‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 112 sur 170 · QUATRET-VINGT-QUATRIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRET-VINGT-QUATRIEME OBSERVATION

Arachnitis de la convexité des hémisphéres cérébraux.

1 poplexie sanguine.

Jean Baptiste Yres, ( cet homme avait eu anciennement une attaque d’apoplexie, mais l’on n’a pu nous dire de quel côté avait existé la paralysie. ) ayant fait un repas ordinaire le 14 janvier 1817, éprouva des éblouissemens, des étourdissemens , des vertiges , et peu après tomba paralytique : apporié de suite à l'Hôtel-Dieu, et examiné , 1l présenta l’état suivant :

Bouche tirée à droite, ainsi que les traits de la face de ce côté ; pointe de la langue dirigée à gauche ; yeux fermés ;face décolorée ; libre exercice des facultés intellectuelles ; ne pouvantpoint parler, il désigne avec la main droite, la tête, le col et la partie inférieure du sternum, comme étant les parties dont il souffre ; le côté gauche est privé du sentiment et du mouvement, tandis que le droit conserve toute sa force ; de tems en tems 1l survient dans l’avant-bras droit, des mouvemens convulsifs qui durent environ une denuminute ; le pouls est dur, plein et développé. — Saignée de trois palettes. ( Sang riche et couenneux. ) Cette saignée parait apporter quelque soulagement; elle permet au malade de

(atr ) prononcer quelques mots ; plusieurs fois 1l répète celui de mal au col.

Le deuxième jour : même état.

= Le troisième jour : paupières fermées ; stra-

bisme double , permanent de l’œil droit; pupilles resserrées et mobiles ; douleur de tête plus forte ; les membres du côté gauche ont recouvré le sentiment, mais non le mouvement; ils sont fléchis et roides ; ceux du côté droit sont continuellement agités de mouvemens convulsifs ; les faculités intellectuelles sont libres ; la déglutition est difficile, le pouls fréquent, dur et intermittent ; la chaleur naturelle, la respiration bruyante et plaintive. — Huit sangsues derrière l'oreille droite ; six derrière la gauche; sinapismes aux mollets ; chiendent rabel.

Quatrième jour : l’intelligence commence à devenir obtuse, cependant quoique le malade ne parle pas , il paraît comprendre par moment; le pouls perd de sa résistance. — Huit sangsues derrière les oreilles ; infusion de valcriane.

Cinquième jour : facultés intellectuelles anéanties; yeux ternes, renversés sous la paupière supérieure, et agités demouvemens irréguliers de gauche à droite ; pupilles resserrées; diminution dans la rigidité des membres du côté gauche ; -rougeur fugace de la face; pouls fréquent, 1rrégulier ; respiration mégale etstertoreuse ; sueur

chaude et visqueuse sur la poitrine ; tous ces symptômes vont en augmentant et la mort arrive vers le soir.

Ouverture du cadavre. — 1°, Arachnoïde opaque dans plusieurs points de son étendue; elle était séparée de la pie-mère par une couche de sérosité assez abondante , trouble, jaunâtre, et en quelques endroits puriforme. Cette sérosité s’écoulait lorsqu'on soulevait l’arachnoïde et la pic-mère qui avaient acquis une assez grande densité. — À droite, l’arachnoïde offraitune adhérence osseuse avec la dure-mère ; cette adhérence pouvait avoir deux lignes d’étendue.

2°. Le ventricule du côté gauche contenait environ deux cuillerées de sérosité.

3°. Du côté droit et en dehors du corps cannclé et de la couche optique, existait un épanchement sanguin du volume d’un œuf de poule.

Le eaillot était fort dense. La substance cérébrale environnante n’était pas jaune et brunâtre comme on le. voit ordinairement, elle était ferme jusqu'à la surface du foyer. La cavité du ventricule droit était effacée par le développement de la substance cérébrale, produit par l'épanchement.

4°. À quelque distance du foyer, existaient les traces d'une apoplexie qui n’avait pu s’effectuer , ce n’était encore qu’un mollimen; le cer-

(415) veau imcisé dans cet endroit était d’un rouge foncé, sablé de petits is d'autant plus écartes ds uns des autres, qu’on s’éloignait davantage du centre. ï 5°. Un petit kiste séreux duquel sortit un jet de sérosité, au momentoù l’on coupa le cerveau, ne présenta pas de membrane bien distincte, mais un tissu Cellulaire de couleur marron, confondu avec la substance environnante, laquelle avait contracté tout au tour la même couleur, à la profondeur de deux à trois lignes.

( Observation communiquée par le D'. Des- Mirides: ) 248. Cette observation, la seule que nous possédions où l’on puisse admettre la coïncidence de l’arachnitis avec l’apoplexie sanguinc, n'en est cependant pee encore un exemple bienconcluant. En effet, c’est d’après les détails d’anatomie pathologique plutôt que par les phénomènes offerts par la maladie, que nous nous sommes décidés à la regarder comme telle. T’infiltration séreuse et puriforme de l’arachnoïde nous a paru se rapporter à une inflammation récente, l’exhalation abondante, et surtout le pus combiné à la sérosité, ne se trouvant pas ordinairement à l’époque où il ne subsiste plus que des traces d’an. cienune arachnitis. Nous n’en restons pas moins dans le doute, car d’une autre part, tous les

symptômes observésse lient essentiellement à l’a:

poplexie, les éblouissemens et les étourdisse-

mens en sont les prodrômes; la paralysie du bras gauche avec rigidité, éclatant spontanément , est le propre des épanchemens dans le cerveau ; les convulsions du côté droit, c’est-a-dire, du côté où existent la cause irritante, le caillot, sont encore conformes à ce que nous connaissons des maladies de la pulpe. Rien ici ne se rattache à l'arachnitis, pas même le strabisme et le balancement consécutif des yeux; il existe trop de liaison entre ces deux symptômes , le strabisme principalement qui fut permanent à droite, et le lieu de l’épanchement, le voisinage du corps cannelé droit et de la couche optique du mème côté, pour que l’on soit tenté de les faire dépendre l’un ou l’autre de l’arachnitis qui, comme nous l'avons déjà vu, ne s'accompagne de ces signes ; qu'alors qu'il existe une suppurauon de la base, ce qui n'avait point lieu ici; enfin, la conservation des facultés intellectuelles , car nous ne pouvons admettre comme trouble, l’extimcuon graduée du cinquième et du sixième jour, véritable agonie cérébrale qui apparüent à toutes les altérations de l’encéphale. Il ne nous reste donc plus que la céphalalgie, seul symptôme qui puisse reconnaître l’arachnitis pour cause, ce qui peut fort bien exister. En résumé, tout en admettant

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(40 ) ici l'existence de l’inflammation de l’arachnoïde à J'état aigu, nous sommes obligés d’avouer qu’elle n’a été représentée par aucun phénomène sensible , et que cette histoire rentre davantage dans ce que nous avons dit au commencement de cet article, touchant la rareté de la coëxistence de l’'apoplexie avec l’arachnitis.

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