‹ Recherches sur l'expectoration dans les différentes maladies de poitrine;Chapitre 8 sur 13 · Cancer · texte numérisé non relu

Cancer

L. Si la dégénération cancéreuse du poumon était plus commune, nous ne doutons pas qu’elle ne présentât une expectoration aussi caractéristique que celle de la phthisie tuberculeuse. Sans doute nous retrouverions dans les crachats des traces des tissus encéphaloïde et squirrheux à l’état de crudité et de ramollissement, comme nous y trouvons des traces de tubercules dans ces deux étals. D’après Bayley l’expectoration de la phthisie cancéreuse est remarquable par sa blancheur laiteuse ; il ne donne aucun autre détail. Nous avons observé cette blancheur particulière de l’expectoration chez un jeune homme de vingt ans environ , scrophuleiix au plus haut degré. 11 offrait déjà tous les signes d’une phthisie pulmonaire passant du deuxième au troisième degré; il expectorait en petite quantité les crachats composés qui l’annoncent ; mais ils étaient remarquables par leux couleur, aussi blanche que celle du lait le plus pur. Ce malade sortit de l’hôpital après un mois de séjour, pendant lequel il présenta constamment la même expectoration. La constitution du sujet annonçait une dégénération tuberculeuse du poumon : son âge aussi semblait éloigner l’idée d’une affection cancéreuse. Nous avons cependant observé

un cancer du poumon chez un jeune homme âgé de vingt-cinq ans. Ce malade, chez lequel la plupart des viscères importans à la vie avaient été frappés par la diathèse cancéreuse , n’offrit pendant tout le cours de sa longue maladie aucun symptôme bien marqué qui pût faire soupçonner que les poumons étaient aussi atteints. Il toussait à peine; son expectoration était nulle ou insignifiante; sa respiration ne paraissait pas gênée. Les poumons nous présentèrent les altérations suivantes : au sommet de chacun d’eux existait une tumeur du volume d’une grosse pomme d’api, qui paraissait s’être développée entre la plèvre et le poumon. Incisée, elle offrit un tissu grisâtre, d’où s’écoulait par la pression une sérosité ichoreuse , sillonné par une foule de petites lignes rouges, qui, s’entrecroisant en mille sens différens, laissaient entre elles des aréoles irrégulières. Au milieu de ce tissu , encore dur ( matière encéphaloïde à l’état de crudité ) , existaient çà et là de petites masses d’un blanc jaunâtre, friables, sans cohérence ( matière tuberculeuse ) ; dans d’autres endroits , la tumeur ramollie présentait une matière tout-à-fait semblable , par son aspect, à un cerveau de fœtus qui éprouve déjà un commencement de putréfaction. Ce détritus grisâtre , inodore , était mêlé çà et là à du sang épanché (matière encéphaloïde ramollie). Sur toute la surface externe des deux poumons existaient des tumeurs pareilles aux précédentes par leur structure et leur disposition , mais beaucoup plus petites; elles avaient, terme moyen, le volume d’une noisette. Enfin dans l’intérieur des deux poumons l’on trouvait d’autres masses cancéreuses offrant l’aspect des tumeurs enchatonnées du foie ; elles étaient au nombre de cinq ou six dans chaque poumon : le volume ' de chacune d’elles égalait à peu près celui d’une châtaigne. Elles étaient formées par le tissu encéphaloïde , dur en quelques points , commençant à se ramollir dans d’autres. Dans l’intervalle de ces tumeurs le tissu du poumon était crépitant et sain.

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