‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 106 sur 170 · DURE TR RON EEE · texte numérisé non relu

DURE TR RON EEE

( 387 ) écarter celle qui la presse ; pouls développé, résistant, naturel pour la fréquence ; respiration libre ; point de toux. — Arnica; limonade végétale ; ventouses scarifiées autour du col ; vésicatoires aux cuisses et à la nuque.

Dixième jour : les personnes de service disent qu'elle a prononcé quelques mots dans la matinée; la joue esttournée du côté droit et relâchée du côté gauche ; la joue gauche ne donne aucune marque de sensibilité quand on la pince ) quoique le bras et la cuisse de ce côté soient très-sensibles à ce mode d’excitation ; la douleur du ventre que développe la pression paraît augmentée ; point d'évacuation. — Dix sangsues de udte côté du col; large vésicatoire sur la tête ; lavemens purgatifs; lereste comme la veille.

Onzième jour : dilatation de la pupille de l'œil droit ; somnolence; la malade chasse aux mouches; vers les six heures du soir, paroxisme violent ; face très-colorée ; l’œil droit est bien ouvert, brillant et fixe; cris aigus que l’on entend pour la première fois depuis le commencement de la maladie ; agitation continuelle des membres ; cette fille porte sans cesse sa main autour de l’épigastre et au-dessous du sein gauche, où elle l’applique fortement ; écoulement de beaucoup de salive par la bouche ; IMpP OSSI

( 388 ) bilité de rien avaler ; quelques grincemens de dents. Mort dans la nuit.

Ouverture du cadavre. — La tête offrait à l'extérieur, deux ecchymoses au-dessous du front,

larges comme un écu de trois francs ; au-dessous

de ces ecchymoses l’os était parfaitement sain.

A l'intérieur du crâne, les membranes n’ont offert aucune lésion, à l’excepuon de la pie-mère qui dans le voisinage de la protubérance annulaire et du commencement de la moëlle allongée, était infiltrée de sérosité; sur tous ces points, entrelle et l’arachnoïde qui était saine , se trouvait une couche gélatineuse, albumineuse, et tremblante, contenant dans ses mailles de la sérosité, et ayant partout plus d’une ligne d'épaisseur. — La substance du écrveau n’a offert aucune lésion. — Les ventricules contenaient environ une demi once de sérosité limpide. — Le diaphragme offrait à la partie gauche, une ouverture arrondie, de la largeur d’un écu de six livres, avec perte de substance, opérée par la gangrène, dont on trouvait encore des traces ; l'estomac engagé dans cette ouverture sans adhérer en aucune manière à ses bords, était auss perforé dans la même étendue que le diaphragme, vers l'extrémité gauche de la petite courbure, de sorte que sa cavité communiquait avec celle de la poitrine. Les bords de la perforation de l’es-

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tomac étaient lisses, coupés régulièrement ; les parois de l’organe étaienten cet endroitblanches, transparentes et amincies, et sa muqueuse extrêémement rouge sans Ôtre épaissie ; cette rou— geur se continuait tout le long de la grande courbure et dans la moitié inférieure de ce viscère ; elle était encore plus vive vers la fin de l'iléum, dans l’étendue de plus d’un pouce ; la muqueuse était parfaitement saine. — Les poumons ne présentaient rien de particulier, si ce n’est deux où trois glandes bronchiques engorgées de mauëre tuberculeuse.

— La cavité de la poitrine perforée, contenait environ six onces d’un liquide brun, visqueux, semblable à un mélange de vin et de houillon, couvert de gouttelettes de graïsse, et qui avait probablement pénétré de la cavité de l’estomac, dans celle de la poitrine, lors de la perforation. — Il n'existait aucune rougeur dans la bouche, le pharynx et l’œsophage, n1 aucune lésion qui pût faire soupçonner l’action d’un corps -irritant.

