Causes locales non inflammatoires
Les anciens auteurs incriminaient d'habitude les excès
génitaux et faisaient rentrer l'hypertrophie sénile de la
prostate dans le cadre des maladies vénériennes. Si on examine les excès génitaux on voit qu ils sont de deux sortes : les excès par exagération de coït et les excès en moins ou excès par abstinence.
Cette expression un peu contradictoire rend bien notre idée. En effet l'abus du coït amène une congestion fré-
quente, un véritable surmenage de la prostate et du sur-
menage d’un organe à son hypertrophie la transition est
naturelle. Nous verrons dans le chapitre suivant la valeur de toutes ces données étiologiques. Si au contraire pour
une cause quelconque un homme dans la période d’acti-
vité sexuelle supprime le coït, de deux choses lune : ou bien la suppression est normale chez lui parce qu'il
n'a que peu d’érections ou bien elle est anti-physiologique parce qu'il a des érections mais ne veut pas ou ne peut pas les satisfaire; et plus il s'oppose à l'évacuation de ses glandes prostatiques, plus les substances qu'il y accumule produisent une irritation et une congestion de la prostate.
Si nous envisageons maintenant les écarts génitaux comme causes de congestions répétées de la glande nous voyons que la masturbation produit une action analogue à celle de l'abus du coït et que, au contraire, les érections prolongées et le coït incomplet ont des conséquences semblables à celles de l’abstinence. Or, il n’est rien de si fréquent que les érections prolongées et que le coït incomplet (Reliquet); ce dernier qui est pratiqué couramment dans le. but d’éviter la fécondation n'amène en effet qu'une évacuation incomplète des glandes prostatiques. Les écarts génitaux ont pour certains auteurs une telle importance que Fenwick à décrit une « prostate onaniste » à lobes gros el mous paraissant correspondre à une hyperplasie surtout glandulaire de la prostate. AE
On a incriminé aussi l'équitation qui produit des traumatismes répétés de la glande. Tout ce chapitre des causes locales non inflammatoires est nié de la façon la plus absolue par MM. Guyon, Cooper. L'influence des rétrécissements sur l’hypertrophie de la prostate à aussi été discutée. Thompson et M. Guyon rejettent cette influence sans cependant admettre comme Cruveilhier qu’un rétréci ne peut pas devenir un prostatique.
M. Guyon soutient cette Opinion en se basant sur des faits cliniques et aussi sur cette théorie que : rarement les prostatiques sont d'anciens rétrécis, la prostatite produi-
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sant des tissus rétractiles et non une hypertrophie de la glande. Cependant pour d’autres auteurs le rétrécissement peut être une cause de congestion parce qu'il est une cause de stagnation d’urines.