MODIFICATIONS CHIMIQUES
Nous avons fait en deux points l’analyse du crâne décrit à l’observation XXXVI. Au point atrophié du pariétal, la composition a été :
Matières* organiques
Matières inorganiques. . . .
Composées de :
Chaux
Aride carbonique
Carbonate de chaux
Acide phosphorique
Magnésie, fluor, etc
En rapportant à 100 de matière minérale, on a :
Chaux
Chaux de phosphate
Carbonate de chaux
Acide carbonique
Acide phosphorique
Fluor, magnésie, alcalis, etc.
Le bourrelet externe a été analysé
au point où il pré-
sentait le plus de diploé ; sa composition a été trouvée :
Matières organiques
Matières inorganiques
Chaux
Acide carbonique
Carbonate de chaux. . . . . .
Acide phosphorique
Fluor, magnésie, etc
Sî l’on rapporte à 100 de substances minérales, l’os
sera composé de :
Chaux
Chaux du phosphate
Carbonate de chaux
Acide carbonique
Acide phosphorique
Fluor, alcalis, magnésie, etc.
M. Alphonse Milne- Edwards a bien voulu nous commu-
niquer une calotte crânienne provenant d’un individu
mort de corps fibreux de l’utérus,
et âgé de 67 ans.
Cette calotte crânienne très-amincie,
à profonds sillons
vasculaires, d une densité un peu au-dessus de la
moyenne, a la composition suivante :
Matières organiques 45,000
Matières inorganiques 55,000
Chaux 17,714
Acide carbonique 4,011
Carbonate de chaux 9,116
Acide phosphorique 30,930
Magnésie, fluor, alcalis, etc. . 2,345
et pour 100 de matières minérales :
Chaux 32,21
Chaux du phosphate 22,93
Carbonate de chaux 16,12
Acide carbonique 7,29
Acide phosphorique 56,21
Fluor, magnésie, alcalis, etc. 4,38
Comparons ces analyses, et entre elles et avec celles de crânes non atteints d’atrophie sénile.
Et d’abord, comme on devait s’y attendre, on remarque beaucoup plus de matières organiques dans le bourrelet où le diploé est le plus abondant qu’au point atrophié où la quantité de matières organiques est plus faible que dans aucun des crânes que nous avons examinés ; deux seuls, C et K, s’en rapprochent (41 et 41,06), et ce sont précisément ceux où le diploé est le moins abondant.
L’acide phosphorique, ou le phosphate de chaux, est plus abondant au point atrophié qu’au point hypertrophié; le crâne R tient encore ici le milieu; à l’endroit atrophié, la quantité de phosphate est plus grande que dans les autres crânes de vieillards (56 et 59).
La chaux est un peu moins abondante au point atrophié qu’au bourrelet hypertrophié, et surtout que dans les autres crânes (Cf. Tab., I, p. 39).
Quant au carbonate de chaux, il a été bien au-dessous de la moyenne (18,27) à l’endroit lésé, où il est descendu à 12,10; plus abondant dans le crâne R (16,12), il s’est rapproché de la moyenne au point hypertrophié (17,65).
Le crâne atrophié diffère donc encore plus que les autres des crânes d’enfants et d’adultes au point de vue de sa composition chimique.
Bibra avait examiné des crânes atrophiés, et, d’après Geist, « l’analyse chimique ne donna rien d’anormal ; la partie amincie, où le tissu diploïque manque tout à fait, contient plus de substance anorganique que les parties hyperostosées, épaissies, qui renferment plus de substance diploétique; ce qui s’explique dans les parties amincies par le manque de diploé» (1).