I.antarne. — Lanterne
Lapan. — Lapin.
Leu. — Leur.
Liniette. — Linotte.
Lo. - Le.
Long. — Loin.
Loucet. — Bêche.
Loyen. — Lien.
Lu. — Le.
Luzarne. — Luzerne.
Ly. — Lui.
Magi. — Manger.
Marne. — Même.
Man. — Mais, jamais.
Maréchau. — Maréchal.
Massiga. — Cigüe.
Meuri. — Mourir.
Mochoi. — Mouchoir.
Moenet. — Moineau.
Mo, mou. — Me, mon, beaucoup.
Molan. — Moulin.
Mori. — Mourir.
Mortias. — Mortier.
Morne. — Marne.
Motlas, — Matelas.
Moule. — Meule.
Monsique. — Musique.
My. — Moi, négation.
Navio, naviau. — Navet.
Nèche. — Neige.
Odouille. — Andouille.
Œu. — Œuf.
Ogneau. — Noyau.
Ognio, ogniau. — Agneau.
Oguille. — Anguille.
Oiture. — Voiture.
On. — En.
One. — Ane.
Orbre. — Arbre.
Osière. — Osier.
Ou. — Un.
Oueter. — Tablier.
Ougnion. — Oignon.
Oun. — Un.
Ous. — Vous.
Pan. — Pain.
Pardre. — Perdre.
Persinelte. — Bleuet.
Petchie. — Pécher.
Piarre. — Pierre.
Pis. — Pied.
Pitjon. — Pigeon.
Plantchiey. — Grenier.
Pieume. — Plume.
Plu, i. — Il pleut.
Poère. — Poire.
Pome. — Pomme.
Portjon. — Porreau.
Pou. — Pour.
Pouille. — Poule.
Pourcession. — Procession.
Prenre. — Prendre, li. Prenne. — Prune.
Pus. — Plus.
Quintio. — Etui.
Qu’ri. — Chercher.
Ramon. — Balai .
Ras. — Rat.
Râtré. — Rentré.
Ren. — Rien, chose.
Retio, retiau. — Rateau.
Riban. Ruban.
Rigori. — Réglisse.
Roche. — Sarreau.
R’venou, je. — * Je revenais.
Sablon. — Sable.
Sarpe. — Serpe.
Sarrazan. — Sarrasin.
Sarretête . — Serre-tête.
Saulx. — Saule Saveti. — Savetier.
Savlon. — Savon.
Seille. — Seau.
Servant. — Serviteur.
Serve, je. — Je sers.
Sincele. — Giron, insecte.
So. — Son, se.
Solais, solet. — Soulier.
Sou. — Son.
Soudre. — Cendre.
Soûlais. — Soleil.
Sumois. — Semoir.
Tarre. — Terre.
Tarteron. — Petite claie.’ Ti. — Toi, tu.
Tôle, taule. — Table.
Torio. — Taureau.
Tortout. — Tout.
Tôt vite. — De suite.
Toubac. — Tabac.
Touer. — Tuer.
Tule. — Tuile.
U. — Un, à, au, aux, les, le, ce.
Urlaveron. — Lavette.
Van. — Vin.
Varrié. — Verrou.
Vatche. — Vache.
Veni. — Venir.
Viau. — Veau.
Vingne. — Vigne.
Toula, tout là. — Ici, alors, là. Vins-tu. — Viens-tu.
Travers. — Traversin.
Treufle. — Trèfle.
Treule. — Tremble.
Vont. — Vent.
Vra. — Vrai (1).
PATOIS DE LA COMMUNE D’AüVE ,
Canton de Dommartin-sur-Yèvre , arrondissement de Sainte-Ménéhould.
Dans ce temps là Jésus disè aux pharisiens et aux docteurs de la loi euste parabole :
In homme avè deoiiz afants , dont eul pè joune y dit à son père : — Mou père , donnèmme eus qui dè m’eurvenin d’ voûte bien. » — Eul père ly y fait eul partage d’ sou bien.
In po aprè eul pè joune de cés afants aprè avoè ramanseil tout ç’ qui li r’venè, s’y en alleil dan in païs étrangier fort long , d’œoù qu’il y i mangié sou bien pa dés excès et dés débauches.
Aprè qu’ tourtou y éteil mangié , v’ià qu’eune grande fanmine y veneu dans ç’ païs là. Et bientou eusce garçon là y k’mencié à se trouveil dans 1’ besoin. Eusce oyant dans la misère , s’en y alleil et s’y min au service d’in habitant do païs, qui l’y avoï à sa maïson d’eudedans les champs gardeil les cochons.