( Observation communiquée par M. le docteur Cayol. )

242. Îlest impossible de présenter un exemple plus beau et plus singulier d’arachnitis compli quée de lésion non cérébrale, que celui que nous offre cette observation ; elle appartient à M. jé

docteur Cayol qui l’a recueillie dans son hôpial, et qui nous l’a communiquée avec un empressement et des marques de bienveillance , que nous savons apprécier. Lestalens qui distinguent ce médecin, et les grandes connaissances qu'il possède en anatomie pathologique donnent à ce fait une nouvelle importance. Tous les symptômes de l’arachnitis se trouvent ici décrits avec la justesse, la précision et l’exactitude qu'on voudrait trouver dans toutes les observations ; nous ne les rapporterons pas, ce serait inutile; mais nous nous arrêterons un instant sur les détails de l’autopsie.

Il y est dit expressément, que les membranes du cerveaur’offrirent aucune lésion, que l’arachnoïde était saine, et on ajoute, que la premnère était infiltrée de sérosité dans le voisinage de la protubérance annulaire et le commencement de la moëlle allongée, que sur tous ces points, entrelle et l’arachnoïde, se trouvait une couche

élatineuse, albumineuse et tremblante, conenant dans ses mailles de la sérosité, et ayant partout plus d’une ligne d'épaisseur ; nous croyons que les membranes n’ont présenté aucune altératon ; mais d’où pouvait venir cette couche gélatineuse si bien décrite, qui se trouve au-dessous de l’arachnoïde ? Nous l'avons rencontrée un s grand nombre de fois dans des cas d’arachnitis

simple , les symptômes s'accordent si bien ici avec les lésions organiques, que nous n'hésitons pas ‘un seul instant à le regarder comme un produit de l’inflammation de l’arachnoïde ; si cette membrane ne présente ici au-dessous de la concrétion, ni épaississement ni perte de transparence, qui nous l’avouerons, sont quelquefois difliciles à reconnaïüre, cela uent à des circonstances particulières qui ne changent rien à la règle genérale ; il est, au reste, facile de se convaincre de cette vérité, en faisant attention aux faits nombreux que nous citons, et dont plusieurs n’ont offert d’autre altération pathologique, que cette espèce de couenne gélatineuse.

Rien n’a pu faire soupçonner la perforation de l’estomac et du diaphragme, car les facultés intellectuelles étaient trop troublées pour que la malade rendit compte de ses sensations, et quand même elles auraient été intactes, nous doutons fort qu’on ait pu soupçonner et encore moins reconnaitre une pareille lésion qui par elle-même est très-rare, qui n’a rien de constant dans ses symptômes, et qui s'accompagne toujours d’un trouble et d’un désordre au milieu desquels on ne peut rien distinguer. Que conclure, dans une pareille circonstance, de la douleur que la pression sur l’épigastre détermina vers le dixième jour, et du mouvement automatique de la ma-

(392) lade, qui lui fit appliquer la main au-dessous du sein gauche, vis-à-vis l'endroit où se trouvait la perforation ? |

Nous pourrions nous étendre sur la cause de celte rupture, sur son mécanisme, et la rapprocher de quelques faits analogues, mais nous sorürions de notre sujet et des bornes que nous nous sommes prescrites (1).

On ne doit point être étonné, de ne trouver dans ce second article, entièrement consacré aux modifications, que peut faire subir à l’arachnitis les diverses complications non cérébrales des développemens ou des réflexions portantsur le siége des diverses régions de cette membrane enflammée , l'article précédent ayant été plus que suffisant pour tracer les différens caractères qui les distinguent.

ARTICLE II

Arachnitis cérébrale , complications cérébrales.

243. Si le diagnostic de l’arachnitis présente de grandes difficultés lorsque cette inflammation est simple, débarrassée de toute affection étran-

em

(1) Nous avons cru devoir insister sur tout ce qui prouve

dans ce fait, l’existence de l’arachnitis, parce que nous savons ; °P q

qu'il a été considéré comme une preuve de la présence des symptômes cérébraux, indépendant de toute phlegmasie des meninges.

