VII, V
(7) Indra, les Aswins, Twachtri : VII, vu, 6; 4. — VIII, i, 8; 9. — Cf. VIII, ii, 10; 5.— VIII, vu, 5; 2 et 5.
(8) VIII, III, 2; 7. — VIII, V, 5; 2. — VIII, VII, 5; 5. — Quelques traces se rencontrent dans les autres sections, par exemple, III, iv, 1; 1, — et aussi dans la terreur qu’inspiraient les imprécations.
(9) Cf. p. 17 : Usage des plantes, et note 5 de cette p. 17,
M. Pictet (1) a rapproché la médecine de la magie en s’appuyant sur certaines considérations tirées plutôt de la philologie que de l’histoire; mais il importe de distinguer, comme j’ai essayé de le faire, les simples prières en usage pour éloigner les maladies, et les pratiques de la magie ou sorcellerie, deux procédés qu’on ne doit pas considérer comme identiques, qui ne coexistent pas nécessairement, et qui dominent, tantôt l’un, tantôt l’autre, suivant les époques ou le degré de la civilisation.
Les mots yâvaijâmi et yâvay (auxquels on identifie le grec leirpoç^
signifient chasser la maladie et chasser le démon de la maladie (2), cela est vrai; mais on peut remarquer que, dans les poèmes homériques, (DdpfA.ct}iou a tour à tour le sens de poison, de charme et de remède (3) ; cependant la médecine naturelle est fort distincte de la médecine magique, ou plutôt des pratiques de la magie; par conséquent, la double signification d’un mot sanscrit ne suffit pas à démontrer, contrairement à d’autres renseignements plus positifs, que médecine et magie sont synonymes dans le Rig-Véda. D’ailleurs, M. Pictet lui-même rapproche mederi de meditari (sanscr. mêth mêdh), et les mots qui signifient médicament et science, — médecin, sage ou savant.
Sans doute, savant et sorcier sont souvent synonymes aux yeux du peuple; mais il est, en général, facile de distinguer les œuvres du savant de celles du sorcier, et de remettre chacun à sa place. Peut-être même que, à l’aide de la philologie, on pourrait déterminer l’âge approximatif des différents termes qui servent à désigner, ou séparément, ou simultanément, le médecin, ou l’apothicaire et le sorcier; c’est un problème dont M. Pictet n’a pas entrepris la solution, et qui finira, j’en ai l’espoir, par tenter quelque autre indianiste. L’analyse des mots, si savante qu’en soit la méthode, si ingénieuse qu’en apparaissent les résultats, ne suffit pas à créer l’histoire (4); il faut des textes et surtout une chronologie; mais, dans le travail de M. Pictet, les textes et la chronologie font également défaut; tout s’y réduit à une question abstraite d’étymologie où, faute d’intermédiaire, la filiation et la transformation des sens n’est pas toujours ni solidement établie, ni suivie de
(1) Dans Kuhn, Zeitschrift fUr vergleichende Sprachforschung, u.s.w.; t. V, 1856, p. 24-50, travail reproduit en partie avec des corrections dans Origines indo-europ., 2e partie, p.644 et suiv.
(2i Voy. Kuhn, l. L, p. 50, un article de Kuhn lui-même sur la dérivation d’/ào^a/.
(3) Ne sait-on pas aussi que dans certaines branches des langues indo-germaniques le même mot signifie Dim et Démon; cependant ce n’est ni dans les mêmes temps ni dans les mêmes circonstances qu’on constate cette diversité de signification, et on ne pourrait pas conclure k l’identité absolue et permanente chez un des peuples de la race aryenne de l’idée de Dieu avec celle de Démon.
(4) Je trouve précisément, en corrigeant cette épreuve, une réflexion toute semldable deM. Barthélemy Saint -Hilaire sur les conséquences trop hardies et trop arbitraires queM. Pictet aime à tirer pour la connaissance de l’état social desAryas, de l’analyse des mots et du rapprochement des idiomes indogermanique. M. Barthélemy Saint-Hilaire montre que les mots dans leur simplicité et leur isolement sont stériles et qu’il faut d’autres instruments que la philologie pour les féconder et pour en tirer 1 histoire primitive de nos communs ancêtres. {Journal des Savants, juin 1866, p. 370 et suiv.}
très-près. Aussi, jusqu’à plus ample iPxforrué, je maintiens que, dans le Rig-Véda, « l’idée de salut et de guérison se lie aux procédés non plus magiques, mais sacrés, par lesquels on les obtenait. » Cette proposition est de M. Pictet lui-même ; elle résulte pour lui d’un cas particulier, c’est-à-dire de l’analyse d’un mot sanscrit comparé à des mots analogues dans d’autres branches des langues ariennes; et moi je l’étends à tout l’ensemble du Rig-Véda. La nuance n’est pas toujours facile à marquer entre le sacré et le magique, entre le sacer et Vomen; cependant, ce que je sais &\x Rig-Véda Atharva-Véda me porte à croire que le sacré appartient
au Rig-Véda et le magique à V Atharva-Véda; il y a dans le premier plus d’abandon naïf chez les malades, plus de pieuse confiance chez les prêtres; dans le second, on trouve, d’un coté, plus d’impatience et, de l’autre, des formules plus impérieuses. La crainte superstitieuse amène le despotisme sacerdotal.