CHAPITRE V
Revenons rapidement sur la théorie de l’artério-sclérose. “e
-« C'estainsi que l’on accorde une véritable influence à tou- AE
tes les circonstances qui déterminent une excitation plus e ou moins vives sur la vessie et la prostate, et que l’on accuse par exemple les calculs vésicaux, les rétrécissements de l’urèthre, le passage réitéré des instruments +4 … dans lecanal,les inflammations du canal et de la prostate. Civiale, qui peut être considéré avec raison comme un de ceux ayant le plus fait dans notre siècle pour la connaissance des maladies des voies urinaires, et qui joignait à une habileté opératoire très remarquable un grand sens clinique, Civiale ne craignait pas d'accorder à cet ordre de causes une puissance que les faits ne confirment pas.
Sir H. Thompson, dans ses remarquables études sur l’hypertrophie de la prostate, conteste avec raison cette in- He fluence, et je ne puis pas non plus pour mon compte adopter les opinions défendues par Civiale » (Guyon).
M. le docteur Guyon entre ensuite dans la discussion de sa théorie et il développe cette idée : qu’un rétréci n’est pas un prédisposé à l’hypertrophie, que les calculs vésicaux n’ont aucune influence sur cette hypertrophie et il élimine de même les prostatites: « Nous ne voyons jamais les prostatites conduire à l'Aypertrophie de la
glande »,
Pour M. le docteur Guvon, il faut s'arrêter presque
uniquement à l'influence de l’âge, l’âge est une cause.
nécessaire mais non une cause suffisante puisque tous les vieillards ne sont pas prostatiques.
Nous allons maintenant donner avec quelques développements la théorie pathogénique glandulaire.
Cette conception pathogénique, peut être résumée en ces mots : « La prostate sénile est de nature, d'origine et d'évolution glandulaires (Guépin) ». Nous la présentons ici d’après une communication récente à l'Académie de
Médecine, de M, Guépin (30 mai 1899).
« Avec plus d’exactitude, on désignerait l'hypertrophie sénile de la prostate par les mots prostatite sénile (Reliquet et Guépin); les considérations sommaires qui vont suivre le démontreraient au besoin. Sans insister sur des raisons trop évidentes, 1l suffit de rappeler que bien des grosses prostates ne sont pas hypertrophiées dans le sens usuel, mais abusif du terme et que les transformations
des tissus, avec ou sans prostatomégalie très notable, qui,
caractérisent la maladie constituée sont le fait de la sénilité dont l’âge est le premier facteur, qu'en somme le volume de la prostate ne fournit point des indications précises sur l’étendue ou la nature de ces altérations et que la sénihté manifeste son influence sur les glandes génitales déjà pathologiques par un processus de régression spéciale aussi différent de l’atrophie vraie que de la
sclérose diffuse, totale, sans systématisation ».
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