‹ Recherches sur l'état sénile du crâneChapitre 10 sur 20 · OC 30 © CO · texte numérisé non relu

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Nous venons de dire que Parchappe avait conclu que l’augmentation de « volume porte à peu près exclusivement sur le développement circulaire horizontal de la tête, et principalement sur le développement de la partie antérieure » (p.23). Nos moyennes nous donnent un résultat précisément inverse, soit que nous examinions le nombre total de crânes, soit que nous envisagions chaque sexe séparément; aune diminution pour le diamètre horizontal antérieur, après l’âge de 50 ans, correspond une augmentation pour le diamètre postérieur. Dans cette statistique, nous avons omis un crâne très-petit, le n° 83 de la série de l’ouest, dont les deux diamètres ne sont que de 94 et 164; en le comprenant, les moyennes tombent à 224,56 et 264,87 au lieu d’être 230,50 et 269,45. On remarquera, en examinant cette statistique, que l’écart probable, qui devient d’autant plus grand que la race est plus mélangée, est plus considérable pour le sexe féminin que pour le masculin ; même fait s’observe pour les statistiques relatives à la capacité crânienne, aux diamètres longitudinal maximum et pariétal maximum. Cet écart peut être, jusqu’à plus de quatre fois, plus considérable pour le sexe féminin; ainsi pour le diamètre horizontal postérieur, tandis qu’après l’âge de 50 ans il est de 0,56 p. 100 dans le sexe masculin, il s’élève chez les femmes à 2,9 p. 100. De semblables variations indiquent chez les femmes examinées ou des croisements plus fréquents, ou une persistance moindre des caractères de la race, car, comme l’a fait remarquer M. Broca, « dans certaines races croisées, les types des races mères ne se maintiennent pas toujours à un égal degré dans les deux sexes. Il arrive assez souvent que le type d’une race ancienne se conserve bien plus purement, soit chez les hommes, soit chez les femmes.... Ces affinités électives de tel ou tel type et d

— Al —

telle ou telle race... doivent probablement étendre aussi leur influence aux formes de la tête » (1). Pour la série qui nous occupe, le sexe masculin aurait conservé davantage les caractères de la race.

Quant à ce qui est de la capacité crânienne, la perte, après Page de 50 ans, serait tout à fait insignifiante, de 6.80 c. c. ou seulement 0,46 p. 100, si l’on compare les 38 crânes d’hommes et les 27 crânes de femmes au nombre total des crânes examinés ; la différence arriverait à — 13,61 c. c. en comparant les deux séries; les deux sexes donneraient des résultats en sens inverse, la perte étant de 47,64 pour les hommes, l’augmentation de 24,41 c. c. chez les femmes, et cela en comparant série à série. Si nous mettons en parallèle la moyenne totale de chaque sexe avec la moyenne peur les crânes âgés de plus de 50 ans, nous aurons — 23,82 chez les hommes, et +2,92 chez les femmes. Les différences diminuent donc, d’autant plus que l’on étudie un plus grand nombre d’individus; il en est évidemment et nécessairement toujours ainsi dans une population mélangée. Cette statistique, portant sur 134 crânes, comprend la série dite de l’Ouest (à part deux crânes exceptionnels) et une partie de la série dite de la Morgue ; ce sont les crânes de cette dernière série qui ont fait monter la moyenne totale.

Les angles cérébral et sous-occipital ont aussi été étudiés.

La moyenne de l’angle cérébral (118 crânes) est de 160° 17’ ; pour le's hommes seuls, elle est de 161° 22’, et de 159° 16’ pour les femmes. En comparant la série n° 2 (crânes de plus de 50 ans) à la moyenne totale on a + 1° 48’ en faveur de cette série; si nous faisons la même

(i) Bull. Soc. Anthrop., ‘2e série, t. III, p. 19.

observation pour chaque sexe prisa part, nous trouverons + 2° 20’ pour les hommes et + 12’ pour les femmes.