( 595 ) gère; si ces difficultés augmentent lorsqu'elle se trouve compliquée de lésions non cérébrales qui par leur nature ne simulent cependant que trèsrarement quelques-uns des caractères de la phlegmasie de la séreuse céphalique, que doitil en! être lorsque cette même phlegmasie coïncide avec des lésions cérébrales, avec des lésions dont presque tous les signes sont communs. Aussi en traitant comme nous le faisons , de ces complications en dernier lieu, en les pla çant à la fin de la clinique de l’arachnitis , nous avons voulu posséder le plus de données possibles, pour pouvoir, sinon distinguer dans tous les cas , les phénomènes purement arachnitiques de ceux qui dépendent des autres affections de l’encéphale , du moins reconnaitre les symptômes propres à l’inflammation de l’arachnoïde, et par voie d'exclusion, considérer ensuite ceux qui leur sont étrangers, comme dépendans de la complication cérébrale, si toutefois ces sympiômes se trouvent parfaitement en rapport avec les notions que nous possédons déjà sur les différentes lésions du cerveau. En effet, dans le précédent article, nous avons vu que les phénomènes de l’arachnitis étaient toujours les mêmes, quelles que fussent les maladies aiguës coïncidantes ; nous avons vu que celles-ci n’agissaient qu'en diminuant l'intensité des premiers, qu’en

masquant plus ou moins leur existence, mais ja= mais en revêtant leur forme, en empruntant leurs symptômes , ceux-là surtout, que l’on peut pour ainsi dire appeler pathognomoniques des affections cérébrales, ceux-là qui portent simultanément sur les appareils sensitif et locomôteur. La péripneumonie , la péritonite ne s'expriment point par une paralysie d’un bras, par une agitation continuelle jointe à des convulsions ; jàmais on ira confondre les symptômes des maladies d’une de ces deux cavités, avec ceux qui sont fournis par les affections des organes contenus dans le crâne : le rhumatisme quelque soit son siége, qu'il soit fixé sur les muscles , Sur les synoviales ou sur lesnerfs, et c’est peut-être la maladie non céphaliqne la plus capable de donner lieu à quelques méprises, ne s'annonce pas par un délire accompagné ou suivi de renversement de la tête en arrière, ou par une céphalaloie qu'un coma rapide vient terminer d’une manière funeste. Aussi dans ce nouvel examen, c’est par tculièrement à l’aide de ces symptômes auxquels nous avons reconnu une valeur véritable, que nous distinguerons les unes des autres , les diverses lésions que nous allons tour-à-tour passer en reyue.

Ces lésions sont les suivantes : outre les fractures dont nous avons déjà parlé dans l’article

de l’arachnitis simple , sous le point de vue des causes, nous avons rencontré les épanchemens sanguins à l'extérieur de la dure-mère , l’inflammation de cette membrane, les apoplexies, les ramollissemens de la pulpe cérébrale, la céphalite, les tumeurs développées en dehors de l’arachnoïde , celles qui se forment dans la substance même du cerveau, telles que les squirrhes, les tubercules, enfin quelques altérations de la moëlle épinière:

244. Avant de jeter un coup-d’œil sur ces diverses complications , nous dirons deux mois des altérations que l’arachnoïde laisse à la suite de son inflammation, alors même qu’elle s’est terminée d’une manière favorable. Cette membrane séreuse conserve le plus ordinairement un épaississement etune opacité que l’on est souvent porté à confondre avec des traces d’une arachniuis récente , et d’où, la nécessité d'admettre des complications qui sont bien loin d’avoir existé ; dans ces cas , il faut consulter les phénomènes qui ont été offerts par la maladie, et si l’on trouve qu'ils se rapportent entièrement à ceux qui caractérisent linflammation de l’arachnoïde, et qu'ils sont tout à fait conformes au mode d’ altération de son . tissu, il faut reconnaître l’existence de l’arachnitis comme maladie coïncidante, autrement on doit la rejeter et ne pas aller encore chercher des dif-

( 396 ) | ficultés imaginaires, en voulant établir des maladies occultes, là où il n’en existe aucune. Nous aurons occasion de revenir sur ce sujet dans plusieurs autres circonstances où nous espérons démontrer que pour certaines maladies, l’apoplexie par exemple, ces résultats d’inflamma- : tion méritent d'être réduits à leur juste valeur. |

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