‹ Recherches sur l'évolution du signe de Babinski physiologique de l'enfantChapitre 15 sur 24 · RES · texte numérisé non relu

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par eux à une facilité moindre dans la production des mouvements de défense et à une diminution de l’influence de la volonté. Sans vouloir établir un parallélisme absolu, nous remarquerons, que dans cette position, le pied est plus fléchi que normalement. et, d'autre part, que dans la paralysie radiale, la flexion des doigts ne peut être obtenue qu'après avoir fléchi passivement le poignet.

Quelle que soit l’explication de ce fait, nous avons tenu à noter les résultats obtenus dans cette position.

7° Bien souvent, les recherches des réflexes chez les enfants ont été faites sur .des sujets hospitalisés, certains même pour affections nerveuses diverses, mais le plus souvent pour des affections banales, qui cependant ont nécessité l’hospitalisation. Si le système nerveux complètement développé de l’adulte est assez peu sensible à ces actions, ce n’est pas le cas de l’enfant.

Déjérine et Thomas (45) l’exposent très nettement : « toutes les infections de l’enfance : pneumococcie, streptococcies ou infections de nature indéterminée sont susceptibles de déterminer des localisations graves dans la moelle ». Sans cependant vouloir attribuer une influence trop grande à des causes parfois minimes, nous concluerons à l’élimination de tout sujet pathologique, y compris les débiles caractérisés suivant Sales et Valery Radot (82) par leur poids et surtout leur taille très inférieurs à la normale, les débiles étant souvent des prématurés non révélés par un interrogatoire incomplet.

Par conséquent, dans la recherche des limites physiologiques, il est préférable d'éliminer les prématurés, toujours dans un degré d’inachèvement du système

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nerveux plus prononcé que l’enfant né à terme, même si la naissance prématurée est purement accidentelle, car très souvent la même tare des générateurs (syphilis, alcool) qui a provoqué l'accouchement prématuré en a fait également des dégénérés (Wallich et Fruhinsholz) [48]. Si cette dernière catégorie rentre dans le cadre des cas pathologiques, il semble d’autre part que l'influence de la prématurité pure n’est surtout sensible que dans un temps parfois assez court et qu’elle s’atténue par la suite. Îl est de toute évidence qu’un prématuré de 7 mois par exemple, n’a deux mois après sa naissance qu’un système nerveux de 9 mois (to au moins approximativement, car il s’est développé durant ces deux mois dans des conditions très différentes de celles de la vie intra-utérine) ; il nous paraît devoir être comparé à cette époque, plutôt à un nouveau-né normal qu’à un enfant normal de 2 mois.

Mais cette différence s’atténuera de plus en plus. Pinard indique que la marche chez les prématurés s'établit entre 12 à 18 mois (c’est-à-dire, à peu de chose près, à l’époque normale); cette catégorie de prématurés non tarés se développera en général d’une façon normale tant au point de vue physique qu’intellectuel (Wallich et Fruhinsholz) [48].

8° Pour clore ce chapitre des variations dues au sujet, nous attirerons l'attention sur l’anatomie un peu spéciale du pied. Cet organe a été, au cours de son développement, comparable à la main. Mais alors que celle-ci a des muscles plus différenciés, le pied dont les fonctions (celles du gros orteil surtout) sont moins nettes, a des muscles moins différenciés, certains étant

en voie de régression (adducteurs) et présentent chez

les divers individus des variations importantes. On conçoit que ces variétés individuelles, portant surtout sur la musculature du gros orteil, peuvent suivant leur importance, avoir une influence sur les mouvement: réflexes de celui-ci (1).

IL. La TECHNIQUE. —- Deux facteurs semblent avoir une influence primordiale sur le résultat qui sera obtenu à la suite de l’excitation plantaire : le lieu et l'intensité de cette excitation.

1° Babinski avait indiqué qu’il n’était pas indifférent de faire porter l’excitation sur une partie quelconque de la face plantaire.

Marinesco (19) indique que la flexion est obtenue plus facilement par l’excitation de la partie interne.

Déjérine et Thomas (45) signalent que le réflexe normal (en flexion) est plus accusé à la suite de l’excitation de la partie interne, alors que c’est l’inverse pour l’extension.

