L. 78 ans
F. 68 ans
M. 82 ans
H. 69 ans
N. 83 ans. . . . ,
J. 75 ans
O. 84 ans
M. Tourdes
est arrivé aux
mêmes résultats.
« L’atro-
pliie graisseuse, écrit-il, constitue l’altération sénile des os, dans lesquels diminuent en même temps les vaisseaux et la proportion d’eau et de matières albuminoïdes» (i).
Pour doser la matière grasse, nous nous* sommes servis du procédé suivant : un poids P d’os réduit en poudre et desséché est mis dans un flacon taré avec une quantité suffisante d’éther Q. Le contact ayant été assez prolongé, au moyen d’une pipette on prélève une quantité Q’ d’éther qu’on laisse évaporer dans une capsule tarée, dont la pesée donnera le poids P’ de graisse tenue en dissolution dans l’éther évaporé (“2). Le poids de matière grasse contenue dans 100 parties d’os supposé sec est donné par :
Quoiqu’en dise M. Lehmann, la graisse est bien plus abondante dans les os des individus âgés que dans ceux des jeunes sujets. Cette quantité de matière grasse était, dans certaines calottes crâniennes examinée, telle qu’elle sourdait en petites gouttelettes par l’action de la lime, fait que nous n’avons jamais observé lorsque nous avons traité de la même manière les os de sujets jeunes encore.
(1) « MM. Gosselin et Regnaud ont trouvé dans le suc médullaire, suivant les âges, les proportions suivantes de graisse : 1,88 pour les jeunes sujets, S, 32 pour des adultes, 8,12 pour des vieillards.» Art. Age du Dict. encycl. des Se. mèd.
(2) Procédé indiqué par le Dr C.-A. Couderoau dans sa dissertation inaugurale, 1869.
On conçoit combien il est difficile de déterminer exactement la quantité d’eau contenue dans les os; aussi les écarts dans les chiffres donnés sont-ils très-considérables. Stark, analysant l’os à l’état frais, a noté que le tissu compacte en renfermait de 3 à 7 p. 100, le tissu spongieux de 12 à 30.
On admet aussi que les os des jeunes sujets sont plus riches en eau que ceux des adultes. « Friedleben a calculé que la quantité d’eau change peu à peu jusqu’à la naissance, allant de 46 à 34 p. 100, puis augmente un peu dans les premières années de la vie et atteint 40 p. 100, puis diminue chez l’individu adulte de manière à n’être plus que de 22 p. 100.» (1). Nous donnons plus bas le résultat de cinq analyses faites sur des os du crâne (pariétal) s’étant trouvés dans les mêmes conditions et datant de plusieurs années.
Nous ne nous dissimulons pas combien nos résultats sont imparfaits, aussi ne rapportons nous ce tableau qu’à titre d’indication; les chiffres obtenus expriment des quantités évidemment non absolues, mais relatives, et à ce litre ont leur utilité :
A. Nouveau-né 9, 8566
. P. Adulte (30 ans environ) 8,1726
B. Homme de 34 ans 7,5193
K. Femme de 77 ans 6,9851
O. Femme de 84 ans 6,5497
La pesée de la matière desséchée doit être faite trèsrapidement, car rien n’est hygrométrique comme la substance osseuse réduite en poudre et chaude.
(L Küline, Op. cit., p. 395.
Dans des expériences préliminaires, nous avons vu qu’une quantité d’os pesan t 2,7 1 0, renfermée dans la cage delà balance, dans un air confiné, avait, en moins d’une heure, pu augmenter de 0,120; à l’air libre, cette même quantité s’empara en cinq minutes de 0,003 de vapeur d’eau; à peine avions-nous terminé la pesée de quelques instants, que le plateau delà balance, sensible d’ailleurs à un demi-milligramme près, trébucha de nouveau. Le mieux est, pour éviter ces causes d’erreur, de- se servir de deux verres de montre rodés entre lesquels on place la substance à peser.
Après avoir parlé assez longuement des matières organiques, nous allons nous occuper maintenant des sels dont les proportions relatives varieraient aussi suivant les âges. Mais avant tout faisons observer que, malgré de nombreuses recherches, la véritable formule du phosphate de chaux ‘contenu dans les os est encore à trouver. « En ce qui concerne la présence d’un seul phosphate de chaux, 3CaO,Ph05, dit Kühne, les opinions basées sur les analyses les plus récentes sont encore partagées. Reckk a trouvé, en tenant compte de l’acide carbonique et du fluor combinés à la chaux contenue, chez les jeunessujets, du moins, trop d’acide phosphorique pour former le phosphate de chaux, de sorte qu’avec ce dernier, il faut admettre une petite quantité de sel neutre CaO,Ph05. Folwarczny, au contraire, adopte la vue d’Iieintz d’après laquelle il y a seulement du phosphate tribasique dans les os, 3 CaO,Ph05. *(Op. cit. p. 394).
