‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 100 sur 170 · SOIXANTE-QUATORZIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SOIXANTE-QUATORZIEME OBSERVATION

Arachnitis de la convexité et de la base. — Entérite. Un jeune homme, fort et sanguin, âgé de seize

ans, est pris d’une violente céphalalgie, d’amertume de la bouche , d'épigastralgie et de dévoie-

ment; un vomitif n’arrête point ce dernier, mais redouble la céphalalgie ; cet état dure huit jours.

Neuvième jour : mouvemens continuels de la tête à laquelle le malade rapporte une grande douleur, surtout au front ; face étonnée ; pupilles fortementdilatées ; regardinquiet ; yeux injectés, fixes ; mouvemens des bras et des extrémités inférieures mal assurés ; langue humide, blanche à sa base, rouge à sa pointe ; soif modérée ; douleur vive dans le ventre lorsqu'on y exerce une pression; chaleur naturelle de la peau ; délire doux ; rêvasseries; propos vagues; quelquefois cependant réponses justes. — Limonade ; potion avec quinquina et camphre ; lavemens avec camomille et camphre ; pédiluves sinapisés ; vésicatoires aux jambes ; glace sur la tête. — Le soir, la fièvre et la chaleur augmentent d'intensité, le délire devient furieux, le malade sort de son Bt et fait deux chutes sur la tête; on est obligé de l’assujettir ; la langue se sèche.

Dixième jour : continuation du délire ; mouvemens de tous les membres; courbure du tronc à gauche, sans rigidité du dos ; yeux extrêmement sensibles à la lumière; mobilité très-grande des pupilles ; sécheresse de la langue ; le malade ne donne plus de signe de douleur quand on appuie sur l'abdomen; hoquet. — Même traitement to-

nique. — Le soir dilatation extrême des pupilles ; fréquence très-grande du pouls; inégale répar-

ütion de la chaleur. Mort à deux heures.

Ouverture du cadavre. — Injection, rougeur, et imflammation vive de l’arachnoïde cérébrale et cérébelleuse ; cette inflammation paraît plus intense à la partie antérieure des hémisphères, aux environs de la protubérance annulaire, ainsi qu'à la base et à la partie postérieure du cervelet; au niveau du lobe moyen, l’arachnoïde adhère avec celle qui tapisse la dure-mère. Celle de la moëlle épinière est dans l’état naturel. k Le péritoine.est sain, mais la muqueuse des intestins offre dans toute son étendue une quantité prodigieuse de plaques rouges, de quatre à six lignes de surface ; ces plaques sont dues à un développement de la membrane interne, et en imposent pour des ulcérations. La muqueuse est en général ue nette , rouge, chagrinée, et comme percée d'une Hautes de petits orifices , par lesquels s’écoule encore de la mucosité lorsqu'on la comprime entre les doigts. 237. Malgré l’amertume de la bouche et l’épigastralgie, il était facile de reconnaitre chez ce malade, autre chose qu'une simple affection gastrique ; il suffit d'examiner pour cela l'ex trème intensité de la céphalalgie que le vomitif exaspérait ; le dévoiement accompagné de la sen-

sibilité du bas-ventre, de l’épigastralgie etc. etc. Comment se fait-il donc qu’on ait insisté sur les toniques les plus actifs qui ont anéanti le bon effet qu’aurait pu avoir l’autre partie du traitement ; ne doit-on pas leur attribuer la sécheresse de la langue et l’augmentation des accidens cérébraux qui par leur intensité ont empêché le malade de percevoir la douleur que devait déterminer la pression exercée au niveau de l'endroit le plus fortement enflamme.

Ces réflexions que nous à suggérées cette observation et la précédente, s'appliquent entièrement à celle qui va suivre , à l'exception toutesfois du traitement qui a été plus conforme à la nature de la maladie et à la marche des accidens.

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