‹ Recherches sur l'excrétion chez quelques annélides;Chapitre 16 sur 19 · DS RECHERCHES SUR L'EXCRÉTION · texte numérisé non relu

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supportent souvent des cellules identiques à celles qui tapissent la paroi de cette cavité.

La description que nous avons donnée de l'organe cilié de Nephelis concorde dans ses grandes lignes avec celle que fournit Borsius; elle en diffère cependant et par des points de détails qu'il est inutile de relever, et par d’autres, plus importants, que nous signalerons sommairement. BoLsius décrit l'organe comme une capsule à fond complet, imperforé, formé des mêmes cellules non ciliées que celles qui tapissent la paroi latérale, mais plus minces et plus aplaties (p. 14). Ce plancher de la cupule supporte souvent un monlicule plus ou moins saillant, formé de globules sanguins qui ne se différencient, dans aucun des dessins de lPauteur, des cellules non ciliées. Il y a dans cette description une inexactitude qui tient aux difficultés que présente, dans les circonstances ordinaires, l'étude d’une structure qui devient plus nette après une copieuse injection cœlomique.

Quant à Ans. Gnrar, il se contente de signaler l'existence d’un élargissement vésiculeux (bläsenfürmige Erweiterung), situé sous la couronne ciliée et dont le contenu, formé sur ses coupes de noyaux, de globules sanguins, de sang coagulé, rend la structure très difficile à élucider (p. 173). C’est là, il faut le dire, une description bien insignifiante d’un organe intéressant.

Ces organes ciliés sont situés au nombre de onze paires, — une par segment de la partie postérieure du corps, — dans certaines des ampoules que présente le système sanguin el qui, d’après BURGER ?, dérivent directement des cavités cœlomiques primordiales.

Après une injection dans le système circulatoire d’un sérum tenant en suspension des particules solides telles que du bleu de Prusse finement pulvérisé, on trouve la cavité interne des organes ciliés occupée par des globules sanguins bourrés de grains iujectés : ils forment là une plasmodie de texture lâche dont le volume s’accroit continuellement par ladjonction de

{ O. Büncer, Beiträge zur Entwickelungsgeschichte der Hirudineen. (ZooLociscnE Jaur- BÜCHER. ABTH. FÜR ANATOMIE, 1891, Bd IV.)

nouveaux phagocytes et qui distend de plus en plus les parois de l'organe (fig. 20).

Tous les phagocytes ainsi chargés de matériaux étrangers se fixent dans les organes ciliés qui avoisinent la région injectée; plus tard, d’autres amibocytes sanguins viennent s'y adjoindre el consliluer, autour de la plasmodie primitive, une capsule formée de couches superposées d'éléments étroitement serrés les uns contre les autres (fig. 21). Semblable stratitication d’une masse globuleuse peut faire croire, au premier abord, que la plasmodie flotte dans la cavité de l'organe cilié, et qu’elle doit cette structure à un mouvement de rotation sur elle-même que lui imprimeraient les cils vibratiles. Mais l'examen de la série des coupes montre, au contraire, qu’elle est fixée aux cellules non ciliées de lentonnoir el que son enveloppe stralifiée ne s'étend que sur les deux surfaces libres de la masse, complétant ainsi la paroi qui isole du liquide cireulatoire, comme dans un kyste, la masse des phagocyles chargés de matériaux de rebut.

Les entonnoirs de Nephelis se présentent done comme des organes où viennent s’accumuler, et probablement se désagréger ensuite, les amibocytes sanguins dont le contenu est une gêne pour l'organisme. Nous les avons vus fonctionner comme des organes d'élimination el non, ainsi que le suggère Bozsius, comme des foyers de production de globules sanguins.

Et cependant, nous ne nous refusons pas à admettre cette hypothèse de Bocsius, fondée sur la présence fréquente de phénomènes mitosiques dans des éléments de l’amas cellulaire occupant le fond de la «cupule » (page 16). L'aspect non différencié des « cellules non ciliées » qui tapissent la cavité de l'organe, et leur ressemblance frappante avec des globules sanguins jeunes, rendent vraisemblable l'opinion qui les considérerait comme pouvant donner naissance à des corpuscules amiboïdes. Il est à remarquer, dans cet ordre d'idées, que les débris des éléments en dégénérescence, entrainés dans l’entonnoir, pourraient servir à la nutrition des cellules formatrices. Ceci n’est qu’une hypothèse que nous proposons à des vérifications ultérieures.

Bosius émet aussi l'opinion que les organes ciliés constitueraient des appareils mettant en mouvement le sang circulant dans les cavités cœlo-

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miques. L'examen de la disposition de ce réseau circulatoire est peu favorable à cette interprétation. Que le jeu des cils vibratiles de l’entonnoir brasse le contenu de l’ampoule, et entraine vers son centre les globules flottant plus ou moins inertes dans le plasma, cela ne présente aucun doute ; mais le faible calibre des canaux qui partent de ces cavités spacieuses ne permet guère de concevoir que ce mouvement se propage à quelque distance dans le réseau sanguin ?.

B. —— FonCTION DES CELLULES BOTROÏDALES.

Les aspects de l’organe cilié que nous avons décrits sont anormaux : dans les conditions ordinaires, ils ne renferment qu'un nombre très restreint de phagocytes en dégénérescence; mais les injections dont nous avons exposé les résultats mettent en lumière, par l’exagération des phénomènes qu'elles déterminent, une fonction qui serait autrement difficile à élucider.

