‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 116 sur 170 · QUATRE-VINGT-SEPTIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGT-SEPTIEME OBSERVATION

Arachnitis. — Sérosité plus abondante dans le ven. tricule droit que dans le gauche. — Ramollissement du corps calleux.—Pleurésie.— Phthisie.-Entérite.

Henri, âgé de dix-sept ans, d’une constituion délicate , très-peu développé pour son âge, fut reçu à l’Hôtel-Dieu en mai 1818.

Ses réponses étaient tellement vagues qu’onne pouvait rien statuer sur elles; toujours riant, il | répondait oui à presque tout ce qu'on lui demandait ; le ventre était sensible à la pression ; il se plaignait de la tête dont il souffrait depuis quinze jours. — Bain.

Seizième jour : délire toute la nuit; sensibilité des deux pupilles à la lumière, la gauche reste toujours dilatée ; semi paralysie du bras gauche ; mouvemens libres du droit; langue rouge, sèche, déviée à gauche ; abdomen très-douloureux. — Dix sangsues à l’épigastre ; six derrière chaque oreille ; pédiluves sinapisés ; orge et limonade.

Dix-septième jour: cris etagitation extrême toute la nuit; perte complète de connaissance; pendant le jour, quelques instans de calme suivi de.

mouvemens désordonnés dans les membres, sur-

(426 ) tout du côté droit. — Six sangsues de chaque côté de la tête; bain ; fomentations émollientes. — Le soir les pupilles se dilatent tellement qu'on ne peut apercevoir le contour de l'iris.

Dix-huitième jour : pupilles moins dilatées , la gauche l’est plus que la droite ; même état des systèmes digesuf , locomoteur et sensitif. — Six sangsues en avant des oreilles ; dix-huit grains de calomélas ; potion antispasmodique avec éther et laudanum; sinapismes aux pieds ; bain avec affusions froides.

Dix-neuvième jour : calme pendant la nuit; somnolence qui approche de l'état comateux ; dilatation moyenne et oscillations continuelles de la pupille droite , la gauche est tellement dilatée qu’on aperçoit à peine un petit cercle formé par Piris ; abolition complète des facultés intellectuelles ; contraction des muscles de la face ; perte du mouvement du bras gauche avec flaccidité , mais non de la sensibilité; alternatives continuelles de pâleur et de coloration de la face; abdomen toujours douloureux à la pression. — Calomélas dix-huit grains ; muse douze grains. Vingtième jour : mouvemens spasmodiques et soubresauts du bras droit; déglutition extrémement difficile. — Calomélas un demi gros ; glace sur la tête. (

Vingt-unième jour : la flaccidité du bras gau- M

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| ( 427 ) che disparaît; le malade peut le soutenir et le mouvoir ; mais cette flaccidité existe complétement dans le bras droit qui la veille était trèsagité et assez fort ; la sensibilité parait et disparait alternativement ; dans le cours de la journée, augmentation de tous Îles accidens que nous avons signalés. Mort.

Ouverture du cadavre. — 1°. Inflammation intense de l’arachnoïde de toute la base du cerveau ; sérosité trouble dans les deux ventricules, plus abondante dans le droit.

2° Ramollissement.du corps calleux et de quelques points de la superficie du cerveau. — Traces de pleurésie chronique à gauche. Quelques tubercules enkistés dans les poumons qui sont sains. — Tuméfaction des glandes bronchiques qui renferment une matière d’un gris brunâtre et pultacée. — Violente phlegmasie de la muqueuse de toute l’étendue des intestins-grèles. — Ganglions mésentériques tuméfiés, durs et d’une couleur rosée. ke

( Observation communiquée par le Pr, Polinières. )

252. C’est encoreici la céphalalgie et le delire qui établissent la distinction de ces deux affec— tions cérébrales; ce sont ces deux symptômes qui constituent dans cette observation les caracières arachnitiques. Relativement au délire nous

observerons qu’il n'existe point de contradiction. avec ce que nous avons dit de son absence dans l'arachnitis de la base, car dans ce fait il ne s’agit nullement dela seule inflammation de l’entrecroisement des nerfs optiques et des parties qui entourent la protubérance annulaire. L’observateurs” exprime par ces mots: inflammation intense de toute l’arachnoïde de la base, et certes ,ilest évident qu’il semble comprendre par ce mot base ioute la portion d’arachnoïde qui tapisse la face inférieure des trois lobes du cerveau ; d’ailleurs à l’époque où cette histoire fut recueillie, l’on n’entendait point autre chose par le mot base.

L'observation suivante va nous montrer les symptômes spasmodiques intimement combinés à la forme comateuse, ce qui est parfaitement COR forme aux résultats de l’autopsie.

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