‹ Recherches sur l'évolution du signe de Babinski physiologique de l'enfantChapitre 5 sur 24 · IL EXPOSÉ ANALYTIQUE DES MÉMOIRES PUBLIÉS · texte numérisé non relu

IL EXPOSÉ ANALYTIQUE DES MÉMOIRES PUBLIÉS

En 1896 et 1898, décrivant le réflexe plantaire et attirant l’attention sur sa valeur séméiologique dans les lésions pyramidales, Babinski (1, 2) signale que, chez l’enfant dont le système pyramidal n’est pas terminé à la naissance «le chatouillement de la plante du pied provoque normalement l'extension des orteils ».

Dès cette époque, de nombreux auteurs recherchèrent la confirmation de ces faits. 1

Cohn (3) trouve que, jusqu’à 1 an, il n’y a pas de réponse dans la moitié des cas, ou que celle-ci se produit en extension.

Collier (4) s’associe aux conclusions de Babinski et, comme lui, attribue l’extension, qu’il constate

(1) Cet exposé étant fait dans la mesure où il est possible, dans de si brèves analyses, de résumer sans la déformer, la pensée d’un auteur,

PARA PMAES RATE 2

jusqu’à 12 mois, au fait de la non myélinisation de la voie pyramidale. [1 donne comme argument le fait que, chez le singe, dont la voie motrice précitée est moins développée que chez l’homme, la réponse se fait en flexion dorsale.

La réponse normale en flexion plantaire apparaît à 2 ans, chez les enfants avancés, « fermes sur leurs jambes »; mais est plus tardive chez les sujets faibles, chez qui l’extension peut être observée jusqu’à 4 ans.

Pendant le sommeil, il la rencontre jusqu’à 12 ans, alors qu’à l’état de veille la flexion est seule obtenue.

Schüler (5) examine 100 enfants, ne trouve pas de réponse dans 40 cas, observe la flexion dans 30, l’extension dans 12, et des réponses indéfinies dans 18. Il conclut que, durant les 3 premiers mois, la réponse normale est la flexion.

Cestan et Le Sourd (6) constatent l’extension au-dessous d’un an.

Kalischer (7) attribue l’extention à une hypertonicité musculaire, celle-ci disparaissant et le réflexe se produisant en flexion quand le pied devient organe locomoteur.

Passini (8) assigne au neuvième mois, en moyenne, lPapparition du réflexe en flexion chez l'enfant normal. Cette transformation va de pair avec le développement général de l’enfant, « un enfant de 14 mois, qui a le poids d’un enfant de 5, a de l’extension, tandis que des enfants bien développés réagissent en flexion à partir du cinquième mois. »

Walton et Paul (9) ne trouvent pas de réflexes caractéristiques chez les enfants.

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Muggia (10) considère que l’extension, constante jusqu’à 6 mois, diminue de fréquence après cette époque et devient pathologique après 2 ans.

Finizio (11) faisant porter ses recherches sur 500 enfants, de 1 à 3 jours, trouve une réponse en flexion dans 70 % des cas, en extension dans 15 %, douteuse dans 10 % et pas de réflexe dans 5 %. L'extension observée peu après un accouchement par forceps est attribuée par lui à une hémorragie méningée, des pressions inégales occasionnant des lésions pouvant produire l’extension d’un côté et la flexion de l’autre.

Morse (12), à la suite de recherches portant sur 200 enfants, au cours de la première année, trouve que le réflexe est très souvent absent (41 %}), les autres cas se produisant en extension (24,5 %), en. flexion (16,5 %}, en extension d’un seul côté (6 Jo, en flexion d’un seul côté (7 %}), en extension d’un côté, l’autre en flexion (5 %).

Sur 94 sujets observés, par le même auteur, dans le courant de la seconde année, la réponse est en flexion dans 57,5 % des cas, en extension dans 9 %, nulle dans 15 % et unilatérale dans 18,5 %.

En somme, pour Morse, durant les 9 premiers mois, l’extension (ou flexion dorsale) est plus fréquente que la flexion plantaire, mais « durant la première année, il n’y a pas de réflexe plantaire constant, également pas dans la seconde, quoiqu'il se rapproche de celui de l’adulte, ce dernier n'étant pas encore établi à 2 ans.»

Gallewski (13) a étudié, au point de vue clinique

et histologique, le système nerveux de 9 enfants de moins de 8 mois. Dans 8 cas, où le réflexe de Babinski était positif, les faisceaux pyramidaux avaient un degré de myélinisation variant avec l’âge de l’enfant. Dans le neuvième cas, où le réflexe plantaire donnait une réponse en flexion, la voie motrice était très pauvre en myéline. Il conclut, en se basant sur ces constatations, à un étroit parallélisme entre le développement de la myélinisation, qui se fait surtout dans les premières semaines, et les fonctions physiologiques de cette voie. La persistance du signe de Babinski est due à un retard du développement des voies pyramidales.

Crocq (14, 29) considère que l’extension est la règle de 6 à 12 mois, mais diminue de fréquence après cet âge. Il n’admet pas, comme Muggia, que l’extension soit pathologique après 2 ans, bien qu’elle devienne de plus en plus rare.

