faut avoir soin d'en conserver une certaine quantité dans la chaudière pour la raison indiquée plus haut.

L'effluent ainsi débarrassé de la plus grande partie des matières en suspension passe de bas en haut dans un filtre à coke E; un dispositif permet d'éviter le siphonnement. Ce filtre est une cuve cylindrique en tôle de 1"',95 de diamètre et de 3™,60 de haut, remplie sur une hauteur de 2", 70 de morceaux de coke de 12 à 57 millimètres. Le fond ne contient pas de coke sur 0™,45 de hauteur : c'est de là que le liquide s'élève pour être filtré. L'effluent est dirigé sur un barrage où il se mélange avec l'eau de la rivière, pour servir à la condensation. La boue qui s'accumule au bas du filtre est évacuée environ une fois par jour dans la canalisation spéciale, et le filtre est lavé par l'évacuation en sens inverse du liquide qu'il contient, c'est-à-dire de haut en bas.

Toutes les boues sont dirigées sur des filtres de scories H de 0"\60 de hauteur, bien drainés. Après quelques jours elles ont perdu assez d'eau pour pouvoir les mettre à sécher à l'air sur le sol. Pour les volumes d'eaux indiqués on a produit environ 12 tonnes de boues séchées à l'air en quatre mois.

Cet appareil a le grand avantage de tenir peu de place (seulement 100 mètres cubes). Le prix pour une installation complète pouvant traiter 15"' ,6 à Theure est estimé par M. Mackey à 8750 francs. Ce prix serait réduit pour de plus grandes installations. Avec une consommation moyenne de 350 grammes de chaux par mètre carré, le prix du traitement est environ de 1 fr. 35 par jour auquel il faut ajouter les frais de pompage. L'addition de chaux et l'enlèvement des boues n'exige que le travail d'un homme pendant une heure.

La méthode employée pour ajouter le précipitant doit être réglée. La chaux seule ne donne pas de très bons résultats, car l'effluent a une trop grande dureté et son mélange avec les eaux de la rivière peut causer des ennuis aux usiniers établis en aval et se servant de ces eaux.

L'effluent final ne contient généralement plus de matières en suspension, mais il est encore un peu coloré en vert ou jaunâtre.

D'après les expériences faites, Teau circule pendant 20 minutes dans le réservoir de mélange, 50 minutes dans la chaudière de décantation et 50 minutes dans le filtre, ce qui fait qu'elle met 100 minutes à traverser tous les appareils.

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