‹ Recherches sur l'histoire du langage et des patois de ChampagneChapitre 4 sur 39 · NOMS GAULOIS · texte numérisé non relu

NOMS GAULOIS

antérieurs à Vère chrétienne.

Noms d’hommes — Orgétorix, Casticus, Calaraantaledes, Dumnorix, Divitiacus, Nameius, Verudoctius, Divico, Liscus, Ariovistus, Cingétorix, Induliomarus, Vocio , Iciiis , Anlébrogius (ces deux derniers rémois), Tasgelus, Viridovix, Arabiorix^ Commius, Drappès, Lucterius, Vertiscus ( rémois ), Viridomarius, Eporédorix, Vergasilaunus, Cavarillus, Gativolcus , Cassivillaunus, Camulogènes ( parisien^, etc.

Noms de lieux et de rivières. — Garumna, Sequana, Matrona (Marne), Rhenus, Pyrœnei montes, Lemannus Lacus, Rhodanus, Mons Jura, Geneva, Tolosatium, Arar flumen, Vesontio, Agendicum, Bibrax, Alexia, Durocortum, Magetobroia, Mosa (Meuse;, etc.

Noms de peuples. — Remi, Remenses, Senones, Santones, Allobroges, Averni, Lingones, Ædui, Veromandui, Atrebates, Ebuorones, Bellovaci, etc. (1).

fl) Julius Cæsar : bellmn Gallicum. • — Nous n’avons pas la prétention de reproduire ici tous les noms gaulois cités par César. — Les noms d’hommes ont changé; les noms des lieux ont survécu. — Quant aux noms de cl)oses et aux mots que l’on peut

Notns des chefs gaulois et belges postérieurs à la conquête. — Premier et second siècle de 1ère chrétienne.

Florus, Sacrovir, Caius Julius Vindex, Julius Auspex, Claudius Civilis, Classicus (1).

Noms extraits de divers monuments antérieurs à l'arrivée des Francs.

Concile d’Arles 3l4. (2)

Nomina episcoporum cuin clericis suis , qui ex Gallicis ad Arelatensem convenerint.

Inbelausius episcopus , Primigenius diaconus de civitate Reniorum, Avitianus, Nicetius, Reticius, Amandus, Philoinalius, Vocius, Peluünus , Malernus, Macrinus , Geuialis , Ofientalis, Agræcius, Flavius, Félix, Mameitinus, Leontius, Eborius, Reslitulus , Adelfms , Arminiiis , Liberius , Florenlius , Sabinus , Natalis , Cylherius , Probatius , Castorius , Clementius , Rufinus , Termatius , Victor, Fortunatus, Deuterius , Quintesius Ammonius.

relever dans César et dans les textes latins, datés du premier siècle de Père chrétienne , nous ne les indiquerons pas. On les trouve dans les ouvrages- qui ont traité de l’histoire des Gaules et de la langue celtique : d’ailleurs il n’est pas démontré qu’ils appartenaient uniquement à l’idiome usité dans les Gaules.

(lf Les noms d’hommes ne sont plus gaulois. Les races les plus indépendantes ont rapidement subi le joug de la langue latine.

(2) Les trois listes, qui suivent, donnent la suite complète des noms inscrils dans les actes que nous avons consultés.— Concilia aniiqua Galliœ : J. Sirmond, in-fol. t. i. Paris 1629. — Nous n’avons pas trouvé de texte intéressant la Champagne avant la fin du VS siècle. Nous sommes réduits à citer des actes, qui concernent la Gaule toute entière. — Les noms, qui s’y trouvent, sont presque tous Grecs ou Romains. A peine en distingue-t-on deux ou trois, qui rappellent l’idiome Gaulois. — Imbétausius, qui figure à la tête des prélats du concile d’Arles, n’est autre que Bétause, •i® archevêque de Reims, né eu Grèce.

Noms des Evêques Français assistant au Concile de Valence 374.

Florentius, Æinilianus, Euinenus, ArU^nius, Evodius, Antherius> Rhodanius, Chrestus, Néotérius, Urbanus, Paulus, Simplicius, Juslus, Eortius, Britto, Concordius.

Bonifacii papœ epistola ad Episcopos Gaîliœ : Anno 410.

Bonifacius episcopus Patroclo , Remigio , Maximo , Hilario, Severo, Valerio, Juliano, Castorio, Leontio, Constantino, Joanni, Monlano, Marino, Mauricio et ceteris episcopis per Gallias et septem provincias conslitutis.