Wæœrkom (51} constate que le réflexe en extension

(1) Wymann rappelle que chez l’embryon le gros orteil n’est pas parallèle, mais fait un angle avec le côté du pied; il peut faire des mouvements d'opposition comme le pouce. Plus tard, ses rapports anatomiques changent, cette mobilité devient impossible; l’obliquité de la facette articulaire du cunéiforme se perd, la face tibiale de cet os se développant plus rapidement que sa face péronière. Ruge a constaté parallèlement des modifications de la musculature du gros orteil. A certains stades du développement ontologique, l’adducteur transverse du gros orteil présente un développement considérable que suit l’atrophie de ce muscle.

Cette structure reproduit une fonction de préhension qui subsistera chez les singes (qui du reste peut être reproduite chez le fœtus) et explique l'indépendance relative des mouvements du gros orteil (in Wærkom) Rev. neurol., 1912, p. 285.

est surtout provocable par l'excitation de la partie latérale.

Pastine (110) considère ce bord externe comme une zone d’excitation minima dont l’excitation ne produira pas une réaction de défense se traduisant par un mouvement de retrait, mais uniquement une extension du gros orteil.

Chez un hémiplégique de 36 ans, Krumbhaar trouve un Babinski net avec extension du gros orteil par excitation de la région plantaire externe et une flexion non moins nette, par celle du bord interne.

Boveri (61) et Tournay, dans un cas de poliomyélite, trouvent des résultats analogues. Adoptant le point de vue de ces auteurs, nous considérons avec Guillain et Barré (66) cette région externe comme une zone optima pour l'obtention du réflexe plantaire dans toute sa pureté, sans déclanchement de réactions parasites (phénomènes de défense à l’occasion desquels Ja moelle manifeste ses propriétés automatiques).

2° Etudiant d’autre part l'influence de l’intensité de l’excitation, nous rappeilerons que : Marinesco (19) avait trouvé que dans certains cas de lésions du faisceau pyramidal l’excitation légère du bord interne s’accompagnait de flexion, et que si elle devenait plus forte, d'extension. Van Woærkom (51) obtient des résultats analogues chez le nourrisson dont les orteils se fléchissent en se rapprochant à la suite d’une pression douce de la partie antérieure du pied, mais qui s'étendent si l’excitation devient plus vive ou légèrement douloureuse. Pastine, constate lui aussi, cette variabilité du réflexe suivant l’intensité de l’excitation : chez un paraplégique il obtient par une exci-

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tation plantaire un peu forte ou répétée la flexion nette de tous les orteils associée au mouvement de « triple flexion » et il n’obtient le signe de Babinski isolé et positif que par une excitation minima. Barré et Morin (71) attribuent à la flexion et à l’extension deux « seuils » différents; l’une ou l’autre pouvant être produite à volonté en excitant la plante d’une façon très légère, ce qui déclanche ordinairement la flexion, puis d’une façon plus forte, ce qui amène l'extension. Une explication de ces faits peut se trouver dans les constatations de Radovici et Fischgold (80) qui s’attachent après Hoorweg, Weiss, Lapicque et Bourguignon à établir les rapports entre l’excitant physique et la réaction des centres nerveux, appliquant la loi de Weber-Flechner établie, pour les sensations; très discutée quand il s’agit d'apprécier le degré d’une sensation par définition subjective, cette loi, caractérisée par l'existence d’un seuil d’excitation, laccroissement des réponses en fonction de la grandeur de l'excitation jusqu’à un maximum au-delà duquel elles cessent de croître, paraît en l’espèce applicable. Marinesco, Radovici et Ranascu (75), décomposant le mécanisme des réflexes chez un « sujet spinal », en étudient expérimentalement, par l'emploi de la méthode graphique, les éléments constitutifs : (période de latence, phénomène de la sommation des excitants). La réaction motrice est fonction de l’intensité de chaque excitation, de leur durée, de leur nombre et de leur rythme; la durée et la répétition de l’excitation ayant plus d'influence dans la production d’un réflexe cutané que l’intensité de cette excitation.

