‹ Recherches sur l'histoire du langage et des patois de ChampagneChapitre 14 sur 39 · POÉSIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

POÉSIE FRANÇAISE

Fragment extrait d’un manuscrit de Saint-Benoist-sur- Loire, (950-1050).

Nos jove, omne quan dius estam,

De grand follia per folledat parlant ;

Quar no nos memhra per cui vivri esperam,

Qui nos soslé tanquam per terra nam,

É qui nos pais que no murem de fam,

Per cui salve s’mes per pur tan que 11’ clarnam.

Nos jove omne menant tar mal jovent,

Qu’ing nono prezosi strada son parent Senor; ne par si 11’ mena malament ;

Nelus vel laitre ; fai fais sacramenl.

Nos ê molt libres o trobon,

Legendis, bruis, esse gran marriment,

Quant ê la narcer avia 1’ cor dolent.

Moll val lo bés, que l’om fai ; è covent,

Corn el es vels, que pois lo sosté.

Quand vé à l’ora qu’il corps lerai fra uen, Paubre, qu’a fait Deus, as sa part lo lé.

Nos de molx ont nés no soavem :

Vent om per vellat non abs pel chanut ,

0 es esferms, o a afon agut.

Cellui va bé, qui tra mal è jouent ;

É cum es vels, donc etai bonaraent (1),

NOUS jeunes hommes, tous tant que nous sommes , De grande folie follement nous parlons ;

(1) Nous empruntons ce morceau au t. ii de l’Histoire de PariSr par Lebœuf, p. 326 ; nous avons modifié sa traduction.

(Car ne nous souvient de celui par qui vivre espérons,)

Qui nous soutient tant que par la terre nous allons,

Et qui nous nourrit pour que ne mourrions de faim,

Lui par qui sauvés sommes, pourvu que nous le réclamions. Nous jeunes hommes tous menons si mal jeunesse Qu’aucun n’apprécie le chemin suivi par son père Plus vieux. Et par ce moyen chacun mène sa vie malement: Aucun ne veut se désister ; et on fait faux serments.

Nous en beaucoup de livres trouvons Légendes ou brefs, être un grand chagrin Quand dans la prison entre le cuer dolent.

Beaucoup vaut le bien que l’homme fait. Et il convient,

Quand il est vieux, que puis ce bien le soutienne :

Quand vient à l’heure que le corps laissera.

Le pauvre, que Dieu a fait, k son côté il le tient.

Nous de beaucoup d’hommes ne nous soucions.

Tombe l’homme en vilté, quand il n’a plus de cheveux et qu’il Ou s’il est infirme, ou s’il a chagrin aigu. [est ridé,

Celui va bien, qui au milieu des maux est jeune.

Et qui, quand il est vieux, se maintient bonnement.

Xle SIÈCLE.

Testament de Gervais, archevêque de Reims, (1067).

Gervasius, Ileriraarus, Odalricus, Guidricus, Leuvinus, Odo, Constantius, Longobardus, Drogo, Guillebertus, Herimanus, Leunblus, Guillelmus, Johannes.

Privilegium Renaldi Remensis , archiepiscopi de aliari de Hermundi-villa, (1093).

Rainaldus, Henricus, Nocherus, Manassès, Burchardus, Geguinus, Arnulfus, Leuvinus, Odo, Mainardus, Duda, Richerus Walterus, Joffridus, Godefridus, Radulfus , Fulco, Fulcradus, Nicholaus, Symo, Gedifridus, Philippus (1).

(1) Varin , Archiv. admin. de Reims, t. i, p. 221, 245. — Les noms Tecueillis dans les deux documents ci-dessus indiqués font presque tous partie de ceux qui vont figurer dans rhistdire des siècles suivants.

Xle SIÈCLE.

JVoms français extraits de chartes latines relatives à la Champagne et datées du xi0 siècle.