La question, on le voit, est loin d’être résolue, aussi dans les analyses dont nous donnerons plus bas les
résultats, avons-nous tourné la difficulté en closant séparément l’acide carbonique, la chaux, la magnésie et l’acide phosphorique, car vouloir donner la proportion exacte d’un sel à composition incertaine est, on le comprend sans peine, chose impossible.
Nous allons tout d’abord décrire avec quelques détails les procédés que nous avons employés, dussions nous nous répéter un peu parfois. Indiquer avec soin le modus faciendi, c’est permettre de contrôler les résultats auxquels on est arrivé.
Presque toujours les auteurs négligent de faire connaître leur méthode d’analyse; ils se contentent le plus souvent d’énoncer simplement les résultats auxquels ils sont arrivés, de telle sorte que ne connaissant pas les conditions dans lesquelles s’est trouvé placé l’auteur, celui qui veut contrôler arrive parfois, en reprenant la même question, à des résultats très-différents. Tel procédé vaut évidemment mieux que tel autre; telle méthode d’analyse excellente dans un cas donné, ne peut fournir que des résultats fautifs dans telle autre circonstance. Aussi croyons-nous utile de préciser et d’indiquer notre manière de procéder.
1° Dosage de l’acide carbonique. — Une quantité quelconque d’os réduit en poudre et desséché est divisée en deux portions; l’une servira à doser les sels; on dose avec l’autre la quantité de gaz carbonique.
Nous nous sommes servis de Pappareil de Wurtz qui nous a donné les meilleurs résultats. Cet appareil consiste en deux petits ballons réunis par un tube coudé en forme d b. Dans l’un de ces ballons b , que l’on a soin de boucher, on place la substance à analyser; on verse de l'acide sulfurique dans le ballon a; on souffle par l’ouverturede ceballona, en ayant soin de soulever en même
temps légèrement le bouchon du ballon b; l’acide, chassé par l’excès de pression, se rend en partie dans le ballon bt où l’on a mis un poids connu d’eau destinée à favoriser la réaction ; le gaz carbonique se dégage, et, barbottant à travers l’excès d’acide sulfurique, se dessèche; on a soin, à la fin de l’opération, de souffler par le tube du flacon b pour chasser la petite quantité de gaz qui pourrait séjourner dans l’appareil.
Les différences de pesées donnent la quantité de gaz carbonique contenue dans la matière en expérience; on n’a plus qu’à rapporter cette quantité à cent.
2° Une autre partie d’os est placée dans un creuset taré. On donne en commençant un coup de feu de manière à détruire, tout d’abord, la substance grasse, qui brûle avec flamme; puis on conduit la calcination à petit feu, afin d’éviter l’agglomération d’une partie de la matière qui, englobant du charbon, pourraitn’en être débarrassée que difficilement. On calcine jusqu’à ce que l’on obtienne des cendres complètement blanches.
Le résidu est attaqué, à chaud, par la plus petite quantité possible d’acide azotique; on étend la liqueur d’assez d’eau distillée pour avoir un volume de 200 c. c. que l’on partage en deux parties inégales, l’une de 50 c. c. et l’autre de 150 c. c. Le premier liquide sera désigné parle n° A, le second par le n° B.
Liquide A. - Dans cette liqueur acide par l’acide azotique, on peut doser de suite l’acide phosphorique au moyen de l’azotate de bismuth, suivant le procédé indiqué par M. Chancol. La liqueur titrée s’obtient en dissolvant 20 grammes de bismuth pur dans 200 grammes d’acide azotique et ajoutant au tout assez d’eau pour faire un litre; 1 c. c. précipite 0,0068 d’acide phosphorique.
On peut encore doser ce dernier corps, et c’est cette
substance que nous avons employée, au moyen du phosphate d’urane ; mais il faut avoir soin pour cela d’opérer sur des liqueurs complètement neutres; il est facile, par un léger coup de feu, de se débarrasser de l’excès de vapeurs nitreuses; on peut aussi saturer l’acide au moyen d’un carbonate, le carbonate de chaux ou le bicarbonate de soude, par exemple.
Nous empruntons au travail déjà cité du Dr Goudereau le procédé de dosage : « Préparer, écrit-il, deux solutions, Pune de phosphate de soude, l’autre de nitrate d’urane dont on détermine ensuite le litre.