Ces auteurs, provoquant par le choc faradique le

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réflexe plantaire chez des malades présentant le signe de Babinski, constatent qu’un seul choc même très intense est incapable .de provoquer l’extension : le malade perçoit l'excitation. les muscles se contractent sous l’électrode par excitation directe déterminant une flexion brusque des orteils, mais le réflexe en extension ne se produit pas, sinon après un nombre variable d’excitations. La seule, ou première onde centripète n’a pas été suffisante pour élaborer la réaction motrice, mais les excitations suivantes trouvant la voie de plus en plus préparée, arrivent à un moment donné à déclancher cetie élaboration qui se traduit par le signe de Babinski après un temps de latence variable avec les éléments de l'excitation. (I s’agit là d’ailleurs, d’une loi générale de physiologie neuro-musculaire). Chez deux hémiplégiques et un paraplégique spasmodique, ayant tous trois le signe de Babinski, dans une période de latence qui a varié de 0?”,28 à 1”, 56 pendant laquelle 19 à 56 excitations ont été produites, le seuil des mouvements de flexion du gros orteil a d’abord été atteint et ensuite, la sommation continuant de s’effectuer, le seuil de la réaction en extension a été atteint à son tour.

La période de latence nécessaire pour la sommation augmente avec la répétition du réflexe. Après deux ou trois répétitions, il arrive un moment où les excitations, même très fortes, très fréquentes et très nombreuses, ne peuvent déclancher le mouvement réflexe si elles ne sont précédées d’un délai de 15 à 20 minutes de repos. Ce fait est considéré par les auteurs précités, et par Verworn, Bayer et Winterstein comme dû à l’épuisement rapide consécutif à l’insuffisance d’oxy-

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gène dont les centres nerveux ne peuvent se passer un seul instant, surtout pendant leur activité, cet état d’asphyxie produisant une paralysie.

Cette hypothèse expliquerait les variations des réflexes sous les diverses influences du froid, de la compression, les échanges étant ralentis du fait de: modifications circulatoires.

Lewandowsky (47), de Angelis (41) avaient remarqué des résultats variables lorsque les excitations étaient répétées, ils avaient observé un temps de latence plus ou moins long et l’épuisement du réflexe qui devenait impossible à provoquer. De Angelis attribue ce fait à la fatigue ou à une sorte d’adaptation. Pieron (32) trouve des variations de ce temps de latence chez divers individus, et chez le même, d’une réaction à l’autre. Ce retard tient non aux appareils de réaction (car le temps perdu est moins long dans la production des réflexes tendineux), mais « à une lenteur particulière dans les processus d’élaboration de la réponse réflexe au niveau des centres dont la localisation médullaire ne paraît plus devoir être mise en doute ».

Dans la production d’un réflexe par une excitation mécanique (pointe mousse par exemple), cette excitation n’est autre chose, du fait qu’elle porte sur une série de terminaisons nerveuses, qu’une suite d’excitations (sommation dans le temps et dans l’espace) qui s’additionnant feront apparaître le réflexe. Mais la réaction en fonction des divers éléments (intensité, durée, nombre, ne peut être mesurée qu’en employant un excitant graduable et enregistrable et par l’inscrip-

tion parallèle de cette réaction.

sc)

L'emploi de l’excitant électrique et de la méthode graphique permettrait seul d'éliminer les variations dans l’excitation et l’observation, propres aux expérimentateurs; ceux-ci, en effet, se sont servis des excitants les plus divers (ongle du petit doigt, aiguilles, etc.), ont procédé par piqûres ou frictions sur un trajet plus ou moins long, avec des variations personnelles dues à une plus ou moins grande légèreté de main.

3° L'intervention de l’expérimentateur apparaît plus grande encore dans la façon dont il étiquettera les résultats. Devra-t-on ne provoquer qu’une excitation et noter comme réponse nulle l’absence de réaction? ou, d’après Bahinski, n’attacher de valeur qu’à la première réponse ?.. ou, avec Lewandowski, considérer comme positif le signe de Babinski, lors même qu’on obtient des flexions plantaires alternant avec des extensions, où, au contraire, considérer avec de Angelis la flexion comme la plus fréquente chez l’enfant, bien qu’en général il admette que la première réponse accentue la position normale des orteils qui est l’extension du gros orteil chez celui-ei.

Ceci, d’une interprétation délicate, dépend d’un sens d'observation individuel. D’une part, on peut craindre une excitation ineflicace qui ne produira pas une réponse réflexe nette. On pourra observer des légers mouvements de flexion rapides, avec une courte période de latence, et d’autre part, des excitations trop répétées, produisant une sorte d’accoutumance, d’adaptation, faussant les résultats. Inversement, il y a lieu de tenir compte de cette autre notion familière aux

physiologistes, à savoir que la répétition d’une excita-

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