(1) C’est à l’obligeance de M. l’abbé Godrct , curé de Béni , (jiie je dois les éléments de ce chapitre.
Parabole de l’Enfant prodigue.
Dans c’to maison là mou gaillard arè éteil mœou iaise d’ rempli sou vente avélés épelechures, qu’ lés cochons mangient, mais personne eune ly en y vouleu donneil.
In po aprè la misère l’y fait eurvenin à louil. Alors y s’y dit à louil même : — Combien gni y de gents aux gages de mou père, qu’ont pouc de pain, qu’i n’ lous â faut. Et min euje sus toutlà à mori de faim. I faut que jeu m’ leuve et pouil que j’ailli trouveil mou père, et J’ li diroa : — J’oa péchié conte eul ciel et conte vous. Euje ois bien qu’aje n’ sume digne que v’ m’appeleisse voûte afant. Traitémme comme yun de vous domestiques. »
Eusce disant ç’ia , y s’y don leuveil tout d’ suite et s’y
en alleil assié sou père. Et quand il été au bien long , sou
père l’y veuil , et ses entrailles an ont éteil meues de compassion. Et courant à louil, y s’y chéteil à son cœou et l’y
abrassié.
Sou garçon ly y dit : — Mou père, j’oâ péchié contre el ciel et conte vous. Euje ne sume digne d’être appeleil voûte garçon. » — Alors eul père y dit à ses domestiques : — Apportez sou prumier hubit et apprêtez lou. Mettez ly eine bague à sou dé et des soleils à ses pieds : et amoinnez toulà eul viau groâ , que v’ allez tueille. Mangeons et foisons bonne chière, par ce que mou garçon, que via toulà, été mourt et il è ravigoteil. Il été perdeu et il è r’truveil. »
Onz y don k’mencié à s’mette à toale et à mangieil. Pâdant ç’ temps là lou pé vié garçon, qu’ été aux champs, a eurveneu : et quand il y iteil près de la maison , il y attendeu la musique et l’brouil de tout 1’ monde, qui dansé. Pou saoué ç’ que ç’ été, il y clameil hium des domestiques et ly y demandeil ç’ que ça voulé dire qu’on fesé tant de brouil.
Eul doniestique li y répondeu : — C’è qu’ voûte frere è r’veneu, et qu voûte père y tueille eul viau groa, par ç’ qu’i l’y réveuil qu’i n’èmme malade. »
Ç’te nouvelle l’y min à colère ; i ne voulé pus entreil à la maison. Sou pere s’y veuil obligié d’â sorti pou 1’ prié d’entreil soustet.
Mais l’afant eul y fait ç’te réponse ; — V’ia déjà moeont longtemps qu’euje su voûte serviteur ; jeu n’ vo a jamais désobéi à rien d’eusce que v’ mavez k’mandeil ; et pou tant vus n’ m’avez jamais d’neil un gayot pou m’ réjoui aveu mes amins. Mais dès que voûte aute afant, qu’y raangiè voûte bien avec des femmes perdeues, y r’vencu , vo tiez pou louil eul viau groa ! »
Eul père li y dit : — Mou garçon , v’ êtes toujou avec min, et tout ç’ que j’oa est à vous. Mais y fallait faire la fête et nous réjoui, pa ç’ que voûte frère été mourt et ilèravigoteil ; il été perdeu et il a éteit eurtrouveil (1).
Conversation entre deux cultivateurs de la commune
d’Auve.
Michel. — Ah ! c’est ti , mou lœou ?
Nicolas. — Oui , c’est min. Euj’ viens t’ dire bonjou â passant. '
M. —1 C’est bien fait à ti d’venin m’oir com’ ça. Euj’ t’â r’mercie.
N. — Dis-me, à ç’ l’œou qu’ j’ t’ois bien portant, k’ment va ta fanme , tes afants , ta fille qu’est si gentie et tout plein intiressante !
M. — Ma fille ! mou pauvre ami ! euj’ n’ouse t’â rien dire. Eulle m’ paraît bien malade. J’oâ pœou, quand on m’â parle. Euj’ crais toujou qu’eulle s’â va, et qu’ la mort eune m’ la peurnit. Parlons d’aute chouse.
