LF. SIRE DE JOINVILLE
Histoire de Saint-Louis. — 1270-1309.
Ce Henry dessus dit fust Comte de Champaingne et de Brie, et fu appelé le Conte Henry le Large. Il dut bien ainsi estre appelé ; car il fu large à Dieu et au siècle. — Large à Dieu , si comme il appert à l’église St Estienne de Troies et aux autres esglises, que il fonda eu Champagne. — Large au siècle, si comme il apparut ou fait de Ertaut de Nongent et en moult d'autres liex , que’ je vous conteroie bien, sé je ne doiiioie à empéeschier ma matière. — Ertaut de Nogenl fu le bourgois du moudie, que le Conte créoit plus ; et fu si riche que il fist le chaslel de Nogent l’Ertaut de ses deniers. Or a vint chose que le Conte Henry descendit de ses sales de Troies pour aller oïr messe à Saint Estienne le Jour d’une Penthecouste. Aux piez des dégrez s’agenoilla un povre chevalier et li dit ainsi : — Sire, je vous pri , pour Dieu, que vous me donnez du vostre, par quoy je puisse marier mes deux filles , que vous véez cy. » — Ertaut, qui aloitdarièrc li, dislau povre chevalier: — Sire chevalier, vous ne faites pas que courtois, de demander à mon Seigneur; car il a tant donné, que il n’a mès que donner.» — Le large Conte se tourna devers Ertaut et li dist : — Sire vilain , vous ne dites mie voir de ce que vous dites que j’e n’ai mès que donner. Si ai vous meismes. Et tenez , sire chevalier; car je le vous donne ; et si le vous garantirai. » — Le chevalier ne fut pas esbahi ; ainçois le prist par la chape. Et li dist que il ne le lairoit jusques à tant que il auroit finé à li. Et avant que il li eschapat, ot Ertaut finé à li de cinq cens livres (2).
Reims — 1502.
Comme li baillis de Rains eut pris et delenut en prison Jehan Lelarge fil Hue , fil jadis Jehan Lelarge, pour soupes-
('!) Cartulaire de Saint-Remy , grand in-folio , p. 439. — Archives de la ville de Reims.
(2) Joinville est situé sur la Marne entre Chaumont et Sainl- Dizier.
son de la mort Pousart Ferrouele de Biauru, qni demouroit à Trois-Puis , en la maison, qui fu Thoumas le Poiz ; et puis li bailliz devant diz eut recréut celui Jehan par scurteit. Après ce l’an de grâce m. ccc et i. le lundi après les octaves de la Chandeleur , le bailliz de Rains délivra par droit le devant dit Jehan de la soupesson devant dite et quita dou tout, li diz bailliz, la seurlé celui Jehan. Ce fu fait en palais de Rains en présence de Pierre Cuissart, Oudart de Bourgongne, Pierre Pascart et Hue Lelarge le jone, eschevins de Rains (\).
Testament. — Reims, 1346.
Je François de Provins, clerc du chapitre de Reims, fais mon testament ou darrenière volonté, en la manière qui s’ensuit... Item je ordonne et veil que on face faire pour moi un voiage ou pélérinage par un homme à cheval , et un autre par un homme à pied è Notre-Dame de Boulogne.... Et si veil que l’en face une belle lumbe et honnête mettre sur moi, où je sois pourtrais et mes noms escrils, et comme j’ai longtemps servi bien et leiament l’églize de Reims. Et sé je trespasse à Reims, je suplie Mes Signeurs que je sois mis en leur procession Et sé je trespasse à Paris ou ailleurs aussi long, si y veil je estre apportés, sé bonnement peut eslre fait. Et sé il ne plaisoit à Mes Signeurs que je fusse en la procession , si fusse mis en la cour des Jacobins avecq ma mère , qui y gist. — Fait le mardi après Noël l’an 1346. (5).
Plais en prévosté. — üem.ç, 1344.
Li prévos lit commandement à pluseurs harigniers et harignières que sur quanques elles se puent meffaire, elles ne vendent nuis harens oultre le rouissel dou marchiet as harens pardevers la haie. — Mais sé vendre les vuelent, que elles les vendent oultre le dit ruissel pardevers la loge as eschevins. Et pour ce que pluseurs d’iceux avoient vendut haren en dit lieu deffendut contre
(1) Liv. Rouge de l’échevinage, p. 90. — Archiv. do Reims.
(2) Varin, — 2e vol. 2e partie, p. 1134.
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la deffense, que autrefois leur avoit fait li prévos sur ee, si comme il disoit, il leur en fit demande et les en crut par serement : dont il en y aut aucunes qui jurarent que elles ne savaient riens de la deffense, et aucunes, qui jurareut que puis la deffense elles n’y avaient vendu nuis en dit lieu deffendu ; et parmi ce furent délivres.
Baudessons de !a Magdelaine se est plains en jugement de Jehan du Fossez, par voie de dénunciation, en disent contre lui que il avoit portait dou marcliiet en la maison dou dit Jehan de sesdenrées et à sa requeste parmi son salaire, dou quel il fu paiez. Et après ce il dit que le diz Jehans vint à lui en lisses et le print par son mentel, et li dit que li avoit embleit un bassin, et le mena malgré lui et à forse en sa maison, et li dit que, sé il ne li rendoit son bassin, il le penderoit : et li hosta son mentel et le print par les gorges, dont il a esté malades longuement et coustangiet en sa maladie : pour ce il dit encor que depuis li diz Jehans avoit dit , présens bonnes gens , que il avoit retrouveit son bassin
De maistre Fillette mire et Perrinet de Troies auquetonoier : — 11 ont jour à jeudi. Et ce pendent .11. maistres dou mestier doient veoir la femme dou dit Perrinet sé elle est garie soufBssament pour tel salaire , comme il demande , c’est assavoir .xx. .s. ou la taxacion — dont le diz Perrinés a proposeit que il n’en devoit avoir que .x. .s. et parmi ce il la devoit bien garir ; laquelle chose il n’a mie fait (1).