.... AUare quod vocatur Toxas (alias To.xar). — Fondation de SWean-des-Vignes (Boissons*), 1076.

AUare de Spanlx. — In villâ vulga dicto Bainson. — Charte de i’übbaye de Coinsy, 1077, 1098.

In saltu meo de Herlebeche. — Sigrium Balduini de Gant

Charte de St-Thierry, 1096.

Villa Astimi. — Villa Croy . — Villa Hysoi. —

Villa Moflers. — Décima de Floy. — Décima Meloisviler.

— Silva de Tarsin.

Fondation de St-Martin de Pecquigny, 1066.

Ecclesia de Barly. — Castellum, quod dicitur Dourlens. — Aqualias Rue.

Charte de S‘-Pierre d’Abbeville, 1075.

.... Landricus de Terre. — Rainold Passans, Joffridiis Frigans, Petrus Barbas.

Charte de G. évq. d’Amiens,! 100 .

In Gaden sylvü. — Molendirmin de Babolli. — Super fluvium Scardon. — Aquariæ de Plais. — Fluvius de Liquet.

— Hugo senior Schec. — AUare do Belmont. — AUare de Vron. — AUare de Busencurt. — Villa de Flibocourt. — Villa de Alq. — Molcndinura de Aruiidel. — Durandus Acolapance. — Bernadus Bataille. — Acardus de Cambron. — Valterus Murailz. — Bernardus de Cotherel. — Reualdus de Aplancourt.

Charte de fondation de St-Pierre d’Abbeville, 1100.

Alodium de Crisenon. — Gaufridus de Vincelles. — Herbertus Wifel.

Charte du mon. de Crisenon, 1100.

Guido de Lescières. — Roberlus Anguscl.— Eubalus

de Rocei. — Balduinus de Gurci. — Radulfus filius Blith.

— Vido de Vitrey.

Chartes de l’abbaye de Ribaumont (Laon), 1085, 1084.

Jn villa, quæ dicitur Guvils.

Charte de St-Vincent de Senlis, 1059.

Altare, quod est iiiTremilly villâ.

Charte de Ste-Marie de Senlis, 1068.

Valterus de Monci.

Charte de S*-Vincent de Senlis, 1069.

In castello, qui vocalur Crispi.

Abbaye de St-Arnoiild de Crespy.-- Charte de 1076.

.... Molendinuin, quod dicitur Tolsac in villâ Nantuelis nominatâ.

Charte de S‘-Barthelemy de Beauvais, l037.

In viculo Visneel noffiine situm. — Giserdicorte mansum unum.

Charte de S^-Pierre de Châlons, 1028.

.... Habancort cum tribus mansis terræ. — Inter Viasnam et Berzil .

Charte de l’abbaye de Moiremont, 1074.

. . . Altare de Darcurt. — Altare de villâ, quæ dicitur Galones. Charte de Roger, évq. de Châlons, 1092.

. . . Villam nomine Ilermenc. — Villa quæ vocatur Rens.

— Villa quæ vocatur Sincueric.

Charte de S*-Ghristophe (Beauvais), 1060.

Villa, quæ dicitur Escelens

Charte de Gui, évêq. de Beauvais, 1081.

Possessio, quæ appelatur Nauurz et membra ad eamdera potestatem pertinentia , id est Castenith et Pincecurt.

Charte de Wido, évêq. d’Amiens, 1064 (1).

(1) Nous ne dirons rien des noms ci-dessus indiqués. Nous aurions pu multiplier facilement ces citations empruntées aux

Xlle SIÈCLE

L'épître de Monsieur Saint Estienne, chantée en l’église de Soissons dans le xiie siècle (I).

Lectio actuum apostolorum.

Por amor Dé vos pri , saignos Bariin ,

Sé ce vos tuit , escotet la leçun De Saint Eslevre le glorieux Barrun :

Escotet la par bonne enlenlion ,

Qui à ce jor reçu la passiun.