Furman (16), sur 502 cas qu'il a observé, n’a trouvé le réflexe absent que 24 fois. Au-dessous de 9 mois, l’extension est la règle, la transition a lieu entre 9 et 24 mois. Si, après deux ans, il y a encore extension, c’est le signe d’une affection pyramidale.

Leri (17) publie, en 1903, un important travail sur cette question. Sur 166 enfants, d’un jour à 3 ans, il en élimine 12 présentant des réactions peu nettes; — 955 âgés de moins d’un an répondent tous en extension, sauf 1 enfant âgé de 8 jours, dont le réflexe se fait en flexion, 4 ayant des alternatives de flexions et d’extensions et 1 autre, de 9 mois, n’ayant l’extension que d’un seul côté; — 14, observés

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dans le cours de la seconde année, donnaient 8 cas d'extension; — Sur 20, dans le courant de la troisième année, 10 ont un signe de Babinski positif, et 2 seulement, sur 65, âgés de plus de 3 ans: l’un de ces derniers répondant en flexion 15 jours après.

Les enfants examinés étaient entrés dans les hôpitaux pour affections variées (athrepsie, hérédosyphilis, éruptions diverses, etc,).

Ses conclusions très nettes méritent d’être citées :

1° L'extension est la règle à la naissance;

2° À 3 ans, elle est exceptionnelle, maïs n’a pas la même signification que chez l'adulte;

3° Entre 1 et 3 ane, elle l’est également, sauf :

a) Dans les affections du système nerveux central, où cependant elle n’a pas la même valeur que chez l'adulte, car le faisceau pyramidal à peine achevé paraît être plus sensible à toute atteinte pathologique, si minime qu’elle soit, en particulier, à toute atteinte toxique:

b) Dans les troubles profonds de la nutrition générale, qui semblent avoir pour corollaires un retard dans le développement du faisceau pyramidal, celui-ci, pourrait-on dire, a, cliniquement du moins, l’âge apparent du sujet et non son âge réel:

4° C'est vers le cinquième ou sixième mois que disparaît, en général, l’extension des orteils, avec une période de transition marquée par des alternatives de flexion et d’extension ou par de l’extension unilatérale;

5° L'extension des orteils disparaît à peu près en

même temps que l'attitude spasmodique; tous deux marquent l’incomplet développement du faisceau pyramidal et, s'ils se prolongent, constituent le syndrôme de Little;

6° La flexion des orteils peut acquérir une valeur diagnostique et pronostique plus grande que l’extension. Chez un enfant qui, tardivement, ne marche pas encore (prématuré ou athreptique), elle semble être parfois le seul signe qui permette d'affirmer que le faisceau pyramidal est achevé et que n’apparaîtront pas plus tard les symptômes de la maladie de Little.

Brouchtein (18), examinant 106 enfants sains de 9 semaines à 5 ans, dit que, « dans la plus tendre enfance, le réflexe des orteils est généralement en extension. » Avec l’âge, les cas de flexion deviennent plus fréquents.

Jusqu’à 4 semaines, le réflexe manque souvent chez le nouveau-né. La flexion commence de 6 mois à 1 an, mais l’extension prédomine jusqu’à 3 ans.

De 1 mois à 4 ans on constate des mouvements indéfinis, mais le plus grand nombre de ces cas s’observe de 1 à 6 mois.

Marinesco (19) considère que l’extension, qui est la règle pendant le somméil, ne doit plus exister, après 2 ans, à l’état de veille.

Barnes (20) admet, comme Kalischer, que lextension se transforme en flexion au début de la marche, même si elle se produit tardivement; mais il trouve que la réponse n’est pas aussi marquée chez l’enfant que dans les cas graves de paralysies spasmodiques ; le système pyramidal, quoi que sa

{ myélinisation ne soit pas terminée, n’est pas sans action à la naissance.

Engstler (21) fait porter ses recherches sur un très urand nombre d’enfants sains (1.000), mais qu'il examine, pour la plupart, pendant le sommeil. Il conclut que :

l° Soit chez les prématurés, soit chez les enfants normaux, la réponse à lexcitation plantaire est lextension (94 % chez les premiers, 92 % chez les seconds, dans les 15 premiers jours) ;

2° Or, la première année, il obtient 93 % d’extension et seulement 7 % de flexion;

3° À la fin de la première année : moitié flexions et moitié extensions;

4° À 2 ans, la proportion devient : extensions 13 % et flexions 64 %, le réflexe étant absent dans 23 % des cas;

5° À 3 ans, la flexion se produit dans 90 %; le signe de Babinski, constaté après cette époque, est un phénomène anormal.

Laurent (22) trouve le réflexe en extension constant jusqu’à 6 mois, après cette période, il diminue de fréquence; devient rare, à 15 mois et est une manifestation pathologique à partir de cette date. Dans les 6 premiers mois surtout, il est associé au retrait de la jambe en triple flexion.

Naudascher (24) trouve que, chez les débiles, la flexion est la réponse la plus fréquente, 51 % (extension, 30 %, variable, 19 %).

Reono (25) constate tantôt la flexion, tantôt l’ex-

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