N. — Soite ! et tou garçon ? In biau garçon , ma foué , bien meuil qu‘ sou peire, hein !
M. — Ma foué ! T’es raison : y est meuil qu’min. Les jeunes filles s’on ont bien aperçœu. Quand j’étous jeune, si eulles s’approchient do lœou, c’eté pou sés écus. Anouit ailes paraissent aimeil mou garçon pou louil. Ç’ia, com’ te l’ois, prouve tout plein â sa faveur. Mas j'oâ meuil à t’ dire qu’ ça seu sou compte ; j’eul marions d’ains quinze jous aveu eunne fille, qu’est in bon parti.
N. — Oh! tant meuil ! j’eul oirons à la noce.
M. — Oui , et sans qui m’euil dit d’eul faire , euj’ t’y invite.
(1) Je dois à M. Benoit, instituteur à Cormontreuil , le contenu de ce chapitre. C’est grâce à son obligeance que j’ai pu recueillir les matériaux de mes notices sur le patois des communes d’Alliancelles et celui de Somme-Tourbe. Je dois aussi le remercier des efforts, qu’il a faits pour rendre mon travail plus complot.
N. — J’accept’, mou vié lœou, et aveu d’autant peu de plaisi, que j’ tiens à alleil voir ta troupe , qu’on m’y dit iête bien belle et coraposeil d’eune roace bien ehaisie.
H. — Ah ! pou cela eul lœou est 1’ co do villège : à louil eul pompon pou les belles bêtes ! Il au i soin , ois te ! Et pouil y faut r dire , y dè t’â saoué greil , pa c’ qu’ c’est ti , qui euil l’obligeance d’eul montreil à rendre sa troupe milleou. Eul Lœou eune l’oublirime ! Quand ça s’ trouvri , y feri sou possibe pour t’ prouveil qu’ tu n’ime affaire à in ingrat.
N. — Mou vié, crais qu’ pou 1’ service qu’ j’oa rendeu , euj’ n’ te demand’ qu’ d’ poulez t’â rendre quand j’ pourroas, sans qu’ ça m’ couli trop chier. Perminme de t’â rende aco iun anouil, qui n’ t’ couteri rien et qu’augmenteri tout plein ta maison. — L’aute foué j’oa entreil assiez ti , et j’oa veuil aveu poinnne que ta fanme fèsè sa cuisine â hiateurtenant eul feuil aveu d’ la paille. Vilain truc qu’ stila, qui moinne eul fien pa la chemineil. Eune brûle mi ta paille, mou lœou ! Fais liem d’ tout ; eune pognie d’ paille donne eune pognic de grains, ois te.
M. — Ah, bah ! j’oa trop de paille, y faut bien qu’ j’ l’usi.
N. — On n’an i jamé trop , quand on seil bien l’occupeil. Viens soustet , et foirai com’ eulle peut s’ placeil dains uons champs.
M. — Eh bien! J’oueroa : j’ n’ bruleroa peu de paille. J’ feroa mou possible pou bien m’â servi.
N. — Tant meuil qu’eul consiel sée suivi. J’ pourroas do reste eul saoué eul jou d’ la noce. Songne ta bonne joune fille ; guaris la, et arrête pou la marieye qu’ la rose remplacit sa jaunisse d'seu sés belles jeoues. Eur’çoué eune pongnie d’ main, qu’ f rendrai à tou garçon pou min. Adieu, mou bon Lœou. »
Glossaire.
Ache. — Hache.
Ados. — Enclos.
Aco. — Encore.
Afant. — Enfant.
Agné, — Agneau.
Agueil. — Aiguille,
A. — En.
Abrassieil. — Embrasser.
Alleil. — Aller, allé.
Alli, que j’. — Que j’aille.
Amin. — Ami.
Amoineil. — Amener.
Anouit. — Aujourd’hui.
Aoinne. — Avoine.
Aperceu. — Aperçu.
Appelliesse, que vous m’.— Que
vous m’appeliez.
Arreteil. — Attendre.
Arrousoi. — Arrosoir.
Assiez. — Chez.
Attendeu. — Entendu.
Avé, aveu, avo, avau. — Avec.
Avoi, il. — Il envoya.
Berbis. — Brebis.
Beurton. — Son.
Bientou. — Bientôt.
Boué. — Bois.
Brouil. — Bruit.
Brûce. — Brosse.
Bure. — Beurre.
Cailles. — Cailloux.
Caneçon. — Caleçon.
Chaisi. — Choisi.
Chamineil. — Cheminée.