In diebus illis Stephanus plenus gratiâ et fortitiidine fade-bat prodigia et signa magna in populo.

Saint Estevresfiit pleins de grant bonté Emmen (2) tôt celo, qui creignent en Dicx :

Fescit miracle o nom de Diex:

As cuntrat (3), et au ces (4), à tôt dona santé:

Por ce tracèrent autens li Jivé. (5j

Surrexerunt autem quidam de synagogâ, quæ appellahatur Libertinorum et Cyreneorum et Alexandrinorum, et eorum qui erant à Ciliciâ et Asiâ, disputantes cum Stephano.

Encontre lui se dressèrent tresluit.

Disèrent ensemble mauveis mes ;

— Celui il a Diable, qui parole en lui

chartes de ce siècle : nous renvoyons le lecteur au tom. II des Actes de la province ecclésiastique de Reims. — On remarquera l’introduction de la particule de qui supplante la désinence du génitif.

(1) Dom Martenne, de Antiquis ecclesiæ ritibus ,\\h. j, cag. 3, art. 2. — Dans son traité de Antiquâ ecclesiæ discipliné,, chapitre 15, il dit que le manuscrit dans lequel il a copié les couplets de cette épilre farcie , c’est-à-dire entrecoupée de vers français et de prose latine , fut écrit dans le temps de l’évêque Nivelon. Ce prélat monta sur le siège de Soissons en 1177 et mourut en 1203.

(2) Envers, — (3) Contrefait. — (k) Aveugle. — (.3) Juif.

LORRAINE, Xlfe SIÈCLE.

Fragment de lo Passion. — St-Pierre renie Jésus-Christ (1).

Dons encomraencèrent li alquant scupir en lui, et cuverre sa face, et balre à coleies, et dire à lui : — « Devyne.» —Et li ministre la battoienl à facicies.

Et quant Pieres estoit en la cort de lez, vint une des ancelles lo soverain prestre. Et quant ille ot veut Pierron, ki se chafiewet al feu, se lervui ardeit et se dist à lui : — Et tu esloies avoe Jéliu de Galileie. Cil desnoivit davant tos, et se dist : — Neni sai ; neni n’entent ce ke tu dis. »

Si ussit fuers devant la cort; se cbanteit li jas (2).

Lo parax quant un altre ancele l’ot veut , se dist à ceos , ki lai encore esteivent — car cist è de ceos. — Lo parax (5) un petit après dissent à Pierron cil, ki lai esteivent : — Vraiement tu es de ceos ; car tu es aussi Galileus. »

Et cist encommençoit excommunier et jurier : — « Ke ju ne sai ke ait hom soit, que vos dites. » Maintenant lo parax cbanteit li jas.

Xlle SIÈCLE. (1100-1150.)

Noms Français extraits de textes latins.

Heremum Azonis de Ham. — Altare de Gons. ■— Villam de Singli. — Terras, quæ Acelles appellantur.

Bulle d’innocent II, relative à Saint-Nicaise. — 1136.

In monte juxta Chalons. — Ad molendina Machot et Puizun. — Thomas de Rohas.

Charte de Rainaud, archvq. de Reims, 1137.

(1) Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. xvii, p. 725.

(2) Le coq.

(3) Pareillement.

Quem dicuût Albericum Malet, — Ecclesia apud Melphi, scilicet, quæ fuit Pagani Hastamorsel. — Domini Hugonis Cossiart,

— Tebaldus Linolet.

Charte relative à l’abbaye de Saint-Thierry, 1158.

Ingunginus qualenus pravos illos Remensiuin converilus, ({uos compagnies vocant, dissipes.

Charte relative k l’élection d’un archevêque de Ueiins, 1159.

Irbrays cum ecclesia. — Ecclesiam. S. J. B de Honlon.

— Beldin cura ecclesia, allare de Monci, capellani de Luares, — Ecclesiara. S. M. de Ventebran, capellam de Arabe, capellain de Squiraorte, capellam de Heustan, Schuraanz cum ecclesia.