Les quelques rares productions qui sont normalement déversées dans le liquide sanguin proviennent des cellules qui tapissent les cavités cœlomiques : ampoules et canaux du système botroïdal.

Ces cellules peuvent se présenter comme des éléments petits, non différenciés (fig. 22, a), ou offrir une taille plus grande et un protoplasme vacuolaire, chargé de granulations brunes en nombre plus ou moins considérable *.

! Pour nous, le liquide du système botroïdal progresse grâce aux contractions générales du corps, et la présence d’ampoules, en nombre d’ailleurs plus grand (21 paires) que celui des organes ciliés, favorise l’action de ce facteur. En effet, ces cavités, dont le volume varie considérablement lors des contractions et des dilatations locales, font l'office de réservoirs qui se vident et se remplissent alternativement sous l'influence des mouvements du corps et, grâce à leur grande capacité relative, déterminent dans le réseau des déplacements de liquide plus considérables.

? Nous sommes surpris de la manière dont Bocsius dessine ces éléments sur les figures qui représentent le revêtement des ampoules : nous ne les avons jamais vus serrés de la sorte les uns contre les autres et présenter un aspect de ce genre.

Ces granulations, par leur couleur, leur volume et leur aspect après l'action des réactifs fixateurs, ressemblent aux grains chloragogènes des Chétopodes; les cellules elles-mêmes d’ailleurs, comme le prouvent les résultats d’injections colorées, fonctionnent comme organes dépurateurs du liquide sanguin. Aussi les considérons-nous, avec A. Grar (p. 170), comme des cellules excrétrices analogues aux cellules chloragogènes que nous avons étudiées chez le Lombric. Nous ajouterons encore que la structure hautement différenciée de ces éléments est incompatible avec l'opinion émise par certains auleurs, suivant lesquels ils pourraient se détacher des parois pour se transformer en amibocytes sanguins.

Les cellules chloragogènes à protoplasme spumeux peuvent émettre des sphérules hyalines de volume variable, qui se détachent pour tomber dans le liquide sanguin; elles sont là saisies par les amibocytes, parfois même avant leur séparation du corps cellulaire (fig. 25). Quelquefois aussi les vacuoles de la cellule pariétale sont tellement développées (fig. 23), qu’elles forment une énorme masse spumeuse qui proémine dans le canal sanguin et se résout en sphérules libres flottant dans le liquide ambiant.

On retrouve, chez les Nephelis qui présentent ces phénomènes, des amibocytes véhiculant de semblables globules aux environs des organes ciliés el dans les amas plasmodiaux correspondants : les sphérules des phagocytes périphériques ont conservé leur volume primitif; mais dans la région centrale de la plasmodie, elles se résolvent en agglomérations plus serrées de vacuoles plus petites (fig. 26).

Jamais nous n'avons vu les cellules botroïdales rejeter des grains chloragogènes ; quand, très rarement, nous avons rencontré des grains bruns dans les amas des entonnoirs (fig. 26), il s'agissait d'animaux injectés, que les manipulations avaient fortement froissés et chez lesquels l’introduction d’une canule à injection avait pu détraire des éléments chloragogènes. Ceci, remarquons-le en passant, corrobore l'opinion suivant laquelle les cellules chloragogènes du Lombrie et des autres Annélides ne rejettent pas les grains solides qu’elles renferment.

A. Grar dit avoir observé souvent sur ses coupes des ampoules obstruées de cellules chloragogènes fortement tassées : celles de la périphérie étaient

encore remplies de granulations, tandis que les éléments situés vers Pintérieur étaient ordinairement privés de contenu (fig. 12, taf. IX); ailleurs, l’auteur rencontrait des ampoules complètement remplies de granulations et de noyaux (p. 180, fig. 6, pl. X). Ce sont là des aspects anormaux dus à un traitement défectueux des animaux étudiés; les figures histologiques du mémoire en question laissent d’ailleurs l'impression qu’elles ont été dessinées d'après des préparations médiocres. Ajoulons que, d’après le même auteur, tous ces débris cellulaires remplissant une ampoule parviendraient dans l'entonnoir et seraient expulsés par le canal néphridien (p. 181); ce que nous avons dit précédemment nous permet de ne plus discuter celte assertion.

Nous avons étudié la structure des entonnoirs modifiés de Nephelis et l’origine des produits figurés qui viennent aboutir au centre de ces fornations. Îl resterait à chercher la fonction dévolue au tube glandulaire néphridien; nous examinerons cette question à propos des Clepsines, Hirudinées chez lesquelles les cellules de cel organe présentent, avec une structure analogue, des dimensions plus considérables qui en facilitent l'étude.

Résumé.

Les cellules botroïdales de Nephelis sont des éléments exclusivement dépurateurs : elles extraient du sang des produits d'excrétion liquides et les accumulent transformés, dans leur cytoplasme, sous forme de grains bruns avalogues aux corpuscules chloragogènes.

Elles peuvent rejeter dans le milieu qui les baigne des sphérules de sécrétion ; celles-ci subissent le sort des corpuscules qui peuvent se rencontrer flottant dans le système circulatoire : capturés par des amibocytes, ils vont échouer avec eux dans les entonnoirs modifiés, où leur substance sert peut-être à la nutrition de cellules formatrices d'éléments sanguins.

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