Champenès. — Champenois.
Chapiex. — Chapeau.
Charre. — Viande.
Chayère, — Chaise.
Cheminze. — Chemise.
Cherre. — Cheoir.
Chet. — Chat.
Cheveau. — Cheval.
Ch'fey. — Cheveu.
Chière, — Chère.
Ch’min. — Chemin.
Ch’minon . — Chenet.
Chœoux. — Choux.
Chouse. — Chose.
Ch’teil. — Jeter. 1 Cisiau. — Ciseau.
Clameil. — Appeler.
Cleye. — Clef.
Co. — Coq.
Cœou. — Coup.
Cœou. — Col.
Conte. — Contre.
Coudre. — Coude.
Coutiau. — Couteau.
Couusse. — Cuisse.
Craire. — Croire.
Crais,je. — Je crois.
Cfimeau. — Crémaillère.
Crimme. — Crème.
Cuesine. — Cuisine.
Culier. — Cuillier.
Bains. — Dans.
Dais. — Doigt.
Dansét, il, — Il dansait.
Dé, det. — Doigt. — Ce qu dé : Ce qui doit.
Deil. — Dez à coudre.
Dinneil. — Diner.
Dipanseil. — Dépenser.
Disé, disi, il. — Il dit.
Diroa, je li. — Je lui dirai.
Do. — Du.
Dœous. — Deux.
Donneil. — Donner.
Donnème. — Donnez-moi.
Doyette. — Doigt du pied.
Drangée. — Dragée.
D’seu. — Dessus.
D’zou. — Dessous.
Écaillon. — Noix.
Echelin. — Chenille.
Egravisse. — Écrevisse, Emme, il n’. — 11 n’est pas.
Encleume. — Enclume.
Entre! 1. — Entrer.
Eplingue. — Épingle.
Erie. — Mesure de terre.
Étale. — Écurie.
Etieule. — Écuelle.
Euddans. — Dedans.
Euje. — Je.
Eul, eulle. — Le, lui, elle.
Eune. — Une.
Eurçoué. — Reçois.
Eurqueleil. — Reculer.
Eurvenin. — Revenir.
Eus. — Ce.
Eusce. — Ce.
Euste. — Cet, cette.
Fanraine. — Famine.
Fesèt, il. — Il faisait.
Fesin. — Fusil.
Feuil. — Feu,
Feurnetre, — Fenêtre.
Fian. — Taupe.
Fiembrer. — Fumer une terre.
Fien. — Fumier.
Fri une. — Farine.
Foué. — Foi.
Fouée, — Fois.
Caillot, gayot. — Chevreau.
Cardeil. — Carder.
Caliau. — Gâteau.
Ceneuil. — Cenoux.
G’nia , combien. — Combien n’y a-t-il pas,
Greil. — Gré.
Croas. — Gras,
Cuari. — Cuérir,
Cueurnier. — Grenier.
Haille. — Haye.
Hiateurtenant. — Entretenant.
Hiun. — Un.
laise. — Aise.
lau. — Eau.
leu. — Œuf.
In, inné. — Un, une.
Jamme. — Jambe.
Jeune — Jeune.
Junne. — Jeûne.
K’menceil. — Commencer.
K’ment. — Comment.
La sti qui, — Celle là qui.
Lavouye. — Lavoir, évier.
Leil. — Lit,
Leuveil. — Lever.
Lingue. — Langue.
Lœou. — Loup. — Terme d’amitié.
Long. — Loin.
Louil. — Lui.
Lourrain. — Lorrain.
Loyan. — Lien.
Loyance. — Écharpe.
Lunmière. — Lumière.
Ly. — Lui.
Mangient , ils. — Ils mangeaient.
Mante. — Manteau.
Marendeil. — Faire collation, Mariège. — Mariage.
Marté. — Marteau.
Mesereil. — Mesurer.
Meuil. — Mieux,
Millœou. — Meilleur.
Min. — Moi. — Mis, Minnage. — Ménage.
Minnouil. — Minuit. » Mœout. — Beaucoup.
Moinet. — Moineau.
Monche. — Mouche, abeille.
Mori. — Mourir.
Mou. — Mon.
Mouchoi. — Mouchoir.
Mourt. — Mort.
Munnier. — Meunier.
Neil. — Nez.
Netier. — Nettoyer.
Nons. — Nos.
Nouage. — Nuage.
Nouil. — Nuit.
Nous. — Nos Nusette. — Noisette.
