‹ Recherches sur l'évolution du signe de Babinski physiologique de l'enfantChapitre 14 sur 24 · NES · texte numérisé non relu

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comme Noïca, par la suppression momentanée de l’excitabilité réflexe des muscles due à l’ischémie.

De ces faits, ressort, outre l'obligation de ne rechercher le réflexe plantaire que sur des sujets dont les membres inférieurs sont libres de toute compression, également celle d'attendre quelques minutes pour éliminer complètement cette influence. Les résultats obtenus par l'excitation plantaire de l'enfant avant son extraction (présentation du siège et même in utero, sans le contrôle de la vue dans les versions) doivent être éliminés. Si, dans une présentation du sommet, les membres inférieurs sont relativement peu comprimés lors de l'extraction, nous pensons cependant que la recherche du réflexe ne peut se faire dans de bonnes conditions, non seulement du fait des compressions, mais des traumatismes divers inévitables, des modifications profondes des fonctions circulatoire ou respiratoire et de l’organisme tout entier soumis alors à une influence impossible à éliminer, car elle est due à trop de facteurs : le refroidissement ;

4° Sans doute, la régulation thermique, qui jusqu’à la naissance n’a pas été nécessaire, n’est pas organisée chez le nouveau-né (1), encore incapable de réaliser un hétérochronisme calorique actif analogue à celui de l’adulte, capable lui de sacrifier sa périphérie pour

(1) I s’agit là d’ailleurs d’un phénomène commun à l'espèce humaine et à d’autres espèces où le nouveau-né est inachevé; ainsi, chez le chien, lactivité vaso-motrice bulbaire ne peut être déclanchée, ni par l’asphyxie, ni par excitation des fibres nerveuses afférentes, efficaces chez l'adulte. E. Meyer et Pierre Mamaigu. ©. R. Soc. de Biologie, 1920).

maintenir sa température centrale; mais pour cett. raison même Île nouveau-né subit plus passivement les variations extérieures de température. Quels que soient d’ailleurs la cause et le mécanisme de ce refroidissement local, les conséquences sont vraisemblablement de même sens chez le nouveau-né et chez l’aduite. Or, cette influence est bien connue et nous ne ferons que citer un cas des plus nets publiés par Noïca et Radovici (64) : une hémiplégique examinéé à son entrée à l’hôpital, où elle était arrivée l’hiver avec les pieds nus, ne présentait pas le signe de Babinski qui fut constaté très nettement, après qu’elle fut couchée et réchauffée. La contre-épreuve, établie dans le but de rechercher si le Babinski disparaissait par refroidissement, fut positive.

Un jour, qu’au cours de nos examens d’enfants, nous les avions trouvés debout à notre arrivée, par temps de froid, 7 d’entre eux sur 13 avaient des réponses très difficilement provocables et peu nettes, leurs pieds étaient très froids. Ces résultats ont été éliminés et une nouvelle recherche faite quelque temps après dans de meilleures conditions a donné sur 5 (2 n’ayant pas été revus) des résultats nets. L’un d'eux, âgé de 2 ans, avait la première fois un réflexe de Babinski à gauche, et la seconde fois une flexion des plus nettes de ce même côté.

5° Chez les enfants, dont l’agitation est presqu’incessante, un obstacle sérieux est dû aux troubles apportés par les efforts musculaires. Déjérine et Thomas (45) recommandent de rechercher le réflexe cutané plantaire, les muscles étant relâchés, et pour réaliser cette condition le sujet sera couché, la jambe légère-

ment fléchie sur la cuisse, le membre inférieur en rotation interne.

De Souza et de Castro (53), Niculesco (76), notent qu’en passant de la position couchée à la position assise, le gros orteil se met en extension au maximum de l'effort. Pour ces auteurs, il s’agit là d’un mouvement associé qui devient plus marqué dans le cas de lésions pyramidales. Les peintres connaissent ce fait. Horace Vernet, dans son tableau « Mazeppa », associe l’hyperextension du gros orteil à une contraction énergique de toute la musculature, d’une façon des plus typiques (1).

En regard de ce fait, nous rappellerons que l’hypertonie musculaire normale du jeune enfant s’accompagne de l’extension spontanée du gros orteil, fait noté également par les peintres.

6° Boveri (61), Guillain et Barré (66) considèrent, pour la recherche du réflexe plantaire, que celui-ci se produit dans de meilleures conditions, dans la position couchée ventrale du sujet, la cuisse dans le plan du corps, la jambe fléchie à angle droit et le pied fléchi dans la même proportion, le cou-dé-pied soutenu légèrement par la main de l'observateur.

Guillain et Barré (66) publient de très nombreuses

observations de malades présentant le signe de Babinski dans la position couchée soit dorsale soit ven- “trale simple, mais qui avaient la flexion du gros orteil dans cette position particulière, plus favorable à la production du réflexe en flexion. Ce fait est attribué

(1) Nous devons cet exemple à M. Horel, artiste peintre, qui nous à fait remarquer d’autres cas analogues.

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