Bulle relative à Saint-Rcmy, 1145.

Molendino de Macelau. — Homines de Cb.alon. — Leudo

de Uncar (Unchair.) — Milo cognomento Coveiz. — Théodoricus Trossel. — Rodulfus miles de Brimericurt.

Charte de Barthélémy, évq de Laon, 1125.

Villa Chalon. — Altare de Suminopi. — Allare, quod

dicitur Guast. — Altare de Guartengen.

Bulle relative à Saint-Thierry, 1126.

Decimam de Vertilli. — Ad fossam secùs Berlize. — In valle de Gierge, — Terram de Vivers. — Pratum de Warne. — Altare de Buxut. — Ecclesia de Morlines. — Cum medietate de Anoloit.

Bulle relative à Saint-Nicaise. 1115.

Locus qui vocatur Cheminon. — Ad aquam Brusson.

Fluviolus nominatus Currat.

Charte de Hugues, comte de Champagne, 1110.

Silva, quæ dicitur Luiz. — Milo de Secru.— Albericus

de Cheminum.

Charte de Hugues, comte de Vitry, 1116.

In sylvâ Lieuis. — Campum, qui vocatur Durfosson. — In aquâ Brosson.

Charte relative à l’abbaye de Cheminon, 1116.

... Ad fossam de Anglot — decimaria de Villavenardi et •loche — porta, quæ dicitur de la Gâte — décima de Ormes —

grangia de Nuisaraent “ rivum, qui dicitur Herbision — décima de Chemines — décima de Doissy le Repos — grangia de Entresme — Bertrandus de Lucimonf.

Ch. de Thib. G. de Champ, 1131.

Quod hahebanl a vado Ositremont.

Ch. de Geoffroy, évq de Châlons, 1131.

Wikarde abbas. — Sylva Othe.

Charte relative à Tabbaye de Ponligny, 113R.

... . In bosco de Thul. — Andréas de Baldcmont.

Charte de Hugues, évq. d’Auxerre, 114.3.

Gautier Escarbot.

Charte du monastère de Roches, H4S.

Ansericus de Tarel. — Terram de Exsard. — Jocelinus

de Arcy. — Fratres de Reigny. — A fonte de Lesir (Loire) usquè ad fluvium Chore. — Sanctiraoniales de Crisignon. — Will.de Malli. — Lambertus de Voltenai. — Jofridus Arthaut. — Hugo Dannam.

Charte du couvent de Reigny, 1147.

Territorium de Vaus. — Gaefridus de Lueth.

Chartes du couvent des Roches, 1147, 1148.

De foris per Ligerim , dès le rut Alseriac, usque ad Terram villæ Charul.

Ch. d’Alain, évq. d’Auxerre, 1157.

Ecclesia de Tast. — Ecclesia de Lesmont. — Ecclesia

de Larzicurte.

Ch. de Hugues, évq de Troyes, 1124.

. . . Nemus de Belmont — Otranus Gasteblé — Herbenus heremitus de Payens — Godefruidus de Broissy.

Charte de l’abbaye de l’Arrivoire, 1140.

... A rivo de Pontou ad rivum, qui dicitur Prose — Guido de Larzicourt — Walterus de Briart — Petrus de Mathoul.

Charte de Gauthier, comte de Brienne, 1143.

. . . Molendioa Hugonis de Bafeu. — Milo de Vernoil. — Furnum de Pombar. — Villam, que vocatur arcon. — Partem decimarum de Dusil.

Bulle relative à saint Reray , 1148.

Robertus de Luizarches. — Hugo de Silleri

Charte de Henri , archevêque de Reiras, 1 1 71 .

Tertiam partem de molendinis Foleret, qui sunt sub Fricambaut. 1164. — Charte de l’abbaye Saiut-Remi.