L’Oraison Dominicale en langue Armoricaine.

Hon tad pchuny son en efaou, (Ij Da hanore bezet sanctifiet ;

Denet aoriiomp da rovantelaez ;

Da eol bezet graeten donar éval inaz eou en euf Ro dimp hiziouhon bara pemdeziez.

l’ardon dimp hon pechedou, eval ma pardoiiomp Da nep pegant ezomp offanczet :

Ha nas délaïsquet ehanomp en lemptacion ;

Hoguen hon diliur dyouz drouc

Rac dit ez aparchant an rovantelaz angloar

Ifac an galhout dabiz auy quen.

Amen.

LANGUE DES FRANCS AVANT 4i0.

Fragment.

Mikkeloso min scia truchtin :

Intigifan min gust in Cote minemo Heylant Bilhui ; Wantha hec Geschouuola admuolhi sinero Thiuni.

Traduction.

Mon âme exalte le Seigneur :

(I) Cette pièeo nous est fournie par Borel dans la préface de son Trésor des antiquités gauloises et françaises. — 11 est facile d’y voir les inspirations de la langue latine.

El mon esprit, rcsjouis-toi en Dieu mon Sauveur ; car il a considéré riiumililé de la Vierge sa servante (1).

Lettre de saint Rerni à Clovis sur la manière de gouverner (497-500).

Domino insigni et meritis magnifico, Ghlodoveo régi , Remigius episcopus.

Ruraor ad nos magnus pervenit, administrationem vossecundam rei bellicæ suscepisse. Non est novum , ut cæperis esse sicut parentes tui semper fuerunt. Hoc in primis agendum, ut Domini judicium k ie non vacillet.... Cives tuos érigé, afflictos releva, viduas fove, orphanos nutri, si potiùs est quàm erudies, ut omnes te ament et timeant. Juslitia ex ore vestro procédât. . Prætorium tuum omnibus pateat... Si quis in conspectu vestro venerit, peregrinum se esse non senliat (2).

Vie SIÈCLE.

TESTAMENT DE SAINT BEMl. — 530. (3)

Suite complète des noms inscrits dans ce document.

Remigius , Profuturus , Provinciolus , Agricola , Prudentius , Amorinus , Lupus , Tennaïeus , Celtus , Principius , Dagaridus ,

(1) Bord, dans son Trésor des recherches et antiquités gauloises et françaises ( Paris, 1653, — Préface ) donne ces lignes comme un exemple de la langue des Francs dans le premier siècle de Père chrétienne : mais il n’indique pas la source à laquelle il les a puisées.

(2) Marlot français, t. i , p. 793. — Il faut remarquer dans cette lettre l’emploi irrégulier des mots tu el vosytuus et vester l’un pour l’autre. — Le parti romain est anéanti. — La langue latine commence à s’altérer. Les fautes se multiplient sous les plumes les plus exercées.

(3) Actes delà province ecclésiastique de Reims, Th. Gousset, in-4o, t. 1 , p. 15. — Les Francs sont en Gaule depuis moins de cent ans. Sur 87 noms les langues Grecque et Latine en réclament encore plus de la moitié : les autres sont d’origine Gauloise, Franque ou Barbare. Leur ensemble donne

Hilarius, Ludowaldus, Alborichus, Martinus, Nicasius , Addulfus, Enéas , Verûivianus , Capalinus , Marcovicus , Bebrimodus , Gibericus, Tollicio, Maurilio , Baudoleifus, Albiniacus , Alaricus, Crispinus, Mauricius, Frumineus, Duclio, Tennaredus, Monulfus, Aregildus , Medovicus , Medaridus , Prœtextatus , Marcuinus , Huldericus, Benedictus, Eulogius, Melanius , Petrus, Jovinus , Dagaleifus , Baudovicus , Nifastes , Mellevious , Viteredus , Merumvastes , Amantius , Britobaudes , Moderatus, Innocentius, Profuturus , Feriaredus , Parovius , Gundebadus , Cattusius , Aetius, Ambrosius, Agathiraerus , Leuberidus , Léo , Marioleifus , Totono, Flaviaiius , Cispiciolus , Luedocharius , Friaredus.

Les signatures apposées au bas du testament donnent les noms de — Bemigius , Vedastus , Genebaudus , Medardus , Lupus, Benedictus, Eulogius, Agricola , Teodonius, Celsinus , Pappolus, Rusticolus, Eulodius (Eulogius) Eutropius, Eusebius , Dauveus.