Obe. — Arbre.
Obteneu. — Obtenu.
Occupeil. — Occuper, employer.
Œou. — Où.
Oir. — Voir.
Oirai, tu. — Tu verras.
Ois. — Vois.
Ois-ti. — Vois-tu?
Oiteure. — Voiture.
Oublirime, il ne T. — 11 ne l’oublira pas.
Ouseil. — Oser.
Oyant. — Voyant.
Pa. — Par.
Pâdant. — Pendant.
Pâlie. — Pelle.
Passouil. — Passoire.
Paupier. — Papier,
Paveil. — Pavé.
Pè. — Plus.
Perminme. — Permets-moi.
Pesson. — Poisson.
Peu. — Plus.
Pcuil. — Pou.
Peurnit, qu’il. — Qu’il prenne Plaisi. — Plaisir,
Planche. — Mesure de terre.
Pleuge. — Pluie.
Pleume. — Plume.
Po. — Peu.
Pognée. — Poignée.
Pou. — Pour.
Pouc. — Plus.
Pouil, puitz. — Puis.
Pouille. — Poule.
Poulez, pouleil. — Pouvoir.
Preil. — Pré.
Pru. — Plus.
Ramanseil. — Ramasser.
Ramon. — Balai.
Ravigoteil. — Ressusciter.
Regardeil. ~ Regarder.
Réjoui. — Réjouir.
Rempli. — Remplir.
Rendrai, tu. — Tu rendras.
Reté, rité. — Rateau,
Reuil. — Roule, rouleau.
Risin. — Raisin.
Roace. — Race.
R’veuil. — Revu.
Saile. — Seigle.
Santeil. — Santé.
Saoué. — Savoir.
Savlon. — Savon.
Seil, il. — Il sait.
Seille. — Seau.
Seraeil. — Semer.
Set, qu’il. — Qu’il soit.
Seu, se, ce. — Sur.
Seucre. — Sucre.
Seuris. — Souris.
Siau. — Seau.
Soleils. — Souliers.
Songneil. — Soigner.
Sorti. — Sortir.
Sou. — Son.
Soûlez. — Soleil.
Soupeil, — Souper.
Soustet. — Au logis.
Sume, je ne. — Je ne suis pas.
Tailliel. — Tailler.
Tauré. — Taureau.
Ti, — Toi, tu, te.
Tieuille. — Tuer.
Tieule. — Tuile.
Tiroi. — Tiroir.
Toale. — . Table.
Toujou. — Toujours.
Toulà, tout là. — Là. — Alors.
Tourtout. — Tout.
Traittemme. — Traitez moi.
Tro. — Trou.
Truc. — Manière, procédé.
U, us. — Porte.
Ungle. — Ongle.
Vaien. — Pelle à feu.
Veneu, il é. — Il est venu.
Venin. — Venir.
Veuil, il y. — Il a veu.
Viau. — Veau.
Vié, — Vieux.
Verrouil. — Verroux.
Voûte. — Votre.
Vouleu. — Voulu.
Vous. — Vos.
Voûte. — Votre,
Yun. — Un.
Verbes Être et Avoir.
Avoir.
— J’ai.
Être.
Je sus, sume, su. — Je suis, J*oa,
T’es. — Tues. T’es. — Tuas.
11 est, è, y. — 11 est. 11 y, i. — Il a.
J’ sons , sûmes, — Nous sommes, J’ons. — Nous avons.
V’ êtes. — Vous êtes,
Y sont. — Us sont.
J’estous étous. — J’étais T’ étoues. — Tü étais.
Y1 été, éteil. — 11 était.
J’ étions. — Nous étions.
V’ etiez. — Vous étiez.
Y1 élont. — Us étaient.
V’ avez, — Vous avez.
Y1 ont. — Us ont.
J’avoue. — J’avais.
T’ avoue. — Tu avais.
Il avè. — II avait.
J’ aviens. — Nous avions.
V’ aviez. — Vous aviez.
Y1 avient. — Us avaient.
Que j’ sé, — Que je sois. Que j’ eussis. — Que j’eusse.
Que t’ sé. — Que tu soies. Que t’ eussis. — Que tu eusses.
Qu’i sé. — Qu’il soit. Qu’il eussit. — Qu’il eût.
Que j’ siens. — Que nous soyons. Que j’ eussions. — Que n. eussiez. Que v’ siez. — Que vous soyez. Que v' eussiez. — Que v. eussiez. Qu' y sènt. — Qu’ils soient. Quel eussient. — Qu’ils eussent.