Ado de Belru. — Ado Cornez. — Signum Odonis presb. de Crusni , Rainaldi Cuissart, Gerardi Coese anseris.

Charte de Henri, archevêque de Reims , 1167.

. . . Signum Rainaldi Cordelle, — Wiardus Budez.

Charte de Thibauld, Comte de Champagne, 1H4.

. , . Balduinusde Chassel. — Ulricus de Scordal. — Richerus Morlachar, Thomas Macouens , Radulfus de Ecri , Adam de Curlandun, Rogerus Malvisin, Roger de Oiri.

Charte de Guiscard , Comte de Roucy, 1176.

Villa, quæ Mesuns appellatur

Charte de Maurigny, ( Diocèse de Sens), 1120.

Præpositus de Sepaux. — Aoidis vulgo vocata Damet. — Presbyter de Cuidot. — Wil. de Montecorbun. — Wilde Curtivalt.

— Andréas de Dovat. — Herveus Rafars. — In villa Chalose. — Per collummontis Bonen. — Josbertus Giffet.

Fondation d’Escharlis, 1120.

... Ad locum, qui Monsluz dicitur. — Ansellùs de Triagnel

— Odo de Villemauri. — Hugo de Riges. — Harin de Tranguol.

— Milode Nogent.

Charte de l’abbaye de Vauluisant, 1127.

. . . Albertus de Montoraer. — Angelbertus de Molins. — Simo de Taloiri. — Gulterus de Sparnai. — Hugo de Coheirart.

Charte de Henri, Comte de Troyes , 1164.

Caldelas, quæ sunt apud Bizannas et Lut.

Charte de Raoul, archvq. de Reims, 1119.

, . . Castellum, quod Bullion dicitur. — Ingonem de Mirenvalt.

— Manassem de Herge. — Rairialdus de Jupperi, — Lanibertus de Tiembeche.

Charte de Rainaud, archvq. de Reims, 1127.

Ad fines Ville-Savoie. — Charte d’Igny, 1150.

Oddina de Tin. — Radulfus Charrette. — Pontius de Leschires. — Renaldus de Waci. — Hugo Walechiis de Taili. Fondation de Signy, 1135.

... A via regiâ sicut tendit in Forest. — De Forest per verticem montis Rouel , sicut vergit in Cherrael, de Chermel vergit ad Bonlon rivulum.

Fondation du Mont-Dieu, 1137.

. . . Cultura mea de Hailers. — Sub monte Joet. — Milo de Canne. — Walterus de Vœruim. — Paganus de Sosmes.

— Hugo de Charlez. — Guido de Chivri. — Odo Bouarins. Charte des Prémontrés de Châteu-Thierry, 1140.

Vinea, quæ dicilur Aignelet. — Terra de Poilgli. — Decimæ de Nancel. — Terra, quæ dicitur Vans, sive Millencort. Charte relative au couvent de Saint-Crespin, 1142.

. . . Paganus Seil, Remigius But, Mainardus Drag, Paganus filius Hostelup, Joannes de Molreni.

Fondation de la commune de Laon, 112S (1).

Charte de Renaud, comte de Bat, 1118 (2).

Ce Rcnaulds, quenz de Bar et de Monceonz , faez conoesant à

(1) Ici s’arrêteront nos citations de phrases latines mêlées de mots français. A partir du milieu du 12e siècle la cour , l’aristocratie, la haute bourgeoisie parlent français : le peuple des villes et des campagnes continue à parler l’idiome roman ; son dialecte va produire les patois encore usités de nos jours.