Introduction de l’idiome des Francs dans la langue latine (1).

Cum duabus villis, quas Ludovicus , à me sacro baptismatis fonte susceptus , amore nominis mei Piscofesheim suâ linguâ vocatis, michi tradidit.

Lettre des Pères du Concile de Paris à Gilles, archevêque de Reims, 560.

Et quia à fratre vestro domno Germano epis-

copo , ad petitionem domni Constituti metropolitani , ut ad synodum venire deberet, et præsentaneâ invitatione commonitus, quod quoque domnum Constitutum et domnum Germanum constat in synodum retulisse et ad synodum venire distulit.... Data constituto die tertio iduum Septembriura, anno XII Regum domnorum nostrorum, indictione VI. Parisiis (2).

une idée du mélange des races, qui couvraient la Champagne.

(1) Saint Remi nous montre les Francs imposant leur langue à leurs sujets et substituant des noms de leur choix à ceux adoptés par les populations Gauloises ou Romaines.

(2) Ma rlot français , t. n, p. 799. — Nous citons cette pièce pour donner un exemple des contractions, que les Gaulois et. les Franes allaient faire subir aux mots latins.

Fondation du Monastère de Saint-Michel sur Meuse.

( 590 circa. ) — Fragment.

Ego itaque Wolfoardus, filius Gislaramno quondam, neenon et conjux nostra Adalsinda, filia Adalberto quondam, donalores... In primis itaquè donamus portione nostra, eognomioante Widinovilla, sitam in pago Verdonense, cum oasis.. Similiter donamus villara nostram... quæ in populo vocatur Godonecurte. — Similiter donamus ad Baudemetrovilla... villam nostram, quæ vocatur Buxarias. — Similiter donamus curtem unam Tronione nuncupatam... — Signum v. inl. Wlfoaldo. — Signum Dodino — Signura Chrodelberto. — Signum Angliberto. — Signum Attolane (1).

Vile SIÈCLE.

Fragment d’une charte de Clotaire 11, relatine à l'abbaye de Saint-Denys en France {584-624).

Viris inlustribus Chrodegario. . . . per basilecabus

de suis propriis facullatibus per testamenti pagenam voluerit legaliter delegari per nostris authoretatibus testamentum.... Noster Dodo abba de basileca sancti domni Dioninsio niar- Iheris peculiares patroni nostri testamenti pagenam à Johanne quondam negutiante,... aliquid de suis facullatibus ad basileca ipsius sancti Dioninsio, vel relequa loca sancta infra oppidum Parisiorum civetatis etiani et ad alecus de suis propinquis per ipso generaliler conürmari deberimus. Quod nos magnetudo vestra sicut unicuique justa pelentes

Annales Bénédicline's, t. ii, p. 692. — Dans cette pièce on voit les règles de la déclinaison foulées aux pieds. Les noms gaulois ou francs commencent à paraître dans les actes sans se soumettre rigoureusement à la terminaison latine.

(2) Annales Bénédictines, t. ii, p. 685. — Ce fragment existait dans les archives du monastère de S^-Denys, écrit sur un papyrus. — Dans cette pièce, ce ne sont plus seulement les règles du latin qui sont méconnues : l’orthographe romaine disparaît : les Iwrbarismes se multiplient Bientôt le peuple ne parlera plus qu’un latin de convention : la langue romane va remplacer la langue romaine.

charte du roi Dagobert au profit de l’abbatje de Saint- Denys (620-650).

Dagoberclhus rex Francorum, vir inlusler,

Quotienscumque pelilionebus fedilium perso oarum , in quo uostris fuerint patefacti, eas per singola libenter volumus obaudire, et efîectui in Dei nomine mancipari. Adque ideo vir inluster et fedelis, Deo propicio, noster Ursinus climenciæ regni nostri petiit, ut de id quod una cum germano sno Beppoleno in divisionis pagenam, lara ex successione geneturi suo Chrodoleno, quani gerraano suo Chairaedes, quondara loca, quorum vocabola suDt Ferrarias, Leubaredovillare, et Eudoncovilla (1), seu reliqua facultatera, vel villas illas, quod in Roteneco de alode maternâ per porctionis letulum ad eodem nuscuntur pervenisse, hoc est cum terris, ædificiis, mancipiis, viniis, silvis, pratis, pascuis,

aquis aquarum ve decursebus, movilebus et immovilebus ut

dictum est, ad parle sua pervenessit, et hoc ad presens ricto or-

dineassent domenari et ut hæc auctoretas perpetuis tem-

porebus firma stabelitate debeat pefdurare , manus nostræ suscriptionebus subter eara decreviraus roborari (2),

Confessio cujusdam Genechiselo. — 649.