J’oa éteil. — J’ai été. J’oa ieuye. — J’ai eu.
T’ euils. — Tu eus. Y’ arié. — Il aurait.
Il euil. — Il eut. Y’ arié éteil. — Il aurait été.
lete. — Être.
Avoè. — Avoir.
PATOIS DU CANTON DE SAiNTE-MÉNÉHOüLD (1). Parabole de VEnfant prodigue.
Dans ç’ temps la Jésu y dit aux pharisiens et aux docteux d’ la loi stu parabole :
Ain hom avouat deux garçons : 1’ pu jeune y dit à sou père: — Mou père dounême ç’ qui m’ourvient d’ vout bien? » Et r père li y partagié sou bié.
(1) Ce patois est compris dans les communes de la Neuville-au-Pont, Courlemont, Hans , Dommartin, Chaude-Fontaine, Passavant , Verrières , Moiremont, Bersieux, Cernay-en-Dormois, Vienne-le-Château et dans tout le Vallage.
Ein pu après il y ramassie tou ç’ qu’il avouai , et s’an anale dans ein péys bien loin ; et pis il y mangiei tout ç’ qu’il avouat en faisant 1’ liberti.
Quan il y eu mangié tourtout , y venu eine grande fanmine dans steu pé”s là ; et s’y trouvé aveux rié du tout Y s’an analé s’ mette à servi ein hom de stu péys là, qui l’y avoie à sa ferme pour y gardei les cochous. Là il arouat bié voulu s’ rassaziei d’s écorses et pis don reste dés cochous: Mais personne n’ gni en donouat.
Et pis il y r’venu à lu même ; et y s’y min à dire : — Combien qu’i gn’y d’ domestiques dans la maison d’ mou père qu’ont don pain tant qu’i v’iont’ , et mi j’ moure du faim toulà ! Y fault qu’ j’ m’arnali et qu’ j’ali trouvé mou père. J’ li dira : — Mou père , j’a péchié conte ul ciel et conte vous ; ju n’ mérite mi d’ête appelé voûte garçon ; traitème corn yun des domestiques , qui v’ servent. »
Il y don parti , et s’an y arnalé r’trouvé sou père. Il élouat aco bié Ion quant sou père l’i vu. Ça li yè fait paine d’eul voir; il y couru conte lu, et s'y ch’té à sou cou, et l’y rabrassié.
Sou garçon ly y dit : — Mou père , j’a péchié conte ul ciel et conte vous. Ju ne mérite mi d’ête appcllé voûte garçon. » — Quant sou père y vu ç’ia , y dit à ses domestiques ; — Aportême tout suite ul pu bio abi et qu’on y meti. Mettez ly étou une bague au doigt et des sollés aux pieds. Allez v’s an cherchiei 1’ vio gras, et qu’on le tui. Manjan et faisan bonne chière ; car mou garçon , qu’ v’ià ,
étouat mort, et il è r’ssuscité. Il étouat perdu, et il è
r’trouvé.
Y s’ont mins à faire bonne chière. Ul pu vié garçon, qu’étouat aux champs, y rvenu pâdant c’ temps là. Quan il y étei conte la maison , et qu’il y âtandu tout 1’ train qu’on chantouat et qu’on dansouat , il y appelé ein domestique , et li y demandé ç’ qu’ c’étot qu’au atandouat.
Eul’ domestique ly è dit : — c’est voûte frère , qu’è revenu , et voûte père , qui è fait tuei 1’ viau gras , d’acause qu’il étouat r’vnu en bonne santé.
G’ià l’y fachié si fort , qu’i n’ime voulu ratré. Sou père y sorti , eul prioual qu’i ratrit : mais il li y répondu :
— Y gn’y moult long’ temps que j’ v’ serve , et ju n’ v’a
jamais désobéi. Et vous n’ m’avez j’raais rié donné, mi seulement ain agnio pou m’ diverti aveux mes camarades. Mais voûte garçon ([u’ v’ia , qu’y mangié tout c’ qu’il avouai aveu
dés gueuses , y n’ime été plutôt râlré qu’on è fait tué 1’ viau gras pour lu !
Mou garçon , ly a dit sou père , écoulênie : v’ avez toujou été aveu mi; toute’ qui y è touci, e’è pou vous. Mais il fallouat bié faire une fête et nous réjoui , par ç’ que voûte frère étouat mort et 1’ v’ia r’suscité ; il étouat perdu , et il è r’trouvé. »
GLOSSAIRE
A, j’. — .l’ai.