(2) Elémens de paléographie : Natalis de Wailly, t. i, p. 159. — In-fol. Imprimerie royale, 1838.

tos ceauxz, ki orrons et verronz ceez présenz laislrez, kue rum suxz l’escheoite , kue m’advenoie de per ma ante ma Dame Mahauz, mon signeor Walranz Redon sun mari réclamoye à forz et volsit il à plains tenre se terre, à tanz por le voloir et ordannement..... mun trez hauz prinche et très chierz signeor Loyz, noble roy de France, nos onz convenanciez per ensamblez ansi et tel menière kue véez ci, — kue mun chierz uncle, mon signeor Walranz, ha prin à créanz et grei ez dis escheoite ceu est à sçavoir — Fonlenais le terre o siens appendices, si corne el est bonée et devisée , o le chastiau corne li se porsiet o le ville, — item Nantuel li Haudouinz le terre o siens appendices, si corne el se pourporte et est bonée et devisée, o le cliastel o le borg... et o tôt ceu féaultez de chevaliers, bacheliers, escuyers, borgeoiz et des homes des vile et fhors vile,., et ne puet il monsigneor Walranz , ne sienz heirz, per ansi faet et tiel convenance, riens réclamers ne o prum ne en futur en ultre ce , ne prétenre o parsuxz en quelxqonques terres, domoines, moibles, ne chtise l’escheoite et l’héritaige ma Dame Mahauz ; — fhores kue s’avenoie kue je morisse sens heirz, adoncquez resuura l’hirritaige ; et tote l’escheoite ma Dame Mahauz à il, sens exept, dcssendera léalment, sens kue nus otot on en parsons i puet riens réclamerz ne prétenre l’encontre il mon signor Walranz Redon ne liz siens heirz ., et por san kue ceu soye ferz choise (1) et staible à torjors et perenneleraens, ai ge faet saeler cetes laistrez de mun ceiaus. — Ceu fu faet el jor sein Berthremieu l’apostre, qant li miliaires nostre Signeor coroiens per mil et chens et dix et wict ans, o moez de marc (2),

Xlle SIÈCLE.

Privilèges accordés par Louis-le-Gros aux habitants de Beauvais, 1122,

Au nom de saincle Trinité, amen. — Loeys, par la grâce de Dieu roy de France, je vueil faire à savoir à tous ciaux tans

(1) Il faudrait — E por ceu kue ceu soye fermz choise. — Nat. de Yailly.

(2) Le comté de Bar, voisin de la Champagne, en faisait presque partie, il en releva de temps à autre ; tous les termes, que contient cette charte, se retrouvent dans nos poetes et dans nos patois. — Les mots o prum se disent encore, même è Reims ; ils signifient : d’abord, de suite, à présent, de bonne heure.

présens comme advenir, tant comme à chaux qui ore sont, que nous octroyons as hommes de Diauvais que les mesons à chacun d’aux, s’elles queoyent, ou qu’elles fussent arses, les parois de ses mesons ou les mesières, lesqueles il avoit devant che , puet-il fère sans congié d’aucuns. Sans querre, il le puet si comme sè parois, ou sè mesière sy comme elle estoit devant, par trois loyaux voisins, par lesqex il pora prover. — Nous octroions as chiaus que les pons et les planches, lesqueles ils ont ès yaues, et lesqueles ils ont achetez, s’eles chient, ou s’eles sont arses, sans querre licence, qu’eles soient refètes ou que les piex y soient mis Adechertes les pons et les planches aussi comme il lesavoient achetées as evesques, et si comme il les avoient achetées de devant aus, leurs les aient à perpétuité et aussi des pons. — Nous leur otrions volons et quémandons que aus par leur voisins loyaux , si comme nous avions devant dict , que les parois et les mesières de leur mesons, si comme il est devant monstré, ieserremens oïs avant que on ne leur puis autre chose quierre. — Et pour ce que cheste chose ne soit donnée à oubly, ny que elle ne soit défachié , nous l’avons quémandé à escrit, et qu’ele peust estre alfermée de chiaus, qui après nous venront, de notre séel et de notre auctorité et en notre charte, venant après Phelipe noslre fil , le conformâmes encemble. — Donné à Pontoise l’an de l’Incarnation, M. CXXII (1).

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