‹ Recherches sur l'histoire et la civilisation de l'ancienne Égypte [microform]Chapitre 4 sur 31 · CS · texte numérisé non relu

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Les rois nommés ci-dessus étaient sûrement les suc- ■cesseurs et les héritiers légitimes au trône des Pharaons de la VI® dynastie, car plusieurs, ainsi que nous le voyons, portent le même nom royal Noîerkaré, comme Pepi II, et l'un d'eux, Noferkaré Pepi-sneb, a le même nom de famille Pepi, comme deux Pharaons de la VP dynastie. Nous ne <îonnaissons malheureusement que leurs noms, car à l'ex- <;eption de quelques scarabées ils n'ont rien laissé après €ux, ni pyramides, tombes ou quelque autre monument qu'on ne sache jusqu'ici. Ils avaient leur résidence à Memphis et continuaient en quelque sorte la domination memphitique, mais leur pouvoir était brisé, et souvent il ne s'étendait pas hors des murs dii palais. Des familles concurrentes de haute origine s'élevaient et fondaient des états: la IX® dynastie à Héracléopolis magna, la X® dynastie à Thèbes; à Siut de hauts nomarques obtinrent une grande puissance, qui fut un appui considérable pour les Pharaons héracléopolitains dans leur lutte contre les Thébains. Enfin d'autres nomarques établirent à Hermopolis et à Menat-Khoufou de petits états presque entièrement indépendants qui durèrent jusqu'à la XII® dynastie. Pendant tous ces revers la VIII® dynastie allait à la rencontre d'une mort lente, qui cependant, selon l'opinion de Manéthon, à cause de son adoption de la légitimité memphitique, ne s'accomplissait qu'à l'avènement de la XII® dynastie l'an 5268 a. J. G.

Règnes collatéraux d'Hérakléopolis et de Thèbes.

IX"— XP dynasties.

Akhthoès fut le fondateur de la IX® dynastie qui embrasse une époque de 109 ans depuis 2447 à 2338 a. J. C. ^

Akhthoès est dépeint par Manéthon comme un tyran inflexible et impitoyable qui commit beaucoup de cruautés; il devint fou et fut enfin tué par un crocodille. On suppose que cet Akhthoès est identique avec le roi Abmeriré Kheti I dont le nom est inscrit sur un vase de bronze au Louvre et à quelques autres endroits p. ex. sur un rocher près de la première cataracte d'où l'on avance qu'il a dû régner sur la plus grande partie du pays.

Gomme ses successeurs de la IX® dynastie il résida à Hérakléopolis magna. Cette ville appelée en Egyptien Khenensou, un nom qui dans la bible copte sonne Hnes et est encore conservé en Arabique, mais est traduit des Grecs par Hérakléopolis, parce qu'ils identifiaient le dieu local Hershef avec leur Héraklès, était une des plus vieilles villes de l'Egypte et devint à côté d'Héliopolis et d'Hermopolis considérée comme sainte puisque la création égyptienne fut localisée dans ces villes.

^ Une variante des textes manéth. donne 409 ans.

Hérakiéopolis magna se trouve environ cent kilomètres au sud de Memphis dans une contrée fertile à l'entrée de la vallée du Fayoum qui appartenait aussi à ce district dont Khenensou était le centre, et qui en augmenta considérablement la richesse et l'importance, si non à un aussi haut degré qu'elle gagnait plus tard quand Amenemha III de la XII® dynastie eut creusé le lac de Môris.

Malgré sa cruauté, Akhthoès était sans aucun doute un grand roi, un homme énergique et puissant ayant su fonder une nouvelle dynastie, et bien qu'il n'ait pu- chasser de Memphis les Pharaons légitimes et les déposer entièrement, ou anéantir les Antefs, la X® dynastie naissante de Thèbes, il a du moins, pour un certain temps, étendu sa souveraineté sur la plus grande partie de l'Egypte. Suivant mon système chronologique ce fut sous les vingt dernières années du faible règne de Pepi II, qui dura 95 ans, que Akhthoès s'attribua le titre de roi, et il continua, sous les troubles memphitiques et les changements de succession, à régner après le commencement de la VIII® dynastie, mais combien de temps nous ne le savons pas.

En même temps que la VHP dynastie s'affaiblissait à Memphis les successeurs de Akhthoès de la IX® dynastie régnaient à Hérakiéopolis sous de changeantes conditions et avec plus ou moins de puissance. Ils semblent quelquefois avoir occupé le trône de Memphis, puisque sur les fragments 47 et 48 du Papyrus royal de Turin, entre les noms Noferkaré et autres qui appartiennent évidemment aux Pharaons memphitiques de la VIII® dynastie, deux ou trois fois se trouve le nom Kheti, peut-être aussi comme le

pense Maspéro ^ Merikaré dont les noms appartiennent ^ux Pharaons hérakléopolitains.

En ce cas les lacunes dans la série des rois légitimes de Memphis furent comblées par l'interpolation des noms <ies rois hérakléopolitains de la IX® dynastie. Et en vérité, tout au moins un roi de la IX® dynastie, Merikaré, doit ■avoir régné à Memphis, s'il en est, ainsi comme le dit Maspero, que celui-ci ait bâti une pyramide à Sakkarah^.

En outre il est donné de précieux renseignements sur la IX® dynastie dans les remarquables tombeaux de Siut, ■que M. Griffith a étudiés K II y a trois tombes bâties pour Kheti I, Tefabi et le fils du dernier, Kheti II qui gouvernèrent l'un après l'autre comme nomarques à Siut sous la dépendance des rois de la IX® dynastie à Hérakléopolis.

Ils appartenaient tous à une puissante famille de nomarques qui pour le moins pendant cinq générations eut Je gouvernement à Siut.

Kheti I raconte que du côté de sa mère il avait hérité ■de la dignité de son grand père, et que sa mère dirigeait le nome pendant qu'il passait son enfance à la cour du roi à Hérakléopolis, où il apprit à nager avec les enfants du roi et fut élevé comme un propre fils du Pharaon. Aussitôt qu'il fut majeur, il prit les rênes du nome. Au -moyen de canaux il introduisit les fertilisantes eaux du Nil sur les terres labourables et sur le sable du désert, de sorte que le nome devint riche en blé, que le bien-être du

1 Proceedings of Soc. of Bih. Arch. t. XIII, 430.

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