Les deux séries, comparées directement l’une à l’autre, donnent une différence de -t- 3° 36’ pour la série n° 2 ; les hommes, comparés aux hommes, présenteront une augmentation de 4° 40’, qui, chez les femmes, s’élèverait 2 32’.

L’angle sous-occipital est en moyenne de 31° 42’. Au dessus de 50 ans, en prenant le total des crânes examinés, cet angle présente une légère perte de 0° 30’. La moyenne totale est de 31° 20’ pour les hommes, ce qui donne une perte de 50’ après 50 ans; chez les femmes, cette même moyenne est de 32° V, soit 13’ de perte pour la deuxième série. Les deux séries, comparées directement, subiront une perte de IL Ce résultat est donc en sens inverse de ce que l’on trouve pour l’angle cérébral.

Si comme M. Broca, du point auriculaire, c’est-à-dire de la projection de l’axe bi-auriculaire pris pour sommet, on mène, sur la construction géométrique que l’on obtient à l’aide du craniographe, des lignes successivement aux points sus-orbitaire, bregmatique et iniaque, on obtient trois angles, les angles frontal, pariétal et sus-occipital, dont l’ensemble constitue l’angle cérébral; un rayon aboutissant au bord postérieur du trou occipital détermine l’angle sous-occipital en rapport avec le développement du cervelet (1).

La légère diminution de l’angle cérébelleux ne contrebalançant pas l’augmentation subie par l’angle cérébral, et la capacité crânienne diminuant après l’âge de 50 ans, quoique d’une manière très-faibie, nous pouvons en con-

tl) Sur les angles auriculaires Bull. Sc. d’Anthrop., lre série,

dure que l’accroissement en longueur du crâne, presque insensible du reste, a lieu dans la partie qui répond aux hémisphères cérébraux, mais ne répond nullement au volume réel du cerveau.

Le diamètre longitudinal maximum ne s’accroît pas, ce qui prouve que si les sinus frontaux s’agrandissent, ce n’est guère aux dépens de la table externe, mais bien plutôt par le retrait de la lame interne, comme le démontrent les résultats, fournis par la statistique sur la capacité crânienne.

Quant au diamètre pariétal maximum, l’écart qu’il présente n’est, guère plus sensible : 4- 0,11 soit 0,07 p. 100, lorsque l'on fait la moyenne totale. La série n° 2, comparée à la série n° 1, donne en faveur de la première un

écart de 0,22 ou 0,lo p. 100. Tandis que les hommes

présentent un écart de -f 1 ,36 , pour les femmes, la diminution est de 0,92.

Ces variations, pouvant être considérées comme tout à fait nulles, on comprend que l’indice céphalique ne doive pas varier beaucoup si Tou étudie l’ensemble des crânes examinés. En ne considérant que les crâues d’hommes, et en les comparant série à série, on relève une différence de 0,99 p. 100; prenant l’ensemble des moyennes, le gain devient 1,82, soit 2,29 p. 100. Appliquant les mêmes calculs aux femmes, nous aurons0,79 p. 1 00 ( — 0,61) et — 1,72 ou — 2,16 p. 100. Toutes ces oscillations sont très-faibles; la loi posée par Parchappe n’est donc pas vérifiée.

S 2. — Epaisseur.

Laissant ici de côté l’étude intime de l’os, nous ne devons parler maintenant que de l’épaisseur relative des diverses parties qui le constituent. En jetant les yeux

sur le tableau n° 10, on verra qu’il n’y a là aucune règle, l’épaisseur totale de l’os étant de 20,4, celle de la table interne de 4,7, celle de la table externe de 6,9 et celle du diploé de 9,2 sur 1 0 crânes âgés de 59 à 84 ans.

Tableau n° 11.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

Épaisseur totale.. .

— Table externe.

— Table interne.

— diploé

État du diploé (î), .