« Yerser dans un petit ballon 10 centimètres cubes de la dissolution de nitrate d’urane dans laquelle on laisse tomber une goutte de dissolution de cyanure jaune do potassium qui donne au liquide une coloration brune. Yerser peu à peu dans le ballon, à l’aide d’une burette de Mohr, la dissolution titrée de phosphate de soude, en portant de temps en temps la liqueur à l’ébullition, jusqu’à ce que la coloration brune disparaisse. A un certain moment, de brun qu’il était, le précipité devient brusquement blanc, légèrement teinté de bleuâtre. Par l’addition d’une nouvelle goutte, le précipité devient bleu. Ce changement de couleur est très-tranché et peut donner un résultat très-exact quand on opère sur des liqueurs neutres. A ce moment, on lit sur la burette le nombre de divisions employées. »
Parce moyen, on détermine que N divisions de liqueur d’urane étaient neutralisées par N’ divisions de solution normale de phosphate de soude contenant un poids P
d’acide phosphorique. donnera la quantité du même
icide contenu dans une division de la liqueur titrée.
Dans l’essai d’analyse, la même quantité N de liqueur
uranique additionnée de cyanure jaune est mélangée à une partie Q de la liqueur A. On procède comme nous vonons de le dire en achevant de neutraliser avec n divisions de la solution normale de phosphate de soude. N’-n représente évidemment la quantité d’acide phosphorique contenue dans le poids Q de liquide analysé. Ayant :
N’ : P: : N’-n: x, et connaissant x — 0, on a :
qui donne le poids de l’acide phosphorique contenu dans une quantité donnée de liqueur. Il est alors très-facile de rapporter à 100 parties d’os supposé sec.
11 nous est arrivé plusieurs fois d’avoir, en opérant de cette manière, un très- léger dégagement d’acide cyanhydrique. Exposé quelques instants à l’air, le précipité est devenu tantôt jaunâtre, tantôt même verdâtre; alors, une partie du sel d’urane était évidemment décomposée. Le précipité s’est aussi coloré en bleu, ce qui tenait vraisemblablement à la formation d’une très petite quantité de bleu de Prusse; c’est dans de semblables circonstances que nous avons perçu l’odeur d’amandes amères. Dans tous les cas, ces différences dans la coloration n’influent nullement sur le résultat.
Dosage de la chaux. — La liqueur est additionnée d’acétate de potasse ou de soude afin d’opérer sur un liquide rendu acide par l’acide acétique. Toute la chaux est précipitée au moyen de l’oxalate d’ammoniaque., recueillie, desséchée, puis calcinée légèrement de manière à être transformée en carbonate :
CaO,C203 = GO + GaO, CO2.
On reprend par l’acide chlorydrique dont on détruit l’excès au moyen de la chaleur ; on a ainsi du chlorure de calcium dont on déterminera la quantité de chlore par une solution titrée et normale de nitrate d’argent; il faut avoir soin d’opérer dans des liqueurs complètement neutres. Le liquide analysé est coloré en jaune par une solution de chromate neutre de potasse. Dès qu’on approche du point de saturation, chaque goutte de liqueur normale produit une coloration rougeâtre qui disparaît par l’agitation: « Quand la saturation est complète, une goutte de réactif suffit pour donnera la totalité du liquide * une coloration rougeâtre faible , persistante (chromate d’argent). On doit s’arrêter dès que cette teinte apparaît, et lire le nombre de divisions employées. » (Coudereau.)
On a déterminé, au moyen d’un calcul très-simple, le poids G de chlore correspondant à une division de la liqueur normale ; x = N x C représentera évidemment la quantité de chlore existant dans le chlorure de calcium analysé.
D’autre part, CaCl étant le chlorure de calcium, 35,43 de Cl sont contenus dans un poids 55,43 de CaCl , et correspondent à 20,00 de calcium ou 28,00 de chaux, d’où :
GaO —
On ramène au poids de matière employée, puis à 100 comme précédemment.
Ges deux procédés de dosage de la chaux et de l’acide phosphorique sont très-sûrs. Nous avons vu qu’il fallait renoncer, tant qu on ne connaîtrait pas exactement la composition des os, a doser directement le carbonate et le phosphate de chaux. Ainsi le procédé enseigné par M, Lassaigne et suivi, d’ailleurs, par tous ses succès-
seurs, est évidemment fautif en ce qu’il suppose l’acide phosphorique des os à l’état de phosphate tribasique; par le procédé de M. Lassaigne, toute la chaux du phosphate nest pas précipitée et est ensuite comptée comme carbonate.
Dosage de la magnésie. — Dans les liqueurs d’où l’on a précipité la chaux, on verse un excès d’ammoniaque, puis une quantité suffisante de phosphate de soude, pour précipiter toute la magnésie à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien qui, par la calcination, passe à l’état de pyrophosphate. En multipliant par 0,36661 on a le poids de la magnésie.
