‹ Recherches sur l'évolution du signe de Babinski physiologique de l'enfantChapitre 7 sur 24 · APERÇU D'ENSEMBLE · texte numérisé non relu

APERÇU D'ENSEMBLE

D’après l’exposé de ces travaux, il apparaît que l'accord est loin d’être établi : non seulement les vues des divers auteurs divergent, quant à la signification du réflexe de Babinski chez l'enfant et le rattachement de son évolution à une cause déterminée, mais les résultats de leurs observations varient notablement lorsqu'il s’agit de déterminer la date d’apparition du réflexe de l’adulte.

Certains auteurs même, ne rencontrent la réponse en extension que dans un trop petit nombre de cas pour admetter qu’elle soit typique chez l’enfant. Ces derniers, les moins nombreux, trouvent, ou bien que chez l'enfant le réflexe est le plus souvent absent ou imprécis : Cohn (réponse absente 50 %) ; Schüler (58 %); Walton et Paul, Morse (24 % d'extensions) ; tout au moins dans les premières semaines (Brouch-/ tein); ou bien qu'il se produit le plus souvent en flexion : Finizio (70 %); Naudascher (dont les recherches portent sur des débiles, chez qui il trouve

51 % de flexions); Feldmann (3 à 4 fois plus de flexions) ; de Angelis, (57 %), ou tout au moins que dans le cas de réponse la flexion prédomine; Schüler (3 fois plus de flexions).

Selon Barnes, Bolaffio et Artom, la voie motrice est suffisamment développée à la naissance pour assurer son rôle de transmission et même, suivant Feldmann, pour permettre au réflexe du type adulte de se produire.

D’autres, enfin, reconnaissent la présence du réflexe en extension chez l'enfant, mais après une période où la flexion aurait été obtenue. Ces flexions du début ne doivent pas, pour certains d’entre eux, être considérées comme étant du type normal de l’adulte, et ont été observées chez le fœtus par Krabb, Bersot, Minkowski, maïs sans participation nette du gros orteil; dans les premières minutes qui suivent l’accouchement, par Lantuéjoul et Hartmann; ou pendant les 15 premiers jours, par Rudolf.

Mais la grande majorité des auteurs considère l'extension comme la réponse normale du jeune enfant. Avec Babinski, nombre d’entre eux rattachent cette particularité du réflexe au non achèvement des voies pyramidales dont la myélinisation n’est pas terminée à la naissance et s’attachent, comme Collier, Gallewski, à mettre en lumière le parallélisme morphologique et fonctionnel; Flechsig et Van Gehuchten assignant au sixième mois le complet développement de cette voie et ,d’autre part, Muggia, Crocq, Laurent, Zaïmowsky trouvant qu'après cette époque l’extension fait place à la flexion, croient pouvoir établir un

rapport de causalité.

Un autre groupe d’auteurs, ayant observé l’extension plus tardive, jusqu’au neuvième mois, comme Morse (quand il y a réponse), Furmann; ou au douzième, Collier, Cestan, Le Sourd, Leri, Engstler, Griffitch, Bersot; ou même plus tard, Marinesco (2 ans), Rudolf (2 à 3 ans), Brouchtein, Rosenblum (3 ans +), juge que les faisceaux pyramidaux exigent, pour leur développement, une plus longue période, ce développement pouvant être retardé, sous l'influence de causes pathologiques paraissant minimes.

Passini et Juster (extension jusqu’à 9 mois) attirent l'attention sur le développement général (apprécié en fonction du poids et de la taille) de l’enfant dont le réflexe plantaire suit une marche parallèle à ce développement.

Kalischer, Barnes et Noïca attachent l’importance principale au moment où le pied devient organe locomoteur. L'apparition de la marche coïncidant avec l’époque de la transformation du signe de Babinski en réponse normale. Les auteurs du groupe précédent avaient déjà parlé de l’époque de la marche, mais paraissent y attacher une importance moindre.

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