‹ Recherches sur l'état de la médecine durant le période primitive de l'histoire des IndousChapitre 11 sur 15 · II, V · texte numérisé non relu

II, V

de Soîîîâ conçoivent Agni (1). On pourrait peut-être trouver une certaine analogie entre la forme du foyer du sacrifice, telle que la donne Stevenson (2), et la forme de la matrice munie de ses cornes, telle qu’elle se présente chez la plupart des mammifères. Les bassins du Soma, placés de chaque côté du foyer, sont comparés à deux djaghanas (3). Enfin ces phrases : briser les résistances de la pudeur (4), forcer l’entrée du sein d’une femme (5), sont des allusions évidentes aux parties génitales externes, et peut-être, dans le premier cas, aux obstacles qu’offre la membrane hymen.

On ne lira pas non plus sans intérêt l’hymne suivant (6) que j’ai déjà mentionné plus haut, et qu’on chantait en faveur des femmes enceintes. On y reconnaîtra même ridée de l’obsession des mauvais esprits durant le sommeil , et qui a tenu tout le moyen âge en si grande épouvante.

Hymne powr la femme enceinte.

1. O femme, qu’uni au sacrifice, Agni, l’ennemi des Rakchasas, tue celui qui, sous le funeste nom de flux de sang, siège dans ton ventre pour nuire à ton fruit.

2. Oui, qu’Agni, uni au sacrifice, tue le cruel Rakchasa qui, sous le nom de flux de sang, siège dans ton ventre pour nuire à ton fruit.

3. Le Rakchasa qui attaque le germe que tu sens frémir et serpenter en ton sein, et veut détruire ton fruit, doit périr par nous.

Zi. Le Rakchasa qui écarte tes jambes, force l’entrée de ton sein, et s’attache à ton fruit pour le dévorer, doit périr par nous.

5. Le Rakchasa qui, sous la forme d’un frère, d’un mari, d’un amant, s’approche de toi, et veut détruire ton fruit, doit périr par nous.

6. Le Rakchasa qui profite de ton sommeil ou des ténèbres pour troubler ta raison, et veut détruire ton fruit, doit périr par nous.

C’est sans doute du berceau commun de la race aryenne que les Hellènes ont apporté l’idée de prendre l’ombilic comnie dénomination du centre, car nous retrouvons cette idée dans plusieurs passages du Rig-Véda : « Dans V ombilic du sacrifice j’ai reçu celui qui est notre ombilic (7). » C’est-à-dire, j’ai versé dans le foyer

(1) II, VI, 2, 3. — III, I, 23j 10. Suivent les noms de Vemhryon, du nouveau-né et à’ Agni développé.

(2) Voy. Langlois; t. Il, p. 256.

(3) I, H, 9; 2. — 11 s’agit peut-être des testicules ou des ovaires, ou peut-être seulement des deux aines. ■— Il me semble que la croix anséc des Égyptiens est aussi une figuration détournée et symbolique de l’utérus.

(4) VIIl, IV, 1; 16.

(5) VIII, vin, 20; 4.

(6) VIII, vin, 20.

(7) VL VII, 16; 8. - Cf. Langlois, t. lil, p. 491, note 32.

Soma qui est lui-mème le centre du monde. Ailleurs on lit (1) : « Sous Y ombilic du dieu incréé {Adja) reposait un œuf dans lequel se trouvaient tous les mondes; « ailleurs encore l’air naît de V ombilic d’Agni, créateur des êtres (2) ; » enfin Agni est représenté comme l’ombilic de la terre (3). Nous aurons ailleurs l’occasion de revenir sur les cosmogonies indiennes à propos des cosmogonies imaginées par les philosophes anté-socratiques (4).

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