D’après certains auteurs, M. H. Frey, par exemple, la quantité de phosphate varie suivant l’âge, les conditions de nutrition et les différentes parties du squelette. Ici nous nous trouvons encore, en présence de deux opinions contradictoires. Pour les uns, la proportion de phosphate de chaux irait en augmentant avec l’âge, tandis que chez les sujets jeunes encore, le carbonate de chaux serait plus abondant. Lehmann a, chez un nouveau-né, noté 1 partie de carbonate pour 3,8 de phosphate de chaux, tandis que chez l’adulte et le vieillard la quantité de carbonate n’était plus que de 1 sur 5,9 et 1 sur 8,1. M. Lassaigne est arrivé à des conclusions analogues, et quoique se servant d’un procédé fautif, cet auteur a pu obtenir des résultats comparables, puisque la chance d’erreur était toujours la même ; aussi les nombres qu’il indique ne sont-ils que relatifs. M. Lassaigne a constaté chez un nouveau-né 1 de carbonate pour 3,6 de phosphate, chez un enfant de 6 ans 1 sur 5,3, tandis que chez un adulte cette même
quantité de carbonate est tombée à 1 sur 6 , et chez un homme de 81 ans à 1 pour 6,60. « Le carbonate de chaux, dit à ce sujet M. Tourdes, correspondrait à une époque moins avancée de l'ossification; la proportion de ce sel terreux augmente, en effet, dans le rachitisme. »
M. Alphonse Milne Edwards a, au- contraire, trouvé que «chez les jeunes animaux, la proportion du carbonate est plus faible relativement au phosphate que chez les animaux adultes, et que, dans la vieillesse, cette différence augmente encore» ( op . cit., p. 51). Ce sont là r aussi les conclusions que Bibra a pu tirer de ces nombreuses recherches. Pour d’autres auteurs encore, MM. Robin et Fremy, par exemple, la composition en phosphate est la même, à très-peu de différences près «dans toutes les conditions d’âge et de sexe, sauf dans la carie et la nécrose» (1). M. Fremv, dans ses analyses, indique cependant une légère différence dans la proportion relative des phosphates et du carbonate. Un fémur d’homme, âgé de 40 ans, lui a donné : phosphate de chaux, 56,9: phosphate de magnésie, 1,3; carbonate de chaux, 10,2; le même os, chez une femme âgée de 80 ans, renfermait : phosphate de chaux, 60,9; phosphate de magnésie, 1,2; carbonate de chaux, 7,5.
Ici encore nous citerons M. Milne Edwards pour nous rendre compte de ces divergences d’opinion : «Il ne faut pas s’étonner, dit-il, de trouver à chaque pas de ces contradictions... qui s’expliquent facilement par des variations individuelles qui sont très-considérables car les os humains proviennent d’individus dont la nutrition a été profondément altérée» [op. cit., p. 51). Quant à M. Ed-
(1) Dict. de Littré et Robin, art. Osseux.
wards, il se range à l'opinion de Bibra qui a fait ses analyses sur des os' d’animaux dont il connaissait l’âge, et qu’il sacrifiait en pleine santé. Bibra a noté que la «proportion du carbonate est plus faible chez les jeunes sujets. »
M. Milne Edwards a institué une série d’expériences d’où il ' ressort que l’acide carbonique agissant sur du phosphate basique de chaux donne lieu à un carbonate. La raison chimique de la variation de composition de l’os est alors la suivante suivant cet auteur : Une semblable action a lieu par la décomposition du fluide nourricier. Ce carbonate est repris par le sang et évacué au dehors. « Suivant que cette élimination se ferait plus ou moins rapidement, on devrait retrouver plus ou moins de carbonate de chaux dans l’os. »
Nous avons fait sept analyses de pariétaux de vieillards, dosant l’acide phosphorique, l’acide carbonique, la chaux et dans trois cas la magnésie; nous avons calculé la proportion de carbonate de chaux et la quantité de chaux contenue dans le phosphate.
Le tableau n° 1 contient le résultat de ces analyses rapportées à 100 de matières inorganiques; il indique aussi deux analyses comparatives de pariétal d’enfant et d’adulte. Dans le tableau n° 2 les quantités de chaux, d’acide phosphorique, etc., sont rapportées à 100 d’os supposé sec.
A l’aide du tableau n° 1, nous allons étudier successivement chacune des parties inorganiques.
Tableau n° 1
Acide
carbonique.
Acide
pbosphorique.
Chaux.
Carbonate de chaux.
Chaux
du phosphate.
Magnésie.
Fluor, alcalis, fer, etc.
A. 1 an
P. Adulte