Acause, d’. — Parce que.
Aco. — Encore.
Ali, que j’. — Que j’aille.
Aportême. — Apportez-moi.
Arnaler, s’en. — S’en aller.
Arouat, il. — Il aurait.
Atandre. — Entendre.
Aveux. — Avec.
Avoier. — Envoyer.
Avouât, il. — Il avait.
Beyer. — Regarder.
Biau. — Beau.
Biè. — Bien.
Boun. — Bon.
Gau. — Col.
Chantouat, il. — Il chantait.
Ch’ter. — Jeter.
Dan, don. — Du.
Dansoiiat, il. — Il dansait.
Dés. — Des.
Dira, je. — Je dirai.
Donouat, il. — Il donnait.
Dounéme. — Donnez-moi.
Écoutéme. — Écoutez-moi.
Ein. — Un.
Eté. — Être.
Étot, il. — Il était.
Etou . — Aussi.
Etouat, il. — Il était,
Eu, il y. — 11 a eu.
Eul’. — Le.
Eurveni. — Revenir.
Faisans. — Faisons.
Gn’y a, y. — Il y a.
Itou. — Aussi.
Ju. — Je.
Li, ly, lu. — Lui.
Liberti. — Libertin,
Lon. — Loin.
Manjans. — Mangeons.
Mets, qu’on l’y. — Qu’on lui mette.
Mi. — Moi.
Mins. — Mis.
Moult. — Beaucoup.
Moure, je. — Je meurs.
N’ème donc num. — Nest-ce pas, Num. — Est-ce que ? N’est-ce pas?
Pâdant. — Pendant.
Péys. — Pays.
Pis. — Puis.
Po. — Peu .
Priouat, il, — Il priait.
Pu. — Plus.
Putot. — Plustôt.
Rabrassier. — Embrasser.
Ratrer. — Rentrer.
Réjoui. — Réjouir.
Servi. — Servir.
Sollés. — Soulier.
Sou. — Son.
Stu. — Co, cette.
Toula. — Là.
Tourtout. — Tout.
Traitéme. — Traitez-moi.
Tuit, qu’il. — Qu’il tue.
Ul. — Le.
Viau. — Veau.
Viè. — Vieux.
V’ia. — Voilà.
Voûte. — Votre.
Voyetto. — Petit chemin.
Y, il. — Il a.
Yun. — Un (1).
COMMUNE DES ISLETTES , Arrondissement de Sainte-Ménéhould, — Marne.
Chanson de Mai f2).
Bonjou, ma Dame, vous ri’ savez?
C’est le mois, qui est entré :
Il est venu vous demande!
Vote divine charité.
Oh ! Jésus Christ '
Oh ! Jésus Christ !
C’est le mois, note mois.
Le mois de mai , qui est entré !
Trimasots ' en nous en allant Nous pormenei eddans les champs, Nous y ons trouvé les blés si grands Les aubepin’ en fleurissant.
Oh! Jésus Christ!
Oh ! Jésus Christ !
C’est le mois, note mois,
Le mois de mai, qui est entré !
(1) La leçon et le court glossaire, qui précèdent, nous sont donnés par M. Jolly, propriétaire à Sézanne , et par la notice publiée en 1811 par M. Hubert, chirurgien à Sommepuis , sur le canton de Sainte-Ménéhould.
Aux Islettes et à Chaudefontaine , le premier jour de mai, les enfants vont do porte en porte quêter pour allumer un cierge devant Tautel de la Vierge. Ils font des gauffres avec de la farine, que chacun joint à son offrande. Cet usage se rencontre dans un certain nombre de villages champenois.
Dam’, quand vot’ mari s’ra déhors Que Dieu lui garde son saiu corps !
N’en soit de peu, ni moins ni peu, Ni en danger de sur son corps.
Oh ! Jésus Christ !
Oh! Jésus Christ!
C’est le mois, note mois ,
Le mois de mai, qui est entré!
Ma Dame, nous vous remercions :
C’ n’est pas pour nous qu’ nous demandons : C’est pour la Vierge et son enfant.
Eir priera Dieu et son fils.
Oh ! Jésus Christ !
Oh ! Jésus Christ !
C’est le mois, note mois !
Le mois de mai, qui est entré!