Confessio Genechiselo. — Ipse dixit, involavit una cum Theodobaudo et Juniuberto Bauciaco et Sindifusco , et occiderunt ipso in casa ipsius Genechiselo , undè se conscius esse culpabiles se cunnuscit : — Signura Genechiselæ confessus, presentis testis. — Signum Abodio. — Signum Patrecio. — Signum Audemundo. — Signum Doco. — Signum Dumnechiselo. — Signum Alluni. — Signum Audescando. — Godechiselus subs: anno XVI regis dorani nostri Sigiberli : Etherico, Bobolenus scripsit et subscripsit (5) .

(1) Ecouen.

(2) Annales Bénédictines, t. I, p. 685. — 11 s’agit ici d’un texte officiel émané des officiers de la chancellerie royale. A quelle distance devait donc déjà se trouver du latin l’idiome populaire dans les villes? Quelle langue devait-on parler dans les campagnes ?

(5) Annales bénédictines, t. i , p. 691. — Voici un texte qui concerne un homme du peuple. Il ne parait pas émané d’une chancellerie royale et peut donner une idée du style de la classe moyenne et lettrée.

Noms Gaulois ou Francs admis dans des textes latins. vue siècle.

Cum paginâ de silvâ de foreste nostra Wendegenia, hoc est pe^'’ loca denominata a fine Cartensi usque in Dominico lacco per Siccasirude , per cervorum marcasio.

Charte de Clotaire III , relative à l’abbaye de Corbie. — 660.

Basilica in insula Sithiu.

Lettre de saint Orner, évêque de Terouanne. — 662.

Quemdam locum in foreste Dervo.

Charte de Childeric II. Abbaye Montier en Der. — 667.

Fragment d’une charte du VIF siècle (666, circa).

Dum cognilum est, quod Bettha Deo sacrata portione aliqua iii locella nuncupantia Soliaco , Mansione , villam Bariaco , Seu et Briscino.... Convenit inter ipsos, quod ilia quarte parte, quam Ermenfredo quondam in Mansione debitum erat, memorati infantes Berthofredo, Dodo una cum conjuge sua Eodilane, vel Bertholanda, contra venerabile fratre Patuino præposito vel ipso raonasterio , quantumcumque ibidem habere videntur , Omni tempore habeant evindicatum (1).

NOMS DU Vile SIÈCLE.

Constitution de saint Drausin, évêque de Soissons. — Anno 666.

Elle porte les signatures des évêques dont les noms suivent : — Drausico, Nivo, Genesius, Audœniis, Leudtgarius, Roso, Gauciobertus, Desideratus, Virgilius, Importunus, Emradius, Burgondo, Abbo, Clemens, Ragnobertus, Audo, Ragnoraanus, Concessus, Luedeboldus, Sigoboldus.

Constution de saint Réole, archevêque de Reims, en 686. Elle porte les signatures de Reoins, Ansoldus, Petrus, Harmarus,

(1) Annales bénédictines, t. i, p. 684-. — Dans cette pièce les dcsincnces latines disparaissent pour faire place à celles que l’idiome roman introduil '"haqtio jour dans la langue usuelle.

Leocadius, Hilduinus, Âmagisildus, Bertohendus, Gaudo, Caldemarius (1).

Diplôme de Childehert III au profit de l’église d’ Argenteuil près Paris (698),

Childebertus rex Francorum, vir inluster:

Idoque cognoscat magnetudo seu hutiletas vestra, quod nus Silva nostra, qui vogatur Cormoletus super fluvium Sequana in page Parisiaco, quidquid ibidem a longo tempore fiscus fuit, aut in giro tenuit, vel forestarii nostri usque nunc defensarunt, ad monastberio sanctæ Mariæ, sancti Pétri et Pauli, vel ceterorum sanctorura, qui est constructus in villâ Argentoialo, ubi præest in Cbristo Domino sacrata Leudesinda abbas, pro mercedem nostr* augmentum, vel pro consolatione ancillarum Dei inibi referente, plena et integra gratiâ visi fuimus concessisse

Datum, quod ficit, mensis Âbrilis dies tertia, anno tertio regni nostri, Compendio, in Dei nomine féliciter (2).

VIlie SIÈCLE.

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