‹ Recherches sur l'état de la médecine durant la période primitive de l'histoire des IndousChapitre 6 sur 15 · VIII, VIII · texte numérisé non relu

VIII, VIII

(2) VIII, VIII, 20; 1 et 4.

(3) V, IV, 15; 1 et 4.- Il, v, 8; 16, et presque tout l’hymne qui est une allégorie qu’on ne saisit d un bout à l’autre que dans la traduction de Wilson.

(4) Voy. sur les noms multiples des serpents : Pictet, Orig. indo-europ 1» partie, p. 499 etsuiv.

Pictet (1) a rapproché la médecine de la magie en s'appuyant sur certaines irations tirées plutôt de la philologie que de l’histoire ; mais il importe de discomme j’ai essayé de le faire, les simples prières en usage pour éloigner les s, et les pratiques de la magie ou sorcellerie, deux procédés qu’on ne doit P considérer comme identiques, qui ne coexistent pas nécessairement, et qui linent, tantôt l’un,-tantôt'l’autre, suivant les époques ou le degré de la civilibation.

mots yâvayâmi et yâvay (auxquels on identifie le grec Hà.ou&t, la.rpô'i,’ ’/acrit), panifient chasser la maladie et chasser le démon de la maladie (2), cela est vrai; mais on peut remarquer que, dans les poèmes homériques, adpixAMv a tour à tour le sens de poison, de charme et de remède (3) ; cependant la médecine naturelle est fort distincte de la médecine magique, ou plutôt des pratiques de la magie ; par conséquent, la double signification d’un mot sanscrit ne suffit pas à démontrer, Lntrairement à d’autres renseignements plus positifs, que médecine et magie sont sjnonymes dans le Rig-Véda. D’ailleurs, M. Pictet lui-même rapproche mederi de militari (sanscr. mêth mêdh), et lés mots qui signifient médicament et science, —

gèdecin, sage ou savant.

' Sans doute, savant et sorcier sont souvent synonymes aux yeux du peuple; mais il est, en général, facile de distinguer les œuvres du savant de celles du isorcier, et de remettre chacun à sa place. Peut-être même que, à l’aide de I la philologie, on pourrait déterminer l’âge approximatif des différents termes qui servent à désigner, ou séparément, ou simultanément, le médecin, ou l’apothicaire et le sorcier; c’est un problème dont M.'Pictet n’a pas entrepris la solution, et qui ilnira, j’en ai l’espoir, par tenter quelque autre indianiste. L’analyse des mots, B savante qu’en soit la méthode, si ingénieuse qu’en apparaissent les résultats, ne suffit pas à créer l’histoire (4) ; il faut des textes et surtout une chronologie; mais, dans le travail de M. Pictet, les textes et la chronologie font également défaut; tout 1 ^ réduit à une question abstraite d’étymologie où, faute d’intermédiaire, la filiation ’et la transformation des sens n’est pas toujours ni solidement établie, ni suivie de

I ;, (1) Dans Kuhn, Zeitschrift fiir vergleichende Sprachforschung, u.s.w.; t. V, 1856, p. 24-50, travail reproduit en partie avec des corrections dans Origines indo-europ., 2<= partie, p.644 et suiv.

(2) Voy. Kuhn, 1.1 ., p. 50, un article de Kuhn lui-même sur là dérivation d’iifêœ ’ (3) Ne sait on pas aussi que dans certaines branches des langues indo-germaniques le même mot signifie Ditu et Démon; cependant ce n’est ni dans les mêmes temps ni dans les mêmes circonstances [ju’on constate cette diversité de signification, et on ne pourrait pas conclure à l’identité absolue et permanente chez un des peuples de la race aryenne de l’idée de Dieu avec celle de Démon.

(i) Je trouve précisément, en corrigeant cette épreuve, une réflexion toute semblable de M. Barthélemy Saint-Hilaire sur les conséquences trop hardies et trop arbitraires queM. Pictet aime à tirer pour .la connaissance de l'état social des Aryas, de l’analyse des mots et du rapprochement des idiomes indogermanique. M. Barthélemy Saint-Hilaire montre que les mots dans leur simplicité et leur isolement sont stériles et qu’il faut d’autres instruments que la philologie pour les féconder et pour en tirer 1 histoire primitive de nos communs ancêtres. (Journal des Savants, juin 1866, p. 370 et suiv.)

lice, et la liqueur même des libations, cette liqueur fermentée, pétillante; que les I prêtres ont peine à contenir dans le vase, et qui procure un doux et salutaire enivri^M ment. Le Soma ou Indou, tantôt seul, tantôt aidé par Roudra, éloigne, fait reculer, | chasse, terrasse la maladie qui, dans sa marche tortueuse, veut attaquer les hommes et en triomphe ; il apporte l’abondance et la santé ( 1 ) ; mais sa vertu dépend ! [ moins de son action comme liqueur dont on s’abreuve que de l’œuvre pieuse qu’on accomplit par les libations ( 2 ).

On appelle tous les dieux (les Wiswas et Wiswadevas), et en particulier les Aswins, à son secours contre une maladie de peau que le poëte nomme li ' blanche (3), et aussi contre la maladie en général (4). Les dieux adorables repoussent! des maisons les maladies qui accompagnent naturellement les pompes nuptiales ( 5 ), sans doute par suite des excès de tout genre qui s’y commettaient.

Page 1