‹ Recherches sur l'histoire du langage et des patois de ChampagneChapitre 5 sur 39 · LANGUE DES FRANCS · texte numérisé non relu

LANGUE DES FRANCS

Concile de Lestines, (Diocèse de Cambrai.) (3). 743.

Ahrenuntiatio diàboli operum que ejus:

D. — Forsacbis-tu diabolœ ?

R. — Ec forsacbo diabolæ.

D. — End allum diabol gelde ?

R. — End ec forsacbo alkim diabol gelde.

D. — End allum diaboles vuercum ?

(1) Les noms latins n’occupent plus qu’une place sans importance au milieu de ceux, qui remplissent les chartes. La race romaine s’éteint : sa langue bientôt ne sera plus comprise dans les Gaules.

(2) Annales bénédictines, t. 6‘, p, 656.

(3) Nous empruntons ces deux formules en langue franque ou ludesque au 1er volume des actes de la province ecclesiastique de Reims. — Th. Gousset, t. i, p. 96. — Ce Concile intéresse la province de Reims et une partie de la Champagne, qui dépendait du royaume d’Austrasie.

R. — End cc forsacho allum diaboles vuercum, und vordiim thuna erende , Woden ende Saxn Ote, ende allera tbem un-' holdum, lhe hira genotas sint.

Traduction.

D. — Renuntias ne diabolo ?

R. — Ego renuntio diabolo, ü. — Et omni diaboli societati ?

R. — Et ego renuntio omni draboli societati.

D. — Et omnibus diaboli operibus?

R. — Et ego renuntio omnibus diaboli operibus et verbis ,, lucorura cultui , Wodano et Saxonico Otino , et omnibus spiritibus malis, qui horum consortes sunt.

Profcssio fidei.

D. — Gelobis-tu in Got, almehtigan Fadaer?

R. — Ec gelobo in Got, almehtigan Fadaer.

D. — Gelobis-tu in Christ, Godes suno?

R. — Ec gelobo in Christ, Godes suno.

D. — Gelobis-tu in halogan Gast?

R. — Ec gelobo in halogan Gast.

Traduction.

D. — Credis ne in Deura, omnipotentem Patrem ?

R. — Ego credo in Deum, omnipotentem Patrem.

D. — Credis ne in Christum, Dei lilium?

Ces pièces mettent à nu l’état du langage en France ; le latin classique n’est plus compris par la population : les familles établies sur notre territoire avant 420 n’entandent que le latin corrompu. Les descendants des compagnons de Clovis n’ont pas appris la langue des vaincus ; ils parlent comme leurs pères le dialecte, qui florissait aux bords du Rhin Mais on les a convertis au christianisme : il a fallu leur expliquer ce qu’ils ignoraient ; et le clergé dut étudier leur langage , se mettre en état delà parler, de l’écrire. On a composé des prières intelligibles pour eux. Les documents , que nous éditons, sont du nombre. On voit que ce sont des traductions de textes latins. On y remarque des désinences, que Rome laissa dans les Gaules, des mots d’origine grecque. D’une autre part, il faut aussi noter des mots, dont le Franc va doter le Gaulois. — A Beru lès Reims on dit éche pour je. — Jarnigoy ne vient -il pas de j’reni Got?

R. — Credo in Christ um, Dei filium.

D. — Credis ne in Sanctum Spiritiim ?

R. — Ego credo in sanctum Spiritum.

Mots et noms Francs ou Gaulois contenus dans des textes

latins du viiie siècle.

g 2. — De sacrilegiis super defunctos, id est, Dadsilas. g 6. — De sacris sylvarum, quæ Nimidas vocant. g 15. — De igné fricato de ligne , id est Nodfyr. g 24. — De pagano cursu, quem Yrias nominant.

Concile de Destines. — 743. — Capitul. Baluze, t. i, p. 150.

.... Et quia casus præteritorum nos cautos faciunt in futurum, ne quis, quod non optamus, aliquam sibi in eadem diœcesi usurpet potestatem , certo eam limite fecimus terminari , eique hos termines, mare Oceanum, Albiamfluviura, Liam, Steinbach, Hasalam, Vimarcham , Sneidbach , Ostam , Mulinbach, motam paludem quæ dicitur Sigefridsmor, Quistinam , Chisen-mor , Aschbroch ,

Wisebroch, Bivernam, Ubinam, iterum que Ostam dehinc

ab orientali parte, viam publicam quæ dicitur Hesseweg, Sturmgeoe, et Lorgoe

Capit. de Charlemagne. — 789. — Baluze, t. i, p. 247.

Si quidem Rachinburgii in mallo residentes. . . . legem dicere noluerint. . . . tune dicat ille, qui causam requirit : — Ego vos tangano usque dum vos inter me et contra causatorem meum legem judicetis.

Pactus legis salicœ 798. — Baluze ; Capitulaire , t. i p. 320. (1).

LITANIÆ CAROLIÆ. — 780, 800.

In parthenone Beatœ Mariœ apud Suessionas.

Adriano, summo Pontifice et universale papæ, vita !

(1) Oû remarquera que dans les titres datés du vue au ixe siècle, ce sont les mots et les noms de la langue des Francs qui s’affranchissent le plus habituellement des désinences latines. C’était celle de la cour et celle de ses officiers. Elle tentait do se substituer au latin.

Kedemptor mumli, tu lu juva.

Sancte Petre, tu lo juva.

(Vel alius sanctos quales volueris.)

Exaudi, Ghriste !

Karolo excellentissimo et a Deo coronato, magno et pacifico rege Francoi’um et Langobardorum ac patricio Romanorum , vita et Victoria !

Salvalor mundi, tu lo juva !

Sancte Johannes, tu lo juva !

(Vel alius Sanctus quales volueris.)

Pepino et Karolo nobilissimis filiis ejus vita !

Sancti illius quales volueres. — Tu los juva (i).

IXe SIÈCLE.

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