‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 119 sur 170 · QUATRE-VINGT-ONZIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGT-ONZIEME OBSERVATION

Arachnitis de la base. —Sérosité dans les ventricules. — Ramollissement di: pont de varole et de l’hémisphère gauche.

Bellot Pierre, âgé de trente - deux ans, d’une forte constitution , donnait de teins à autre, depuis environ six mois, des signes d’aliénation mentale, sur la nature et l'origine de

laquelle on n’a pu obtenir aucun renseignement. Le 19 décembre 1817, à la suite d’une orgie, il éprouva une violente céphalalgie et du délire sans beaucoup d’agitation ; cet état persista jusqu’au 26, jour de son entrée à l'hôpital Necker. MiLe 27, quatrième jour de la maladie, le malade était couché sur le dos, la tête et le corps courbés en avant par la contraction permanente des muscles du col et de l’abdomen ; les biceps étaient encore plus fortement contractés et main- | tenaient les avant-bras dans une flexion difficile à vaincre; la face était rouge et exprimait la plus grande stupeur ; rire sardonique ; le malade ne pouvait parler et paraissait à peu près sans con- « naissance ; les conjonctives étaient injectées ; la pupille droite un peu plus dilatée que la gauche; le pouls dur, un peu rare; la chaleur de la peau forte ; il y avait de la constipation. — Quatre sangsues aux tempes. | |

Cinquième jour: légère amélioration ; stupeur M moins grande ; le malade ne pouvait parler, mais il paraissait avoir quelque connaissance.

Sixième , septième et huitième jour: même « état.

Neuvième jour: stupeur très-profonde ; perte de toute connaissance ; pupille droite très-dilatée; pupille gauche très-resserrée ; le soir, râle tès-fort; contraction spasmodique des bras;

( 437 ) pouls très-fréquent, faible, et facile à déprimer; insensibilité complète. Mort le lendemain matin. Ouverture du cadavre. — À l'ouverture du crâne, il s’écoula beaucoup de sang; les Vaisseaux -de la pie-mère en étaient gorg6S vo. Les circonvolutions du cerveau étaient

fortement aplaties ; sa substance était plus ferme que dans l’état naturel ; les ventricules latéraux très-dilatés, étaient remplis d’une sérosité limpide qu’on pouvait évaluer à quatre onces ; après son écoulement le ventricule gauche offrit à la surface du corps cannelé, des granulations qui ressemblaient à du sable fin jeté sur un corps humide ; en les raclant avec le scalpel, on n’enlevait que de la sérosité, et l’on reconnaissait que ces granulations n'étaient dues qu’à de trèspetites bulles d'air enfermées dans un liquide un peu visqueux et analogue aux bulles que l’on forme en faisant mousser un liquide albumineux ou de l’eau de savon : le troisième et le quatrième ventricule étaient aussi dilatés et remplis de sé— rosité. |

‘2°. La partie inférieure et antérieure de lhémisphère gauche, avait une mollesse égale à celle ; du cerveau d’un enfant, ce qui contrastait fortement avec la fermeté extraordinaire du reste de Ja substance cérébrale. La totalité du pont de varole était également ramollie sans désorganisa-

tion ; d’ailleurs la consistance était celle de la substance médullaire d’un cerveau sain, et celle # du cerveau au contraire, était celle que pré- | sente , dans l’état naturel , le pont de varole. 1

3°. Près de la commissure des nerfs optiques, entre le pont de varole et les lobes antérieurs du cerveau , l’arachnoïde était épaissie par une couche pseudo - membräneuse, grisâtre, demitransparente par endroit, un peu jaune et opaque dans d’autres, et dans quelques points déjà transformée en tissu cellulaire ; le cervelet était aussi plus mou que dans l’état naturel ; la base du crâne contenait un peu de sérosité.

— Quelques tubercules dans le poumon gauche qui était adhérent.—Excavation d’ancienne formation dans le droit qui était crépitant dans toute son étendue et rempli de petits tubercules. — Un peu de sérosité dans le péricarde. —Cœur plus volumineux que dans l’état naturel. —Con créuon polipiforme d’un volume considérable , adhérent aux parois des ventricules. — Légère rougeur de la membrane interne du cœur.— Les autres organes parfaitement sains.

(Laënnec, auscultation médiate. T. 1. P. 168.)

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