De nos recherches, nous pouvons conclure que l’épaisseur du crâne augmente rapidement dans les premières années de la vie, et cela par la formation d’une quantité relativement considérable de diploé; l’accroissement continue jusqu’au moment où le crâne lui même ne change plus de volume. Lors de la vieillesse, dans certains cas, les deux lames ont augmenté d’épaisseur aux dépens du diploé, ce qui est le fait le plus général, tandis que d'autres fois les cellules du diploé se sont creusées davantage. Quant à l’épaisseur elle-même des parois crâniennes, elle varie assez dans l'âge avancé. A tomes les périodes de la vie, du reste, ce sont les points les plus épais du crâne qui présentent le plus de diploé, les deux lames, l’interne et l’externe, variant peu en épaisseur, et, du reste, jamais proportionnellement à l’épaisseur de l’os au pointque l’on examine.

On sait que rien n’est sujet à variation comme cette épaisseur des os du crâne; le sexe, la race, des états morbides divers ont certainement une plus grande influence que l’âge. Quant à l’influence exercée par la race, écoutons

(1) 40 div. — 10 m. m.

le témoignage de Serres : « Pour ce qui est de l’épaisseur des os de certains crânes, écrit-il dans les comptes rendus de l’Académie des sciences pour 1853..., jel’ai rencontré à Londinières, sur des Scandinaves et des Francs de l’époque mérovingienne; d'ans le département de l’Yonne, sur des Burgondes et des Gaulois ; fréquemment à Paris, dans les fouiUes de l’église Saint-Gervais, de la tour Saint- Jacques, dans la nouvelle rue de Rivoli, et au Louvre, sur des crânes recueillis par M. de Nemverkerke. »

Rien n’est variable comme cette épaisseur; aussi n’estil pas étonnant que certains auteurs affirment que dans la vieillesse les os du crâne diminuent d’épaisseur, tandis que d’autres professent l’opinion inverse. Le vrai est que ces deux états se rencontrent également.

§ 3. — Poids et densité.

Nous venons de dire que le plus souvent le diploé diminuait aux dépens des deux tables de l’os. C’est ce qu’a parfaitement vu M. lourdes : « L’atrophie raréfiante, écrit ce savant observateur, porte principalement sur la partie spongieuse ; les lames compactes sont moins altérées; il en résulte pour certains os, notamment pour ceux qui forment la voûte du crâne, une augmentation de poids spécifique. Sur 19 pesées de calottes crâniennes détachées dans des autopsies, nous avons constaté que le poids spécifique, pour les sujets les plus jeunes, était de 1,200 à 1,1)00, tandis que pour les plus âgés il s’élevait entre 1,600 et 1,800; des exceptions limitaient la valeur de ce signe. » M. Mercier a constaté aussi cette augmentation de densité de la substance compacte des os, tandis que M. Cruveilhier, s’appuyant sur des recherches faites à la Salpétrière, conclut que « le tissu compacte du corps des

os, loin d’augmenter de densité, devient au contraire spongieux. » Il pense que « ces transformations s’accordent, en théorie, si on les regarde comme le résultat de l’atrophie du tissu osseux. » Nous pouvons ajouter, quant à nous, qu’il ne faut pas être* trop exclusif, et qu’il y a tantôt diminution, tantôt, et c’est le fait le plus commun, augmentation de densité, et par l’épaississement des deux tables aux dépens du diploé, et par diminution de la matière organique remplacée par la substance minérale. Cette augmentation de densité est loin cependant d’être régulière, comme le montre le tableau suivant (calottes crâniennes) :

Aliéné rotateur. .

G. Aliéné de 68 ans. . .

B. Aliéné, 34 ans. . ,.

F. Femme de 68 ans. . .

x\liéné

H Homme de 69 ans.. .

Homme, plus de50ans 1,465

J. Homme de 73 ans. . .

Homme, id.

K. Femme de 77 ans. . .

Homme, id.

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