PATOIS DE LA COMMUNE DE SOMME-TOURBE , Canton et arrondissement de Sainte-Ménéhould.
Parabole de l’Enfant prodigue.
A ce temps la Jésus disouat aux Pharisiens et aux docteurs du la loi euscetu parabole :
In homme avouat deus afants , dont ul pu junne y fait cestu demande à sou père : — Donnéme 'eus qui doi m’urveni d’voute ben. — Ul père à stu demande li é donné sa part.
Quèque temps après eusce pu junne des deux afants après avoé ramassé tout ce qui l’irvunouat , s’en y in-allé en pays étranger ; dâ eulqué pays il y dépensié tourtou pa des excès et pa la débauche.
Après qu’ tourtou y été mangié , v'ia qu’un’ grande fanminne est veneu dâ ce pays la. Dé eus moment là us garçon là y commencié à choir de nécessité.
Eusce voyant corn’ ça, y s’in est en allé cherchié d’ l’ouvrage : eul hazard l’y fait allachié au service d’in homme don pays , qui l’y envoyïs à sa maison d’uddans les champs pou y aller garder les cochons.
Dâ s’tu maison là eus garçon la arroual été moult iaise ud su rempli V vente avé les écorces, que les cochons mangièt ; mais personne eune ïy voulu li â donner.
Pourtant la misère l’y fait urveni à lue : alors y s’y dit à lue menme : — Combien qu’ n’y ot i gents aux gajes du mou père, qui avont pus du pain qu’i n’ leus i â faut; et min euj su toutlà à mourri d’ faim. I faut qu’ ju me luve et qu’ j’aille voir mou père et j’ li dira : — J’a péchié conte ul ciel et conte vous. Cy vois ben qu’ ju n’ sume digne qu’ iiv’ m’appeliez voûte afant : traitemme comme iun de vos domestiques.
Us disant comme ça, y s’y luvé tout d’ suite pou aller assi ^ou père.
Et quand il en étouat aco ben long, sou père l’y veuie : et ses entrailles en avont été emeues d’ compassion. Et s’en allan à lue, y s’y jetté à sou caue et l’y abrassié.
Sou garçon li y alors dit : — Mou père, j’a péchié conte ul ciel et conte vou : ju n’ sume digne d’ete appelé voûte afant.
Ul père y dit tout d’ suite à ses gents ; — Apportez lue son prumier abi et abilliel’ avé : mettez lue une bague au doigt é des solées aux pieds. Et aminnez toulà ul viaux gras , qu’ v’ valez tuer. Mangeons et faisons bonne chière, parce qu’ mou garçou, qu’ v’ia, étouat mourt, et il é r’venu au moude ; il étouat perdu et lu v'ia urtrouvé.
Onz y commandé a ç’ mete à tabe et à faire bonne chière. Mais v'ia qu’eul pu viès des afants, qu’étouat aux champs, è r’venu: et quant il y été tout près du la maison, il y attendu la musique et le brue d’ tout 1’ monde, qui dansouat.
Pou savoua s’ qu’ tou ça voulouat dire , il y clamé ïun des domestiques ; et li y d’raandé qu’ est ce qu’ tout ça voulouat dire; qu’ est ce qu’u tout ce brué la? — C’est qu’u voûte frère à r’vunu, et qu’ voûte père y tuié ul viau gras , pa ç’ qu’il y erveu voûte frère, qui n’ étouamme malade.
S’tu nouvelle y mou eus garçon la à colère : Aussi n’ voulouat t’y pu rentrer à la maison. Sou père s’y veue obligié d’â sorti pou 1’ priey d’y r’vuni.
Mais l’afant eulli y dit : — V’ia déjà mou Ion temp qu’ j’ sue voûte serviteur. Ju n’ v’ a jamés désobéi a rien d’eusqu’ v’ m’avez k’mandé. Et poutant vus n’ m'avès jamès d’né in gaiot pou m’ réjouï avu mes amis. Et tout aussitout qu’ voûte aute afant, qu’ y mangié voûte ben avu des femmes perdues, è r’vunu, euv faisez mouri pou lue ul viau gras.
U1 père li y r’dit : — Moim afanl. Y’ étiez toujou avu meu, et tou ç’ qu’ j’ a ei à vou. Mais i fallouat faire bonne chière et nous réjoiiï pa ce qu’ voûte frère ctouat mourt, et il est r’vunu au monde; il etoual peurdu , et 1’ v’ia r’trouvé (1).